CONGRÈS DE SOISSONS
obstinés, qui allaient Ijientôt mourir. Ne fallait-il pas la tirer de cette erreur ? On écrivit de Paris qu'un cono'rès allait s'ouvrir à Soissons, et qu'il serait à propos de lui envoyer un mémoire oii seraient inscrits le nom, l'âge et la demeure de tous les religionnaires du royaume ' . C'était un moyen en effet de percer i)ui)liquemeut à jour le mensonge juridique par lequel on trompait à la fois la cour et l'opinion pu])lique. Le conseil fut-il suivi, et le mémoire envoyé '{ Ou ne sait. Il est cependant intéressant de constater ce premier réveil de l'opinion.
he& Lettres de Voltaire sur les Anglais n'axaient point encore paru, mais elles étaient depuis long'temps déjà composées : quelques-unes couraient sous le manteau. « C'est ici le pays des sectes, y était-il dit ; un Angdais, comme un homme libre, va au ciel par le chemin qui lui plaît, » Et ailleurs : « (^uand ils apprennent qu'en France des jeunes gens, connus par leurs débauches et élevés à la prélature par des intrigues de femmes, font publiquement l'amour, s'ég'ayent à composer des chansons tendres, donnent, tous les jours, des soupers délicats et longs, et de là vont implorer les lumières du Saint-Esprit et se nomment hardiment les successeurs des apôtres, ils remercient Dieu d'être protestants; mais ce sont de vilains hérétiques à brûler à tous les diables , comme dit maître François Rabelais. C'est pourquoi je ne me mêle point de leurs affaires*. »
Quel({ues années plus tard, les Lettres parurent et furent brûlées par la main du bourreau. Mais (jue de
' N° 7, t. III, p. 216. — V. aussi 11" 1, (. IV, p. 401. (1728.) ' Lptlrfx sur les Aiif/i'u'x, \>. :]2 i>( .'i5. Aiuslt'i-daiii. (17;!ô.)