I. Sensation, sensibilité. — « On parviendra peut
être, c'est Broussais qui parle, à prouver que la sensation se compose d'un cercle d'excitation parcourant l'encéphale et les extrémités nerveuses ^
» La sensibilité appartient au moi; elle est la conséquence de l'irritabilité, mais pas la conséquence nécessaire : tout ce qui est sensible est irritable, mais tout ce qui est irritable n'est pas pour cela sensible.
» La sensibilité organique est une abstraction supetflue, matérialisée dans le système de Haller, qui l'attache au tissu des nerfs. Elle doit être rapportée à l'excitation : — ses modifications nous donnent toutes les opérations intellectuelles. Le fait du sentir ne peut, du reste, être considéré que comme une fonction du cerveau. Il diffère en quelque chose de l'intelligence et de l'instinct : les affections sensibles sont les mobiles de tous nos actes.»
^ Les mots excitation ^ irritation, jouent un trop grand rôle dans la Physiologie intelleetuelle de Broussais , pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en donner ici^ d'après lui, la définition.
1o Irritation : action des irritants, ou état des parties \i- Tantes irritées.
2^ Irritants : modificateurs de notre économie, qui exaltent l'irritabQité ou la sensibilité des tissus vivants, et qui élèvent ces phénomènes au-dessus du degré normal.
30 Irritabilité : faculté que les tissus vivants possèdent, de se mouvoir par le contact d'un corps étranger* L'irritabilité pure est sans conscience; avec conscience, c'est la sensibflité. Il faut être irritable pour être sensible; mais il n'est pas nécessaire d'être sensible pour être irritable.
40 Excitation : efiet des excitants. Elle s'appelle aussi exdtement.
50 JBxdtants : modificateurs qui mettent en jeu la sensibilité. On les appelle encore stimulants.
Observations. V L'auteur fait de la sensation un mode physique , puisqu'il pense qu'elle n'est peutêtre qu'un cercle d'excitation , et que l'excitation est pour lui la même chose que l'irritation , laquelle ne suppose que l'irritabilité, et non la sensibilité , quoique la sensibilité puisse se manifester ensuite. .
2^ Il la localise en tous cas dans le cerveau , quoiqu'il la rapporte au moi. C'est que le moi, sachons-le tout de suite , n'est pour Broussais « que les sens en rapport avec le cerveau : — c'est un phénomène de l'action cérébrale qui tient à nos organes, — un phénomène nerveux qui ne tombe pas sous les sens. »
3® C'est avec raison que l'auteur met en jeu la sensibilité après l'irritabilité, et qu'il rejette la sensibilité organique de Haller, de Bichat, de Richerand, de Bérard, etc.; mais il y aurait eu plus de conséquence à lui donner un autre, sujet que le cerveau.
4® Si la sensibilité nous donnait toutes les opérations intellectuelles, il faudrait : l*' nier l'existence de notions qui n'ont rien de commun avec les données des sens ; 2** soutenir que l'attention, l'abstraction , la comparaison , toutes les fonctions (je ne dis pas facultés) de l'entendement, sont des manières de sentir : deux choses qui seraient fausses.
5^ Les affections sensibles sont les mobiles im-' médiats de toutes nos actions, mais pas leur mobile unique, ni leur mobile médiat : les idées, les conceptions de juste, de bien morale d'honnête, etc.,
DU PHYSIQUE ET DU MORAL. <45t
ont aussi leur part d'influence dans nos détermi-^ nations.
IL Perceptions ou intuitions. — « La perception est une espèce d'excitation de la substance cérébrale , où elle s'opère. Tous les phénomènes intellectuels se réduisent à la perception.» — Inutile de reproduire ici une polémique déjà dirigée contre une erreur analogue.
III. Fonctions de ï entendement — « Inattention est le premier degré de la mémoire. C'est un mode d'excitation encéphalique des plus actifs. — La comparaison cherche et sent les rapports dans les représentations quelconques. Elle est un sentiment primitif. — La mémoire est fondée sur ce qu'on appelle liaison des idées; (et cependant) c'est la première condition de l'idée. » — Même observation qu'au n® IL