‹ Anthropométrie, ou, Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 87 sur 111 · Aliénation mentale · texte numérisé non relu

Aliénation mentale

On trouve de grands désaccords entre les différents pays, quand on les compare sous le rapport de l'aliénation mentale ; les différences proviennent surtout de la diffi-

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culté d'établir une bonne nomenclature des maladies et d'avoir des définitions exactes des différentes branches de la statistique morale et intellectuelle. Nous ne prétendons certes pas en conclure que les branches de la science, si intéressantes selon tous les rapports, doivent être négligées : il faut chercher, au contraire, tous les mo3^ens d'écarter les difficultés qui entravent leur étude.

Que l'on prenne, par exemple, la statistique de l'aliénation mentale. M. Esquirol a fait observer qu'il faut établir soigneusement les différentes distinctions qu'on n'est que trop disposé à faire, quand il s'agit de l'aliénation mentale : il remarque avec raison que ce n'est pas l'idiotie, mais la folie proprement dite qui est en rapport avec la civilisation ^ . L'idiotie est un état dépendant du sol et des influences matérielles, dit-il ; tandis que la folie est le produit de la société et des influences intellectuelles et morales. Dans l'idiotie, ces causes ont empêché le développement de l'organe et, par conséquent, la manifestation de l'intelligence. Dans la production de la folie, le cerveau est surexcité et dépasse sa puissance physiologique. Ajoutons à ce qui précède que l'idiotie date généralement de l'instant de la naissance, tandis que la folie se manifeste plus tard et au milieu du monde ; par suite on ne peut confondre deux maladies qui se montrent surtout à des époques aussi différentes et sous des formes aussi dissemblables. Ces deux genres d'aliénation mentale prennent encore des caractères distincts selon la liberté plus ou moins grande laissée aux malheureux qui en sont atteints. Il devient donc essentiel, pour obtenir toutes ces différences, d'établir des calculs qu'il serait impossible de faire d'après

^ Voyez Physique sociale, 2* volume de la seçonde édition, page 185; in-8o, année 1869, Bruxelles ; ou bien le 2'- vol. de la 1" édit. , p. 121, 1835.

l'état actuel de la statistique, où toutes ces catégories sont confondues.

Il existe, jusqu'à un certain point, une confusion semblable quand on fait la somme des crimes, et que l'on admet entre eux une égale facilité pour leur reproduction. Je me suis bien attaché à montrer que cette égalité n'existe pas d'une manière sensible; le maximum est plus ou moins reculé selon la nature du méfait. Seulement \ l'époque du maximum sera avancée ou retardée de quelques années pour certains crimes, selon le développement plus ou moins tardif des qualités de l'homme qui sont en rapport avec ces crimes. Ces résultats sont trop curieux pour ne pas être au moins mentionnés.

D'ailleurs, j'en ai parlé déjà, en les classant selon les époques des maœima et en ayant égard à la population dos différents âges.

On remarquera, par ce qui précède et par tous les exemples puisés dans les sciences d'observation, que généralement les actions des hommes, reproduites chez eux par des causes agissant d'une manière continue, exercent une action régulière qui se trouve soumise à des principes, ou plutôt à des lois générales, dont la marche peut être établie par des recherches faites avec soin. La loi hinomiale mérite particulièrement la plus grande attention, puisqu'elle en fixe l'intensité et les limites.

Dans la formule qui en permet l'étude, les deux valeurs a et & qui entrent dans la succession des termes que l'on doit employer, ne proviennent point d'un binôme déterminé, mais de deux termes plus ou moins variables selon les expériences que l'on soumet au calcul. Cette manière de considérer les choses montre combien

• 1 /"//j/stîîte socî'aîe, 2« vol., page 305, 2'' éUit.

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le calcul des probabilités doit être employé avec prudence, et elle indique les chances que l'on peut avoir de se tromper en n'y apportant pas toute l'attention nécessaire.

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