Homère, Iliade, 1. XIV, v, 214 et suiv
CONJURATIONS ET SORTILÈGES 4i9
en invoquant les dieux ou les dénions. Cette industrie fut exercée en particulier à Athènes, durant la guerre du Péloponèse, par une femme appelée Ninus, évidemment de race étrangère, qui se donnait comme prêtresse du dieu phrygien Sabazius, et qui, citée en justice, fut condamnée à mort1. Il y avait aussi des méthodes plus compliquées, pour lesquelles, outre les sacrifices et les évocations, on se servait d'un oiseau appelé lynx, dont Pindare fait déjà mention2. Cet oiseau ou ses intestins coupés en morceaux étaient étendus sur une roue à quatre jantes, que l'on faisait tourner, en accompagnant ce mouvement de formules magiques, adressées surtout à Hécate. On faisait ensuite fondre dans le feu une figure de cire représentant l'aimé, sans compter beaucoup d'autres cérémonies dans le détail desquelles nous ne saurions entrer3. On pensait encore que certaines maladies pouvaient être produites par des sortilèges. Il y avait des personnes dont les yeux possédaient une puissance démoniaque, et qui rendaient malades ceux sur lesquels ils se fixaient, même sans mauvaise intention, ou leur jetaient un sort. Ce danger du mauvais œil menaçait surtout les jeunes enfants et les animaux domestiques; aussi cherchait-on soigneusement à les en préserver'. Parmi les maladies dues aux divinités malfaisantes ou aux démons, figuraient en premier rang l'épilepsie, que pour cette raison on appelait la maladie sacrée, et la folie1. Ces affections étaient aussi celles que provoquaient le plus souvent les opérations magiques
1. Schol. de Démostliène, de falsa Légat., § 281. Pour la détermination du temps où cet événement arriva, voy. Schcemann, de Relig. extëris apud Athen., p, 5 et 6 (Opusc. acad., t. III, p. 430).