‹ Antiquités anglo-normandes de DucarelChapitre 31 sur 56 · ZfJeZ7Ti OJL 7L · texte numérisé non relu

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P ifa//? /y 1777 >7 f/e t /y&ezefHJ // fffdrt (rmneset Ardres. soizs b ru77TLf de Camp du drap d ’ or. 7&as re&e^r, à RomAi 7)

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talens nécessaires pour diriger une fête de ce genre. Des le 22 du mois de mai 1 5 1 c) , il publia , pour régler le cérémonial, une ordonnance dont on trouve les dispositions dans la vie d’IIenri VIII , par lord Herbert, p. 95.

Le lieu placé entre C.uines et Ardres (1) , où se tint cette conférence ,fut nommé le Camp du Drap d’Or, à cause de la richesse extravagante des habillemens et de la quantité d étoffé d’or qui fut employée dans cette circonstance. François Ier , pour perpétuer le souvenir de cette magnifique entrevue , fit représenter le double cortège sur cinq bas - reliefs de marbre qui existent encore , mais en partie effacés , dans la cour et au-dessous des fenêtres d’une maison située sur la place de la Pucelle , apparte^ nant à M. de Forteville , procureur-général à Rouen. On avait cru pendant un grand nombre d’années , que ces bas-reliefs représentaient le concile de Trente; mais en 1726 , M. l’abbé Noël découvrit une salamandre gravée sur la chlamyde ou casaque d’un des personnages de la suite du Roi de France , et il reconnut par cette devise (2) ( que François Ier avait donnée à ses gardes-du-corps ) , que les bas-reliefs re-

(1) Ces deux villes fortifiées faisaient partie de la Basse-Picardie ; la dernière , bâtie par Arnould , en 1070 , fut célèbre par l’entrevue de i52o et la paix de j 546 avec les Anglais. Elles sont distantes l’une de l’autre de deux lieues.

(2) Cette devise était une salamandre dans le feu , avec les mots nutrisco et e.xtinguo. La première médaille de cette devise est de i5o4. Ce prince n’avait encore que dix ans.

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présentaient réellement cette fameuse entrevue. Il en fit une relation qu’il communiqua au savant Père Montfaucon , duquel nous avons pris la description suivante.

On voit , à la gauche du premier bas-relief, plusieurs personnes placées sur une espèce de galerie , pour voir passer Henri et son cortège , qui sort par la porte du château de Guines ( près duquel sont deux petites pièces de canons montés sur leurs affûts ) , pour se rendre à la place du rendez-vous , qui , en considération de ce qu’Henri avait à passer la mer , fut fixée entre Guines et Àrdres , dans l’enceinte des forts Anglais. Les commissaires furent placés dans la vallée d’Andren. (1)

Le second bas-relief représente le cardinal Wolsey entre les ducs de Norfolk et de Suffolk , tous deux décorés du grand collier de l’Ordre de la Jarretière. ( Le sculpteur français a ajouté à ce dernier la devise de ce même ordre , sans en connaître la différence. ) Le cardinal est précédé de son porte-croix et de deux massiers ; derrière lui , on voit une multitude de pairs , de prélats et de personnes de distinction , tant à pied qu’à cheval , presque tous portant des panaches de plumes ; mais celles qui décorent les toques ou chapeaux des hommes de pied , forment , autour de leur tête ,

(1) Cassini écrit Andres. Cette commune est à peu près à moitié ohemin d’Ardres à Guines.

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une large auréole qui paraît beaucoup trop lourde dans le bas-relief.

Le troisième bas-relief représente les deux rois à cheval , se saluant réciproquement ; ils sont entourés des grands seigneurs de leur cour et d’un trèsgrand nombre de gardes. Henri est suivi des ducs de Suffolk , Norfolk et Buckingham , du marquis de Dorset(i) , des comtes de Northumberland , Shrewsbury , Salisbury et Kent , ainsi que de beaucoup d’autres personnages de distinction. La suite de François Ier. se compose du roi de Navarre , des ducs d’Alençon , de Lorraine et de Vendôme , des comtes de Guise , de Laval , d’Orval , de la Trémouille et de St-Paul , des maréchaux de France Chabannes , Chatillon et Lescun , du grand-maître Duprat (2) , des princes de La Roche-sur-Yon et de Taillemont , ainsi que d’un grand nombre d’autres seigneurs et chevaliers , tous richement habillés.

La quatrième partie de ce bas-relief offre la suite du cortège de François Ier , conduit par le cardinal de Boissy , précédé de quatre massiers et de son porte-croix , tenant une croix recroisettée ou à double branche, comme cardinal et légat de France. On

(1) Le marquis de Dorset tient à sa main l’e'pe'e nue du royaume d’Angleterre ; le Connétable porte celle de France de la même manière.

(2) François Ier donna celte charge de grand- maitre à son gouverneur Gouffier de Eoissy , et nomma maréchal de France Robert Stuart d’Aubigny , à qui elle avait été donnée par Louis XII. Duprat et non Dupraist , ainsi que le nomme Ducarel , était chancelier.

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voit , en avant de cette croix , un Saint-Esprit dans un nuage, qui plane au-dessus d’elle. Le légat est suivi des cardinaux de Bourbon , d’Albret et de Lorraine, de plusieurs évêques et prélats , ainsi que des ambassadeurs de Rome et d’Espagne»

Enfin , le cinquième fragment de ce bas-relief représente la fin du cortège sortant de la porte d’Ardres , qui est dessinée dans le même genre que celle de Guines , et également garnie de spectateurs dans une galerie supérieure , ainsi que de deux petites pièces d’artillerie. Un coup de canon tiré du côté des Anglais , servit de signal aux deux monarques pour marcher à la rencontre l’un de l’autre. ( PI. 33. ) Cette célèbre entrevue des deux jeunes rois eut lieu le jeudi 7 juin de l’année t52o , jour de la Fête-Dieu. Henri débarqua à Calais le jeudi 3i mai , et les sept jours qui précédèrent cette entrevue , se passèrent en félicitations réciproques et en négociations diverses. La richesse et leclat des vêtemens des courtisans surpassèrent de beaucoup toutes les idées de luxe et de magnificence qu’on s’était faites jusqu’alors. Rien n’égala l’élégance des spectacles et la valeur des présens que se donnèrent les deux souverains , ni les grâces qu’ils déployèrent dans les tournois , ainsi que les officiers de leur suite , qui furent admis à faire partie de ces fêtes. Ces réjouissances , qui durèrent vingt jours , ne furent interrompues que le mercredi i3 et le lundi 18 , jours désignés pour un tournois qu’on ne put

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commencer à cause du mauvais temps. Le dimanche 17 fut également employé en visites mutuelles ; Henri dîna avec la Reine de France , à Ardres , et François Ier , avec la Reine Catherine d’Angleterre , à Guines.

La maison bâtie hors des murs de la ville de Guines , pour le roi d’Angleterre , avait cependant une communication avec son château par une longue galerie ; cet édifice , dont les historiens anglais et français ont fait mention , avait 3a8 pieds carrés , avec un fronton aux quatre faces , sur lequel on lisait la devise , cui aclhœreo prœest. La lice , ou la place d’armes , de 3oo pieds de longueur sur 106 de largeur , fut entourée de fossés et bien palissadée. Les archers français et les suisses furent commis à la garde des barrières du côté du roi d’Angleterre , et les lanciers anglais occupèrent celles de France , dès que les rois et leurs tenons furent entrés dans la lice ; du côté du roi d’Angleterre , on voyait le duc de Suffblk . le marquis de Dorset , sir William Kingston , sir Richard Jerminham , sir Giles Capel , MM. Nicholas Carew et Anthony Knevet. Du côté du roi de France étaient le duc de Vendôme , les comtes de St.-Pol et de Montmorency , MM. Brions , St.-Même , Broucal et Tavannes , suivant l’assertion du comte Herbert ; mais Dubellay cite les noms de Vendôme , de St.-Pol , Rochepot , Brion , Tonavis , Boncol et Montafilant.

Le samedi a3 juin , le cardinal Wolsey , ar-

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clievêque d’York , célébra la grand’messe en qualité de légat ; et le dimanche a4 ? les deux rois , après avoir encore dîné avec les deux reines , se séparèrent en se faisant de riches présens. Henri prit la route de Calais , et François Ier celle de Paris , regrettant l’un et l’autre la dépense excessive qu’ils venaient de faire pour consolider une paix qui devait si peu durer , puisqu’une nouvelle guerre éclata avant la fin de l’année suivante. Le cardinal Wolsey , auquel l’empereur avait promis son assistance pour obtenir la tiare , semble avoir été le principal moteur de ce changement subit dans les dispositions des deux rois , et la nation eut ainsi doublement à regretter l’énorme dépense dans laquelle ce cardinal l’avait entraînée pour acheter une paix passagère.

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