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CHAPITRE PREMIER

GÉNÉRALITÉS

§ 1. — Le Pays.

Le pays du Sindhou (Indus) entre ce fleuve torrentiel et le Gange, le pays des sept rivières Sapta-Shindou, aujourd'hui le Pendjab, avec cinq rivières seulement (deux affluents de l'Indus s'étant taris).

Tandis que PÉgypte est entourée par le désert et que la Kaldée se trouve voisine de la steppe,

LES IDÉES ET LES FORMES

l'Inde a pour barrière ou horizon naturel la jungle, c'est-à-dire la végétation à l'état dyonisiaque. Le jeu de la chaleur solaire et de l'humidité nocturne exaspère les plantes, le bambou pousse de dix pieds par mois; l'insecte et l'animal, dans cette atmosphère ardente, pullulent, nombreux, divers.

M. Marius Fontanes a réuni des traits de nature précieux pour expliquer la mentalité indienne. « On voit verdir les rizières deux jours après le jet de la semence... Dans la quantité des animaux, l'homme n'est qu'une insignifiante minorité. Les singes langours à qui le peuple attribue la conquête de Ceylan, redoutables si on les irrite, vivent en tribus, se donnant des chefs obéis, connaissant les limites de leur territoire. La mort continuellement décrétée par les fauves et les serpents entretient la terreur et l'inévitable grouillement des bestioles fait la patience... Le Bengale est presque en entier de marbre blanc, le jade, l'agate abondent dans le Guzarate... On voit à Carnatic des pics d'aimant de 120 mètres... topaze de l'Himalaya, émeraude du Malabar, saphir et rubis de Ceylan, diamants de Visapour et de Golconde, coraux de Monaar. La nature, en accumulant ses trésors sur cette terre a immobilisé l'homme qui rêve en face de tant de merveilles, au lieu d'agir et de créer.

LES ARYAS OU INDO-EUROPEENS

§ 2. — La Race.

L'Arya (Ehre, Ërhman) noble, n'apparaît pas avant le dix-huitième siècle de l'antiquité ; ses textes les plus anciens seraient du treizième. Cette race, la dernière venue sur le théâtre historique, est la nôtre, elle remplit l'Occident et à ses sources nous retrouvons nos origines. L'Ayra correspond exactement au Japhet de la Genèse, à la race blanche des anthropologistes. La beauté des brahmes du Cachemire et des hommes du Beloutchistan est incomparable. Le beau type aryaque est l'apogée de la forme humaine et il n'est pas étonnant que les plus beaux des hommes aient réalisé la beauté en plastique. Indra est dit Sousipra « au beau nez ».

Si la société aryenne se base sur la caste, sa sensibilité communie incomparablement avec l'animalité. De Langle rapporte qu'il n'a jamais vu la résistance que nos animaux d'Occident opposent à la volonté de l'homme, ni non plus la brutalité de l'homme d'Occident contre l'animal.

Agni, Vischnou Mitra, Savitri le feu, est Tincarnation du principe divin. Il naît du frottement des aranis où le pramantha (Prométhée) tourne

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dans le trou de l'autre bois : Swastika veut dire ainsi soit-il.

Vichnou (soleil) contemple la naissance du feu.

Si les réformés avaient connu le Rig Veda, ils auraient pu s'en autoriser pour leur absence de cérémonies. Primitivement et védiquement, un tertre dans une enceinte, un banc de gazon pour les mânes, un autel pour le sacrifice et le père de famille pour officiant.

Matines, laudes et vêpres sont les trois heures religieuses (trichanava).

§ 3. — Les Idées.

Le Védisme n'eut pas de temple, un autel quelquefois dans une enceinte : le feu allumé par le frottement de deux morceaux de bois, alimenté avec du beurre et le soma, suc de l'asclepias qui suivant les pays fut remplacé^ par le vin ou l'hydromel.

« L'œuvre de la production du monde se perpétue avec celle du sacrifice et ne saurait s'en séparer. » (E. Burnouf).

Le culte des ancêtres fut la source de la croyance à l'immortalité de l'âme. Les Ferrovers (mânes).

LES ARYAS OU INDO-EUROPÉENS

Ni prêtres, ni rois dans le Penjab, ni villes, la famille et le groupement des familles constituant la société. Avec le Brahmanisme les pratiques se multiplièrent et les castes s'établirent, mais les castes sanctionnaient des faits d'un ordre politique. Conquérants, les Aryas mirent une barrière religieuse entre eux et les vaincus.

Le Brahme étudie, enseigne, se mortifie et s'extasie.

Les lois de Manou (Manarva Dharma Sastra en douze livres rédigés au neuvième siècle) mériteraient de remplacer la Thora juive.

LeSeigneurexistantparlui-même,l'âmedetous les êtres produisit d'abord les eaux et y mit le germe (théorie Darwinienne déjà notée en Kaldée).

Le dwidja, on le baptise, on le tonsure et on lui donne le cordon, d'âge en âge.

Le mariage, pour les femmes, tient lieu d'initiation. Une mère est plus vénérable que mille pères. Là où les femmes sont honorées, les divinités sont satisfaites.

Au IVe, on traite des Bramât Chari (novice) y Gourou (directeur), Grihasta (maître), Vanaprastha (anachorète), Sangasi (dévot).

L'idée de la chevalerie se trouve : « un kchatrya quia été reçu suivant la règle à l'initiation, doit s'appliquer à protéger avec justice tout ce qui est soumis à son pouvoir ».

LES IDÉES ET LES FORMES

Ce qui a été donné par force, possédé par force, éôrit par force, est nul. Celui qui pardonne aux gens affligés qui l'injurient est honoré pour cela dans le ciel. — Le jeu et les paris sont des vols. Les Brahmanes et les Kchatryas ne doivent pas prêter à intérêts.

Le Vedanta ou Mimensa est un commentaire du Veda. Brahma s'est involué dans Maya, l'illusion ou la matière.

Le Sankya de Kapila est une doctrine rationaliste.

Un principe Prakriti, la racine sans racines renferme la promesse et la puissance. Le boudhisme sortira du sankya.

Le disciple de Kapila, Patanjali, admit l'existence de Dieu.

Il faut mettre à part comme la plus propre à nous séduire la doctrine du Yoga ou Khrisnaïsme. La Baghavah Gita, ou chant du bienheureux, est un dialogue entre Krischna et son disciple Arjuna : c'est un des plus beaux livres qui soient et infiniment supérieur à la doctrine bouddhique.

Au VIIe avant J.-C. naquit à Kapilavastou un fils de roi, Çakya Mouni, dont la doctrine est contenue au Tripitaka (trois corbeilles). Le succès de cette doclrine vient de ce qu'elle abolit les castes et proclame l'égalité du tchandala et du Brahme.

LES ARYAS OU INDO-EUROPÉENS

Le sermon de Benarès : « c'est la soif de l'existence qui conduit de renaissance en renaissance : l'extinction cle cette soif s'obtient par Panéantissement du désir ou état de nirvana. »

La vie est mauvaise : il faut s'évader de la vie en s'en détachant par la volonté. C'est moins une doctrine qu'une ascétique : la preuve en est dans le grand mouvement cénobitique, avec les huit vœux.

Le bouddhiste est un moine mendiant qui va à l'aumône le matin et ne mange qu'à midi; on psalmodiait des offices, il ne pouvait coucher dans une maison, ni recevoir de la monnaie : l'ordre ne pouvait posséder.

La saison des pluies qui dure trois mois amena la fondation de moutiers.

Le culte commémoratif du Bouddha se compose de parfums et d'offrandes de fleurs. La confession publique avait lieu tous les mois. Le bouddhiste primitif fut l'ancêtre du frère mineur.

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