‹ Anthropométrie ou Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 52 sur 108 · Taille de t homme · texte numérisé non relu

Taille de t homme

Comparons d'abord aux résultats de la théorie ceux que uous donne l'expérience : cette comparaison pourra nous offrir, je pense, un des exemples les plus frappants de la beauté des lois qui régissent l'homme, et nous aider à reconnaître en même temps combien on a eu tort de négliger ce genre d'études.

Pour fixer nos idées, nous prendrons un des exemples les plus simple» que présente la nature1.

Ce qui mérite spécialement de fixer notre attention, ce qui a fait l'objet constant de nos études, avons-nous dit précédemment, c'est que les tailles humaines, tout en paraissant développées de la manière la plus accidentelle, sont soumises néanmoins aux lois les plus exactes; et cette propriété n'est pas particulière à la taille : elle se remarque encore dans tout ce qui concerne le poids, la force, la vitesse de Xhomme, dans tout ce qui tient non seulement à ses qualités physiques, mais encore à ses qualités intellectuelles et morales. Ce principe important qui domine l'espèce humaine et qui, tout en diversifiant les effets de ses qualités, leur permet néanmoins assez de jeu pour montrer que tout se règle sans l'intervention du vouloir de l'homme, nous paraît une des lois les plus admirables de la création.

1 Dans la vue de s'assurer de l'exactitude de mes premiers résultats, qui furent d'abord généralement contestés , des recherches furent faites dans différents pays. Voyez la communication de M. E.-B. Elliot, délégué par le gouvernement américain pour représenter son pays au congrès statistique de Berlin, en septembre 1863, communication dont M. le Dr Engel a pris soin d'enregistrer les détails intéressants dans le compte rendu de ce congrès (in-4°, page 748). Nous l'avons tirée de là pour en publier quelques extraits dans le second volume de la Physique sociale, 2e édition, 1868 et 1869 ; nous les reproduisons ici.

258 ANTHROPOiMÉTRIE.

Depuis plus de quarante ans que je m'efforce de la mettre en évidence, j'ai eu la satisfaction de la voir se répandre successivement dans différents pays, et spécialement en Allemagne, en Italie, en Angleterre, en Ecosse, et en Amérique.

Parmi plusieurs exemples que je pourrais citer sur la taille humaine, j'en prendrai de préférence un qui a été donné récemment par les États-Unis d'Amérique, au milieu des violentes secousses qui agitaient ce pays. La statistique eut alors à faire une des épreuves les plus brillantes : les tailles de 25,878 volontaires furent relevées avec soin, d'après les instructions du bureau de l'adjudant-général. Deux tiers de ces volontaires étaient du nord-est (la Nouvelle-Angleterre), et les trois cinquièmes des autres venaient des Etats nord-ouest , de l'Iowa , Indiana , Michigan et Minnesota. Nous reproduisons exactement ici le tableau que l'on a formé au moyen des nombres recueillis1.

1 Dans Y Internationaler statistischer Congress in Berlin, 1vol. in-4°, Berlin, 1865, on lit (pages 748 et 749) : « Statistical researches, conducted * by M. Quetelet of Belgium,Jhave established the fact, previously con- « tested, of the existence of a human type, and that the casual variations « from it are subject to the same symmetrical law in their distribution « as that, which the doctrine of probabilities assigns to the distribution k of errors of observation. In the accompanying tables, showing the dis- « tribution of heights and of measurements of the circumference of chests « of american soldiers, the conclusions of this eminent statist and mathe- « matician are strikingly confirmed.

« This law (based on the assumption of the opération of an indefinite « number of independent causes of finite variation of error, equally favo- » ring excess and defect) may be expressed by a very simple analytical « function (seenote in appendix), flrst investigated by J. Bernoulli in its « relation to the probable distribution of errors of observation of a single » object ; extended by Poisson, under the title of « the law of large num- « bers, » to the measurement of many objects, représentatives each of a « common type; and first applied by M. Quetelet to the physical measuu rement of man. » — Communication de M. E.-B. Elliot, délégué de l'Association américaine de statistique.

Je m'y suis arrêté, parce que je préfère toujours les démonstrations étrangères à celles que je pourrais donner d'après mes propres recherches.

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