‹ Anthropométrie, ou, Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 36 sur 111 · AAA · texte numérisé non relu

AAA

JUOO

Gand

Il résulterait donc, des deux derniers tableaux, que les villes sont à peu près comme les provinces dont elles font partie ; cependant la grandeur prédomine un peu dans les villes, mais faiblement, comme le prouvent les résultats généraux du royaume.

Si l'on considère la population générale de la Belgique, les provinces d'Anvers, de Namur et de Liège doivent être mises au premier rang pour les tailles, tandis que le contraire a lieu pour Bruxelles et pour Gand, comme pour les provinces de Brabant et des Flandres. Bruges semble faire cependant une légère exception; sa population est plus grande que dans le reste de la Flandre occidentale.

Nous voyons que, dans un pays aussi peu étendu que le nôtre, il se trouve cependant une différence assez marquée pour la taille de l'homme des diverses provinces. Mais cette différence est beaucoup plus considérable en prenant l'homme sur des terrains tout à fait différents. Le Lapon, par exemple, qui habite les parties

septentrionales de l'Europe, est remarquable par la petitesse de sa taille, tandis que le Patagon, à l'extrémité de l'Amérique méridionale, se distingue par sa grandeur et par sa force. Quelle peut être la cause qui produit des différences aussi fortes ? Je sais qu'en parlant de ces deux peuples, on exagère les écarts qu'ils présentent en plus et en moins par rapport à la grandeur des peuples des autres pays. On pourrait supposer que la cause, sur des différences de taille aussi prononcées, provient de la différence des positions géographiques : l'une, en effet, est à peu près l'antipode de l'autre. Mais, sans considérer • des distances aussi grandes, on peut comparer deux peuples voisins, les Lapons et les Norvégiens, par exemple. Voisins, mais d'origine différente, ils ont entre eux la plus grande différence de taille que l'on puisse observer parmi les peuples qui habitent l'Europe. La différence de hauteur ne peut donc provenir uniquement de la situation géographique des lieux habités. "

Il y a plus : par le genre de nourriture donnée à l'homme, par son éducation hygiénique, par ses habitudes, !on a essayé, dans différents pays, d'exagérer ses pro- ! portions, et l'on y a réussi jusqu'à un certain point; mais ■ les soins particuliers qu'il faut prendre en ces circon- : stances, les difficultés auxquelles il faut se soumettre, et, il convient de le dire, le peu d'existence qu'on lui assure ipar de pareils essais, produisent presque toujours des i décès précoces. Ces luttes contre l'action régulière de la ! nature se font généralement au détriment de la longévité jrde l'homme.

Sans recourir à des moyens étrangers \ j'ai fait voir, jidans ma Physique sociale, que différentes causes influent

J Pagos 14 ot .suivantes du tonio II, édition de Paris. Bachelier, 1835. Voyez aussi l'édition de Bruxelles, 1869.

MOYENNE DE LA CROISSANCE

sur la croissance de l'homme; par exemple le séjour des villes et des campagnes, le séjour des plaines et des montagnes, les travaux modérés, ou ceux portés à l'excès dans les fabriques ; la qualité et la quantité des nourritures, les saisons et même les heures, etc. De nouvelles observations sont venues confirmer, depuis, ce que j'avais trouvé à ce sujet.

Le tableau suivant, dont les éléments ont été recueillis dans une maison pénitentiaire des Flandres, pourra jeter quelques nouvelles lumières sur ce sujet intéressant. Les nombres concernent l'école des jeunes colons de Ruysselede (Flandre occidentale) \ dont la plupart sont scrofuleux et rachitiques ; on pourra voir combien leur développement est inférieur à celui des autres enfants.

AGES

Page 1