‹ Anthropométrie, ou, Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 10 sur 105 · B ANTHROPOMÉTRIE · texte numérisé non relu

B ANTHROPOMÉTRIE

bres d'Audran, pour quelques parties du visage surtout : la bouche , dans le fragment antique , par exemple , n'a guère plus de grandeur que la distance ordinaire comprise entre les deux narines.

L'avant-dernière colonne du tableau contient la moyenne des nombres obtenus pour les cinq statues antiques. Les valeurs trouvées pour Y Apollon et Y Antinous figurent , à la vérité , deux fois ; mais l'importance de ces belles statues et la discordance des mesures justifient en quelque sorte ce double emploi ; je ne voudrais pas , en effet , me prononcer sur les nombres qu'il faut rejeter, n'ayant pas la faculté de les vérifier aisément.

Une dernière colonne reproduit les nombres moyens obtenus pour l'homme adulte en Belgique. Il résulte des comparaisons qu'on peut établir avec l'antique, que toutes les différences, pour les mêmes parties, sont très faibles et pourraient à la rigueur être attribuées à des erreurs d'observation; quelques-unes cependant font exception et pourraient, jusqu'à un certain point, être caractéristiques. Ainsi, pour ce qui concerne la tête, la distance du vertex à la ligne horizontale menée au-dessous du nez est la même des deux parts ; mais l'intervalle qui sépare le nez de la bouche semble être véritablement un peu plus grand pour l'homme de nos climats.

La distance du nez au bord orbital est aussi plus grande; mais la différence ici provient sans cloute de ce que cette portion de la tête, d'après Audran, se mesurait un peu plus bas que le bord orbital. Pour ce qui concerne la distance du vertex à la naissance des cheveux, sa valeur est tout à fait incertaine; je ne conçois pas même comment Audran a pu la déterminer pour la statue ïï Antinous, chez qui les cheveux ombragent la totalité du front.

La légère différence qui se remarque dans la hauteur du

torse provient de l'incertitude sur le point de départ dans la partie supérieure. J'ai choisi la fossette sus-sternaire ; Audran aura pris son point de départ un peu plus bas, sur les clavicules.

Les belles proportions de la poitrine, dans les statues antiques, tiennent aux exercices que prenaient les Anciens et à l'absence de toute contrainte dans le développement des muscles, plutôt qu'à une différence réelle dans l'organisation. La gêne de nos vêtements et nos habitudes, surtout chez le peuple, doivent singulièrement empêcher les muscles de prendre leur croissance naturelle.

La main et le pied, sans différer essentiellement chez les Grecs et les Belges, sont cependant un peu moindres chez les premiers ; mais il est facile de reconnaître que, chez les uns comme chez les autres, ils sont notablement plus grands que ne les font les traditions des écoles. On suppose ordinairement au pied une longueur égale à celle d'une tête, ce qui est évidemment inexact. La tête et le pied de l'homme, en Belgique, sont respectivement 0,135 et 0,154; d'après les statues grecques, on trouve 0,130 et 0,149; la différence est donc, des deux parts, exactement la même, c'est à dire 0,019 ; cette différence est considérable puisqu'elle équivaut à la distance interne qui sépare les yeux1,

C'est donc à tort que l'on croit que l'homme de nos climats diffère essentiellement de la structure que l'on observe clans les statues grecques. La finesse et la beauté des traits, l'expression de la physionomie, l'élégance des formes peuvent ne pas être les mêmes, sans pour cela que les proportions soient différentes.

1 « Je répète encore », dit Schadow, « que la plupart des modernes se sont écartés des lois de la nature, par rapport à la longueur des mains et des pieds; Michel-Ange même, dont l'exemple est d'autant plus entraînant qu'il voile ce défaut par sa grande habileté. » {Polyclète, page 82.)

Tableau des proportions «les princi

PARTIES DU CORPS

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