CHINOIS
HOMME chinoiSi
HOMME bolgc.
FEMME chiiioÎBc.
FEMME belge.
28 ans.
20 ans.
18 anse! lJ2
18à20aas.
lm609
lm400
lIn520
Largeur des bras étendus . . .
Vertex à la naissance des cheveux.
» au bord orbital . . . .
» sous le nez
» à la bouche
» sous le menton (la tête). .
Circonf. par les sinus frontaux .
Diam. de la tête par les tempes.
» antéro-postér. de la tête.
Distance intérieure des yeux . .
» extérieure des yeux . .
Grandeur de la bouche ....
Largeur de la main
Du sol au milieu de la rotule . .
Diam. par les apophyses acrom.
Long, du bras, procès acromions.
Sol aux trochanters . . .
Circonférence au mollet ....
•• au genou ....
1 La mesure n'a pu être prise que jusqu'à on y a ajouté 0ra060, distance de la cheville à grandeur de Chung-Ahoo.
la cheville extérieure, mais terre, chez les femmes de la
La taille de Chung-Ataï est un peu inférieure à celle de l'homme de nos climats, qu'on peut estimer moyennement de lm68, après son entier développement; elle en diffère donc de sept centimètres environ. La conformation du corps étant parfaitement régulière, cette différence de taille ne paraît pas accidentelle, ainsi d'ailleurs que j'ai eu l'occasion de l'observer à l'époque de l'exposition universelle de Londres, en 1851, d'après un assez bon nombre de Chinois.
La tête est bien caractérisée par la largeur de la face, la saillie des pommettes placées à peu près sur le même plan que la racine du nez, la direction des yeux dont les
coins extérieurs sont relevés, la prunelle petite, ^disposition des sourcils dessinés en arcs, l'épatement du nez,
la grandeur de la bouche, l'épaisseur des lèvres et enfin parla forme des oreilles très écartées de la tête; mais je le répète, ces appréciations appartiennent bien plus au crayon de l'artiste qu'au compas du mathématicien ou du naturaliste.
La longueur du bras me semble un peu moindre que chez nous : ceci devient surtout sensible quand les bras sont étendus horizontalement. Bien que l'homme chinois soit à peu près de même taille que l'homme moyen de notre groupe, cependant ses bras étendus mesurent une longueur moindre de 61 millimètres. En supposant que cette différence porte entièrement sur les bras, ce qu'indique d'ailleurs la largeur de la poitrine, on aurait 30 millimètres environ de moins pour chaque bras ; ce qui est d'accord, en effet, avec l'observation qui a donné 0m695 pour longueur du bras du Chinois, depuis le procès acromion jusqu'à l'extrémité du doigt médius, et 0m726 pour l'homme belge.
Le pied du Chinois, dans sa longueur et dans sa largeur, paraît aussi notablement moindre que dans nos climats. La jambe ne présente rien d'extraordinaire.
La jeune Chung-Ahoo, sans la déformation des jambes, serait un peu moins grande que la fille belge de 10 à 20 ans, caractérisée par les mesures contenues dans la dernière colonne de notre tableau. La tête présente à peu près exactement les mêmes dimensions; la distance interne des yeux est notablement plus grande. Le globe de l'œil, dont la prunelle est très petite, ne se voit qu'à travers des paupières moitié closes, qui se relèvent vers les extrémités extérieures. Les pommettes, assez saillantes, le sont toutefois encore plus chez l'homme ; le nez est également plus écrasé chez Chung-Ataï.
Le bras est un peu court, et la main notablement grande, surtout dans le sens de la largeur. Cette particularité se remarque aussi chez la femme de Chung-Ataï : sa main mesure en longueur 0m,166, sur 0m,083 en largeur; tandis que celle de Chung-Ataï est de 0m,180 sur
0m,084. Ce grand développement dans la largeur et dans l'épaisseur de la main des femmes, semble former une compensation au défaut de développement des membres inférieurs.
Le pied, dans le soulier, pose par sa pointe, ce qui rend la marche très pénible : aussi les femmes semblentelles avancer sur des échasses. Bien que la jeune fille soit assez corpulente, le tour de la jambe, au mollet, ne mesure que 0m,270 : chez nos jeunes filles, dans l'état normal, cette circonférence est de 0m,310. La différence au genou est aussi moins grande : les circonférences sont respectivement 0m,312 et 0m,326.
La servante chinoise, nommée Kiew, n'a point les pieds estropiés comme ceux de ses maîtresses ; ils se sont développés librement, mais sont cependant remarquablement petits. Cette fille n'a guère plus d'un mètre et demi de hauteur; la longueur de son pied est de 0m,210 et la largeur de 0m,080; chez nos femmes de même taille, ces valeurs sont respectivement 0m,226 et 0m083.
On voit, en résumé, que les grandes proportions sont à peu près les mêmes chez les Belges et chez les Chinois, auxquels se rapportent les mesures indiquées dans le précédent tableau. Ce ne serait donc pas avec de pareils éléments que l'artiste pourrait trouver le moyen de caractériser la structure chinoise : il faut nécessairement recourir au dessin ou au moulage. C'est ce qu'avait fort bien compris le célèbre statuaire Schadow,qui a cru devoir donner, pour complément à sa Théorie des mesures de l'homme, son ouvrage spécial sur les Physionomies nationales ' .
1 Schadow, dans l'ouvrage mentionné, donne les portraits de deux Chinois, et ce qu'il dit, à cet égard, vient confirmer nos observations : « Les deux portraits de Haho et d'Assing sont deux Chinois dessinés
Proportions de la race noire.
La présence à Bruxelles, en 1853, d'an certain nombre de Cafres, m'a porté, à cette époque, à continuer mes études sur les proportions corporelles des différentes races d'hommes. Ce sont les mesures que j'ai prises sur les deux individus qui m'ont paru le mieux conformés : je les donne ici. J'y ai joint les proportions d'un nègre qui a servi de modèle dans les ateliers de peinture de Paris, et qui me semble, en effet, présenter tous les caractères du nègre proprement dit *.
En général, ces dénominations sont assez vagues. « Les observations les plus récentes, dit Malte-Brun 2, ont démontré que les peuples épars sur la côte du sud-est de l'Afrique, depuis la baie Algoa jusqu'à Quiloa et peut-être plus avant, se ressemblent entre eux par des traits physiques qui les distinguent de la race nègre. Le crâne de ces peuples présente, comme celui des Européens, une voûte élevée; leur nez, loin d'être déprimé, s'approche de la forme arquée ; mais ils ont les lèvres épaisses du nègre ; ils ont les pommettes saillantes du Hottentot; leur chevelure crépue est moins laineuse que celle du nègre ; leur barbe est plus forte que celle du Hottentot ; un teint brun ou gris de fer semble encore les séparer de la race nègre. » Les caractères que Malte-Brun donne aux Cafres se rapportent aussi aux individus que le public a pu voir à Bruxelles vers la fin de décembre 1853.
d'après nature à l'aide du compas. On trouve, dans le nord de l'Europe, un si grand nombre d'individus qui ressemblent à ces deux portraits, qu'il est naturel qu'ils ne nous frappent guère. Le portrait du Kalmouck, placé à côté de ces deux portraits, vient à l'appui de mon assertion. C'est surtout en Pologne que le type chinois est le plus commun en Europe. »
1 Voyez le tableau suivant.
2 Précis de géographie universelle, livre 92me, au commencement.
En général, ces hommes étaient d'une belle conformalion ; le buste était bien développé ; la poitrine large et dessinée avec une certaine élégance. Les parties inférieures du corps laissaient peut-être à désirer dans leur agencement; la démarche était peu gracieuse, quoique la jambe fût bien prise et n'eût rien de commun avec celle du nègre.
Ces Cafres, disait-on, appartenaient à la tribu de Zulu ; cependant le plus grand d'entre eux, Honsivenga, était d'une tribu différente, celle d'Amaponda. Ce dernier portait une chevelure crépue , d'une disposition toute particulière ; les cheveux étaient enlacés dans une série d'anneaux et formaient au sommet de la tête une espèce de corbeille cylindrique d'une hauteur et d'une ouverture d'un décimètre environ. Cet ornement, que l'on ne soupçonnerait pas d'abord formé au moyen de la chevelure , peut servir à recevoir des objets de petite dimension, et il constitue en même temps une sorte de privilège qui ne s'obtient que du chef de la tribu.
Honswenga, malgré sa taille élevée, était bien proportionné dans toutes ses parties; seulement sa démarche était un peu embarrassée , et ses genoux se portaient en dedans. J'ai eu le regret de ne pouvoir mesurer le chef, qui se trouvait légèrement indisposé : Madadaza, l'un des plus jeunes de la troupe et le mieux proportionné, a suppléé à cette lacune. Rien de plus élégant que son torse qui, sous sa couleur noircie par le soleil africain, semblait d'un bronze antique. Sa figure, belle et régulière, malgré l'épaisseur des lèvres et un léger épanouissement des narines, avait beaucoup de charme et de douceur : son coup d'œil était plein de vivacité et annonçait, avec de la gaieté, une grande égalité de caractère. Il avait la conscience de sa beauté physique, parce que sans doute elle
avait été plus d'une d'une fois l'objet de l'admiration du public ; aussi aimait-il à en faire étalage et à se surcharger d'ornements.
Il est assez remarquable que ces hommes, d'un climat extrêmement chaud comparativement au nôtre, n'eussent point l'air de souffrir de la température fort basse du mois de décembre, bien qu'ils fussent plus qu'à moitié nus. Je les ai mesuré, le 26 décembre 1853, vers onze heures du matin, dans une grande chambre dont la température pouvait être à zéro degré, tandis qu'à l'extérieur elle descendait à plus de 10 degrés centigrades au-dessous de zéro, à la suite d'une des nuits les plus froides certainement qu'on ait jamais eues en Belgique. Malgré ce froid, ils ne témoignaient nullement d'en être incommodés.
Pour permettre des comparaisons, j'ai placé, dans le tableau suivant, à côté des mesures prises surHonswenga, celles de deux autres hommes à peu près de même taille, mais de races différentes : l'un est le chef de la tribu américaine des O-Jib-be-Wass (voyez plus haut), et l'autre est un modèle belge qui a servi à quelques-uns de nos peintres.
J'ai rapproché des mesures prises sur Madadaza celles des trois jeunes gens de la tribu des O-Jib-be-Wass, et, d'un autre côté, les moyennes d'après dix soldats belges. J'y ai joint aussi les mesures prises sur l'athlète américain Cantâeld, homme d'une force et d'une agilité extraordinaires, qui se faisait remarquer en même temps par une grande élégance de formes, ainsi que le nègre dont il a été parlé plus haut.
POPULATION MOYKX.X E .
PARTIES DU CORPS
ta
■aT
Age
Taille ou hauteur totale. . .
Largeur des bras étendus horizontalement
Hauteur de la tète ....
Plus grand diamètre de la
tête .
Circonférence par les sinus
frontaux
Distance intérieure des yeux.
» extérieure »
Largeur du nez aux narines.
Grandeur de la bouche . . .
Circonférence du cou. . . .
» de la poitrine. » à la ceinture.
Largeur des épaules entre les apophyses acromions. . .
Largeur de la poitrine (aisselles)
Distance des deux seins. . .
Diamètre entre les trochan-
ters
Depuis le trochanter jusqu'à
terre
Distance du vertex au nombril.
y du sol »
» ,» au milieu de
la rotule
Circonférence au genou. . .
» au mollet. . .
» au-dessus des
chevilles
Grandeur du pied
» du bras depuis l'apophyse acromion. . .
Grandeur de la main. . . .
Diamètre de la main. . . .
» du bras au-dessus
du poignet
Circonférence du bras au biceps
sa-T
25 ans. 2ians.
1" SOU l"750
lra733
21 ans.
38 ans 1" 555
Si l'on examine attentivement les nombres concernant les proportions des trois hommes les plus grands, on demeurera convaincu que de simples mesures seraient absolument insuffisantes pour caractériser les trois races qu'ils représentent, surtout si l'on tient compte de la difficulté d'obtenir des mesures un peu exactes sur le corps vivant. Il en est de même si l'on établit des rapprochements entre les nombres du second groupe. Les grands linéaments de l'espèce humaine paraissent à peu près les mêmes pour les différents pays, et pour les différentes races ; les caractères qui les séparent se trouvent dans des parties d'une appréciation moins facile : l'angle facial, la largeur du nez, l'épaisseur des lèvres, la couleur, la chevelure, la barbe, etc.
Nous retrouvons encore, ici, un caractère que nous avions déjà signalé chez les O-Jib-be-Wass, et qui semble appartenir à l'homme quand il se développe sans contrainte et par des exercices soutenus : c'est la largeur de la poitrine et la distance des seins. Ce qui prouve que ces belles proportions n'appartiennent pas spécialement à la race, mais qu'elles ■ sont l'effet d'exercices gymnastiques bien dirigés et du libre développement des muscles, c'est qu'on les retrouve aussi chez l'athlète américain. Les dimensions de son torse, en effet, sont à peu près identiquement les mêmes que celles des O-Jib-be-Wass et des Cafres. Ces élégantes proportions ne se rencontrent point chez le nègre, dont le corps portait encore l'empreinte des rigueurs du plus dur esclavage. On trouve ici une nature pauvre ; seulement les muscles des bras et ceux du cou étaient assez fortement développés, à cause des charges que le malheureux nègre avait dû porter, soit dans les mains, soit sur la tête.
Je pense que ces études sont de nature à présenter
plus d'un genre d'intérêt ; elles peuvent surtout répandre une nouvelle lumière sur la partie la plus intéressante de l'ethnologie, la question de l'unité de l'espèce humaine.
Je n'ai pu penser à déduire, du peu de modèles que je viens de citer, les caractères qui distinguent les principales races ; il peut être curieux cependant de connaître ce qui les diversifie. On a déjà vu quelques comparaisons établies entre l'homme de race caucasique, les Nègres, les Chinois et les Indiens du Nord de l'Amérique ; mais les différences, en ce qui concerne purement les grandeurs, sont bien moindres qu'on ne le suppose d'abord.
J'ai entendu les artistes faire des distinctions prononcées entre les modèles d'Italie, d'Espagne, de France et de notre pays ; j'ai voulu juger par moi-même du degré de confiance que mérite un pareil jugement, et j'avoue que je n'ai pas été convaincu. J'ai pu reconnaître mieux encore que je ne l'avais fait précédemment, qu'on attribue en général à des altérations de formes, ce qui n'appartient qu'à l'expression et à la finesse des traits. Une même femme se présentera sous des dehors bien différents selon qu'elle aura été élevée au milieu des travaux des campagnes, ou bien au sein des plaisirs et du luxe des villes. Chez nos paysannes surtout, les traits du visage se contractent à peine; l'œil est sans expression, et la bouche sans sourire : tandis que, pour la femme qui vit au milieu du luxe et dont chaque trait du visage énonce un sentiment divers à défaut de la parole, le tableau change tout-à-fait. Avec des proportions identiquement les mêmes, l'animation de la figure, la pensée, le sentiment diversifient complètement ses traits et font croire à d'autres proportions et à une organisation différente. D'ailleurs une même personne, exposée aux yeux de plusieurs artis-
tes, va prendre des attitudes et des expressions diverses, qui seront plus ou moins bien rendues selon l'habileté de ceux qui auront à les représenter.
J'ai cru devoir prendre des modèles pour établir les comparaisons que j'avais en vue de faire. J'en ai pris dix pour la Belgique, et j'en ai rapproché la moyenne des mesures que j'ai recueillies àRome sur les deux plus beaux modèles que j'y ai trouvés; je donne également les proportions d'une femme espagnole dont la forme était moins régulière, et celles d'un modèle français mesuré dans l'atelier de M. Decaisne, notre habile compatriote, qui avait bien voulu me seconder dans mes recherches. On pourra voir que les différences sont purement accidentelles, et n'ont pas de valeurs distinctes qui dépendent essentiellement du séjour. Tableaux numériques à la fin de Vouvrage.
La taille totale pour les femmes italiennes, françaises et belges, est à peu près la même 1; mais la première différence se trouve déjà sur la longueur des bras, qui serait égale, si pas en excès, chez les deux modèles romains : ce fait est absolument contraire à l'opinion que j'ai entendu émettre par des Italiens, qui croyaient voir chez nos femmes des bras plus allongés que chez les leurs. La petite différence que l'on rencontre ici est purement accidentelle, et je pense qu'il n'y a nullement raison d'affirmer qu'il existe quelque anomalie à ce sujet. On la trouve au contraire dans la femme espagnole, même en ayant égard à la différence de taille. S'il existe des différences réelles, elles sont assez faibles pour exiger, afin d'être constatées, un nombre de mesures beaucoup plus considérable que celui que j'ai pu recueillir. J'ai cherché seulement, ici, à
1 La différence pour le modèle espagnol provenait surtout des jambes, qui n'avaient pas reçu leur entier développement. Les proportions du corps étaient belles, et comparables à celles des autres modèles.
mettre l'observateur plus en garde contre les préventions qui finissent par s'établir parfois sur des traditions tout- à-fait erronées.
Les modèles que j'ai choisis à Rome étaient plus âgés que ceux qui m'avaient servi en Belgique, de sorte que le diamètre du corps dans la partie supérieure était un peu plus grand ; néanmoins le bras, en tenant compte de la grandeur totale de l'individu, était encore supérieur chez la femme italienne. La différence d'âge et un développement plus complet, expliquent aussi comment les mesures des deux modèles romains l'emportent en ce qui concerne les circonférences et les diamètres horizontaux, sur ce qui appartient à la moyenne de dix femmes brabançonnes.
La tête des femmes belges est à peu près la moyenne des deux têtes romaines ; on trouve aussi une ressemblance très grande pour les dimensions du corps. Mais les parties inférieures sembleraient un peu plus grandes chez les femmes italiennes, si, sur le peu de mesures que j'ai pu recueillir, je pouvais fonder une différence. Je ne parle point du modèle espagnol, qui ne paraissait pas développé normalement dans les parties inférieures.
Je pense que l'inspection seule du tableau mis sous les yeux d'un observateur attentif, prouvera suffisamment qu'il n'y a pas de discordances assez grandes en passant de l'un à l'autre modèle, pour qu'on puisse les mentionner spécialement.