‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 99 sur 494 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

A l'esquisse générale de la Cité grecque, vont succéder les données historiques qu'il a été possible de recueillir sur les constitutions des Etats particuliers, fort imparfaitement connues, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, à l'exception de deux ou trois. L'âge historique de la Grèce commence, il est vrai, au retour des Héraclides et à la conquête du Péloponèse par les Doriens, mais les documents n'oll'rent un ensemble suivi qu'à partir de la guerre Médique ; encore ne portent-ils que sur les Etals principaux. C'est à peine si les autres peuples obtiennent par hasard une mention rapide. Dans la période antérieure, les Etats prépondérants eux-mêmes n'apparaissent qu'à travers un épais brouillard et prennent, à mesure que Ton remonte dans le passé, un caractère mythique. Cependant quelques renseignements épars nous permettent de eonstaler qu'en général les événements ont suivi parloiil la même marciie : à la royauté succède l'oligarchie, l'oligarchie est remphicée, jt; pins souvent après un intervalle de dictature violemment usurpée ou liln-ement consentie, par une constitution démocratique, qui dégénère en ochlocralie cl aboutit à un entier hoiilevei'si^mimt. Nous ne nous sommes pas imposé de rassembler dans les pages suivantes toutes les indications qui

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s'ofi'raiont ;i iioiis, beaucoup de passages i|iif I Kii pourrait rilci' nr nous ;ip[ir('tianl rien fl'iililc Xdiis craignons jiliilnl (juGii nous rcproclio d'avoir péché par cxci'S que par omission. Qu'au temps de la migration dorienne, et dans les premiers siècles qui suivirent, la royauté ait été en Grèce la forme générale du gouvernement, c'est un fait qu'on no saurait ni(U', bien que nous u'ayons sur certains rois (\ui' <les renseignements aussi incertains qu'incomplets. Cette restriction s'applique surtout à ceux qui, à la suite de lamigration, fondi-rent de nouveaux États dans le Péloponèse. La race mythologique des Pélopides avait jadis établi sa souveraineté sur une grande partie de la péninsule. Elle possédait, outre ce qui forma depuis l'Argolido, ou du moins la partie occidentale de cette contrée', toute la côte du nord, c'est-à-dire ce qui devint plus tard la Corinlhie, Sicyone, l'Achaïe jusqu'à l'Elide, l'Elide elle-même durant un certain temps, et au sud la Laconie et la plus grande partie de la Messénie. Seules l'Arcadie, la partie occidentale de la Messénie et l'Elide furent gouvernées par des princes étrangers à cette famille. La conquête dorienne mit fin à la domination des Pélopides, et leur substitua les Héraclides. L'un d'eux, Téménos, frère d'Aristodème et de Cresphonte, régna le premier surl'Argolide ; ses fils lui succédèrent, bien qu'avec une autorité fort restreinte. On sait que le dernier héritier de cette maison fut Meltas, mais on ne peut au juste fixer le temps oii il vécut^ Après lui une nouvelle dynastie s'éleva^ A l'époque de la seconde guerre médique, on trouve encore des rois en Argolide ou du moins des magistrats revêtus de ce titre*. D'Argos, les Téménides avaient étendu leur domination sur Epidaure, Trézène, Cléonée, Phliunte, Sicyone". Aucun renseignement ne permet de déterminer la durée de la

1. -L'autre partie de rArgolide et la ville même d'Argos paraissent avoir été gouvernées par Diomède ; voy. Iliade, II, § 9.

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