SCÈNE PREMIÈRE BOURNERON, LOUIS
BOURNERON, le nez dans une éponge.
Ah ! ça fait du bien. (Descendant.) Ça marche ?
LOUIS
Mais oui, monsieur.
BOURNERON
Activons ! Activons ! J'ai l'estomac dans les talons. Sapristi! Deux heures! Si, dans dix minutes, tune sers pas Tomelette, je tétrangle. (Criant.) Madeleine I ma petite Madeleine ! Deux heures sonnent au befïroi de la ville.
voix DE MADELEINE
Il avance rudement, ton befïroi !
142 LKNFANT CHERIE
BOURNERON
Penses-tu ? — Nous sommes prête ?
VOIX DE MADELEINE
Presque !
BOURNERON
Aïe 1 Si j'avais su, on aurait déjeuné en route ! Mais je ne pouvais vraiment pas prévoir que nous prendrions deux heures de retard entre Modane et Paris. (Il s'insUiiie.) Pas de courrier aujourd'hui ?
LOUIS
Non, monsieur, rien que les journaux.
BOURNERON
Tant mieux ! Les journaux, c'est le courrier idéal. On a la petite joie de décacheter et l'on n'a pas le gros ennui de répondre... Voyons, il ne s'est rien passé ici pendant mon absence ?
LOUIS
Rien, monsieur. J'ai fait suivre à Milan, à Florence et à Venise toute la correspondance de monsieur, comme monsieur m'en avait donné l'ordre. La feuille des contributions...
BOURNERON
C'est bon, passe. Je contribuerai. Ensuite ?
LOUIS
Il est venu environ une dizaine de prospectus ; ils sont tous là,
BOURNERON
Je t'en fais cadeau.
LOUIS
Monsieur est bien bon.
ACIK l'RKMIER 143
BOURNERON
C'est tout ?
LOUIS
C'est tout. Ah ! j'oubliais! M. Pierre est venu deux ou trois fois. Il a insisté pour savoir quand monsieur rentrerait à Paris. J'ai répondu que je ne savais pas.
Parfait.