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RF.RSr\I.
1SESBECK.
Circonférence de la tête par les
Distance des épaules entre les
apophyses acromions. . . .
Circonférence des épaules entre
les apophyses acromions . .
Circonférence sous les aisselles .
Longueur du bras depuis l'apo-
Circonférence du bras près du
Circonférence de la main . . .
Age
11 ans.
11 ans.
33 ans.
Bridgeport.
Praneker.
Kerkum.
Kerkum.
IsembecV. J
Ce tableau contient quelques-unes des principales proportions de la naine de Isembeck : je les ai rapprochées de celles des nains dont j'ai parlé précédemment. On remarquera qu'elle a environ six fois la hauteur de sa tête , ce qui ne forme point une anomalie : on trouve ces proportions dans quelques figures de Raphaël, sans qu'elles aient rien de choquant. Le tour de la tête, en passant par les sinus frontaux, s'écarte davantage des proportions ordinaires.
Les variations dans le développement humain sont comparativement beaucoup plus sensibles pour l'adulte que pour l'enfant qui vient de naître. Les limites entre lesquelles se font les variations dépendent de la nature seule pour l'enfant nouveau-né, tandis que, pour l'adulte, l'action humaine semble intervenir pour étendre les limites extrêmes de la croissance, soit en plus, soit en moins.
On a beaucoup exagéré en parlant des géants et des nains : l'antiquité surtout a porté, dans ces matières, l'exagération jusqu'à l'absurde. Nous ne citerons que des faits qui ont pu être réellement observés. Voici quelques renseignements que l'histoire naturelle a recueillis au sujet des nains1 :
Bébé, nain du roi de Pologne Stanislas, avait 33 pouces de Paris. 0m893 Un gentilhomme polonais (Joseph Burwilaski) qu'on a vu à Paris
en 1760, avait 28 pouces 0m758
Un nain qu'on voyait à Bristol, en 1751, avait 31 pouces anglais . 0m787 Un paysan de la Frise qu'on voyait en 1751 également, avait 29
pouces d'Amsterdam 0m684
Un nain de Norfolk, à la même époque, avait 38 pouces anglais . 0m965
Buffon ajoute : u On a des exemples de nains qui n'avaient que 24, 21 et 18 pouces, et même d'un qui, à l'âge de 37 ans, n'avait que 16 pouces (0m433). » Ce dernier nain , cité par Birch , atteint la limite inférieure la
1 Buffjn-, Histoire naturelle de l'homme.
plus basse que l'on ait mentionnée : on peut supposer qu'elle se trouve exagérée.
Si l'on passe à l'autre limite de la croissance humaine, on trouve également à citer un bon nombre d'individus d'une taille extraordinaire ; mais celui qui semble les avoir dépassés tous est le Suédois que Frédéric le Grand r roi de Prusse, avait parmi ses gardes du corps. Cet homme était haut de huit pieds et demi, mesure de Suède , ou de 2m523. Voici quelques autres géants cités par Bulfon :
Le géant qu'on a vu, à Paris, en 1755, avait 6 pieds, 8 pouces,
8 lignes 2m184
Le géant de Thoresby, en Angleterre, était haut de 7 pieds,
5 pouces anglais 2m261
Le portier du duc de Wurtemberg avait 7 pieds et 1/2 du Rhin . 2m354 Trois autres géants vus en Angleterre,
7 pieds, 6 pouces anglais. . . . 2m286
Le géant Cujanus, en Finlande, 8 pieds de Suède ...... 2m375
Un paysan suédois, même mesure 2m375
Un garde du duc de Brunswick-Hanovi'e avait 8 pieds, 6 pouces
d'Amsterdam 2m40<5
Le géant Gilli, de Trente dans le Tyrol, avait 8 pieds, 2 pouces de
Suède 2™424
Si l'on prend , pour moyenne de la taille de l'homme , 1"'61T, qui est la taille moyenne en France, le géant du roi de Prusse la surpassait de 0m90ô, et le nain cité par Bifch lui était inférieur de lm184. Quoique cette dernière mesure paraisse exagérée, je l'admettrai comme limite la plus basse. Il résulterait donc, de ce qui précède, que la différence de taille entre l'homme le plus grand et l'homme le plus petit que l'on ait mesurés jusqu'à présent, est S — 1 = 2" 090. Ce nombre, comparé à la taille moyenne M de l'homme, donne le rapport s—i 2000 ~M~ ÏGÏ7 "
Cherchons maintenant à déterminer avec soin la grandeur de l'homme à son entrée dans la vie. Malheureusement on s'est moins occupé à recueillir des documents pour cet âge : les traités des sciences naturelles et médicales n'ont guère pris soin d'enregistrer les nouveaux nés qui se distinguaient par un excès ou un défaut de croissance.
Buffon assigne aux nouveaux nés les tailles suivantes :
S, limite supérieure, 22 pouces de France = 0m596 /, » inférieure, 14 » =0 379
M, taille moyenne, 18 » =0 487.
Ces nombres donnent le rapport
pour plus grande variabilité de la taille chez le nouveau né1.
D'après des mesures exactes prises à l'hospice de la maternité , à Bruxelles , sur cinquante garçons nouveaux nés et autant de filles, on a trouvé2 :
Garçons.
Filles.
Pour limite supérieure. .
» inférieure . .
La taille moyenne était. .
0ra496.
1 Ce rapport, il est vrai, n'est pas comparable au rapport donné précédemment. De ce dernier côté, on avait, en effet, pour limites, l'homme le plus grand et l'homme le plus petit qu'on eût observés : leur différence de taille était
2m523 — 0m433 = 2m090 qui, comparée à la taille moyenne lmG17, donnait lm29 pour rapport.
Pour les enfants que cite Buffon, la moyenne des 22 plus grands est 0m596, et la moyenne de 14 plus petits est 0m379. C'est la différence de ces deux moyennes des tailles extrêmes qui, comparée à la taille
moyenne de 18 enfants, donne le rapport — ou 0'"45. Ce rapport est évi-
demment moindre que celui qu'on aurait obtenu par un calcul semblable au précédent.
2 Physique sociale, tome II, p. 14; 2e édition.
D'après ces nombres, le rapport de variabilité
a été 0,19 pour les garçons, et 0,23 pour les filles.
M. Richter a trouvé , à Moscou , d'après 44 enfants nouveaux nés, sans distinction de sexe1 :
Pour limite supérieure ... 21 pouces = 0m569
» inférieure ... 15 » = 0m406
Moyenne des 44 enfants. . . 18 1/2 » = O^SOl.
Le rapport de variabilité est donc 0,326.
M. le docteur Elsâsser a mesuré de son côté 100 enfants nouveaux nés dans un hôpital de Stuttgart , et il a trouvé les résultats suivants 2 :
Pour limite supérieure. ... 18 pouces 4 lig. Wurtemberg
» inférieure .... 15 » 4 »
Taille moyenne 16 » 8, 2 »
D'où l'on déduit 0,18 pour le rapport de variabilité.
Ces nombres sont à peu près les seuls que j'ai pu recueillir pour éclaircir la question qui nous occupe : ils laissent encore beaucoup à désirer, puisqu'ils ne portent pas sur les deux termes extrêmes de grandeur, mais sur les deux moyennes des nombres voisins de ces extrêmes. Les cliiffres qui varient dans les limites les plus larges sont ceux, donnés par Buffon 3 ; et l'on voit que , pour cet exemple même, la plus grande variation qu'ait manifesté la longueur du nouveau né ne s'élève relativement qu'à 0m45, tandis que, pour l'adulte, il s'élève à lm29, c'est à dire près du triple. Il est vrai qu'on n'opère point alors sur les nombres d'une seule nation , mais sur toutes les nations où les comparaisons peuvent s'étendre et , en
i Physique sociale, tome II, p. 36, lre édition, et p. 80, 2e édit.
2 Ibid., traduction allemande, p. 358.
3 Les nombres de Buffon concernent les grandeurs extrêmes les plus prononcées que l'on ait observées dans les différents pays et aux différentes époques, où l'observation pouvait être supposée régulièrement faite.
même temps , sur toutes les époques pour lesquelles on a recueilli des documents qu'on puisse prendre en considération.
De tout ce qui précède on peut conclure que, relativement à la taille totale et à l'âge, l'homme adulte varie de grandeur et devient deux à trois fois aussi haut que l'enfant nouveau né.
La nature s'écarte donc peu de son type à l'époque de la naissance; les écarts vont en augmentant à mesure qu'on se rapproche de l'âge adulte, et c'est vers cette époque qu'ils atteignent leur maximum.
Il n'est pas facile d'établir ces appréciations, parce qu'elles doivent dépendre d'un très grand nombre d'observations pour pouvoir inspirer quelque confiance, et aussi parce qu'il est toujours difficile de connaître bien exactement les âges des enfants qu'on mesure. Il faut en effet que les tailles soient ramenées à des âges communs pour devenir comparables. J'ai entrepris de semblables calculs au moyen des nombres donnés dans ma Physique sociale, pour les maxima et les minima de la taille aux différents âges.