I. — Habitations
1. Sait-on construire des habitations? — R. Oui, mais très peu confortables.
2. Décrire les abris, cabanes, maisons, leur construction, les matériaux qu'on y emploie. — R. En général, l'Indien habile son estancia, espèce de hameau où il vit avec quelques membres de sa famille. Les habitations sont des cases réduites dont les murailles sont en pierre sèche , souvent enduites de pisé soit en adobes, grands carreaux de terre moulés à la main et séchés au soleil , soit en tapiales, mélange d'argile et de fumier comprimé dans de grands moules placés sur la muraille et que l'on change an fur et ci mesure de son avancement. Pas d'enduit en général, mais parfois enduit composé de terre argileuse assez épaisse, plaquée à la truelle sur les carreaux de terre. Toiture en paille du pays, appelée paja-brava en espagnol, obtenue en planqeant l'extrémité de celle paille dans (a terre glaise très diluée, et en la plaquant ensuite sur l'ossature du toit. Celle ossature est généralement composée de bois de cactus, très léger et spongieux, disposés en forme de fermes triangulaires, maintenues par des ligaments de cuir mince nommés chipas gui, avec la sécheresse régnant dans ce pays, ne pourrissent pas.
Transversalement sur ces fermes se trouvent placés des callapos, ou bois très dur de forme irrégulière, sur lesquels vient se plaquer la paille dont il a été parle. Les portes sont en planches de cactus; il n'y a presque jamais de fenêtres.
3. Y a-t-il des maisons compliquées ayanl un ou plusieurs étages? Y a-t-il un foyer? — R. La maison est sans étage, parfois de plain-pied sur le sol, parfois surélevée sur un massif de 1 mètre environ. Le fourneau est placé vers le fond de l'habitation , dans la partie la plus éloignée de la porte. Il est construit en terre , avec plusieurs trous pour les pots. ( Voir petits jouets rapportés par la Mission . ) Pas de cheminée pour le tirage des produits de la combustion , ceux-ci s' évacuant par la porte. A la belle saison, toute la cuisine se fait dehors, un deuxième foyer existant toujours à l'extérieur; les maisons sont toujours groupées, dans les villages d'une certaine importance, de façon à laisser entre elles une cour ouverte sur l'un des côtés du rectangle formé par trois constructions. En plus de la maison proprement dite, il existe toujours à proximité un magasin à provisions, parfois en firme de tour ou de forme rectangulaire, construit également en pisé, et complètement couvert en terre. On y renferme le maïs, les pommes de terre, les fèves et autres vivres de réserve auxquels l'Indien prévoyant ne touche qu'en cas d'absolue nécessité. Egalement dans le voisinage de la maison, mais toujours et proximité, se trouve le corral destiné à enfermer les Hamas ou antres animaux domestiques , lorsque ceux-ci ne sont pas à paître dans les pacages. A signaler également la coutume de mettre toujours une petite croix sur le faîte de la maison, afin que le mauvais esprit n'y entre pas. Le lit de repos est généralement formé de peaux de mouton et de llama empilées sur un exhaussement du sol bâti en pisé, à l'un des coins de l'habitation ; il se nomme pouillou. Une banquette en pisé est également disposée, dans certains cas, le long du mur formant le fond de l'habitation. Aux murs pendent accrochées les sogas ou cordes en laine de llama, destinées à l'assujettissement des charges sur le dos des Hamas , des butons terminés par une petite fourche, destinés à la cueillette de la pasacana ondes fruits du cactus épineux aux piqûres très douloureuses , fruits dont les Indiens sont très friands. L'eau étant peu abondante en général et indispensable pour la culture du terrain , il est à remarquer que les régions les plus habitées sont les vallées des rivières, où les groupes de maisons s'échelonnent sur toute leur longueur. Des habitations se rencontrent cependant dans les parties du pays où la végétation est plus abondante qu'ailleurs , particularité explicable par l'existence de certains fonds humides dus à la présence de roches imperméables situées en contre-bas et recouvertes d'humus , formant ainsi réservoir d'eau, et entretenant la végétation « la surface. [Lagune de Chaquilla, dans la province de Porco.)
4. Connaît-on le plein cintre et la voûte? — R. La voûte en plein cintre est connue, la voûte en arc de cercle aussi. La voûte est connue et employée dans la construction des fours à cuire le pain.
5. ïïabite-t-on dans les arbres? — R. Sur les Hauts-Plateaux de la Bolivie,