‹ Antomie comparée de cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrès, appliquée à la physiologie et à la pathologie du système nerveuxChapitre 48 sur 48 · SA DÉTERMINATION · texte numérisé non relu

SA DÉTERMINATION

L’axe cérébro-spinal du système nerveux des vertébrés est composé de deux substances, Tune

grise, l’autre blanche. Aussi long-temps que cette observation est restée purement anatomique, on s’est borqé à considérer leur position , leurs rapports et leurs connexions respectives;

Plus tard on admit des esprits animaux intermédiaires entre l’âme et la matière, et à l’aide desquels on expliquait toutes les fonctions du système nerveux.

Personne ne doutait, il y a un demi-siècle, de l’existence de ces esprits. Personne n'y croit plus de nos jours. Il serait donc inutile de rappeler cette erreur tombée dans l’oubli , si son histoire ne se rattachait aux principales découvertes qui ont été faites dans la structure de l’encéphale.

On s’occupa d’abord de loger ces esprits , et de leur trouver dans l’encéphale un réservoir commun , d’où l’âme pût les diriger à volonté. Galien plaça ce réservoir dans le quatrième ventricule; Wepfer et Riolan , dans les hémisphères; Willis , dans les corps striés; Yieussens , dans le demicentre ovale ; Lancisi , dans le corps calleux ; quelque autre dans le troisième ventricule. Dcscartes partagea celte dernière opinion , et trouva dans la glande pinéale le point central que l’âme lui parut devoir occuper dans l’encéphale.

Quoique les esprits animaux ne fussent doués par leurs inventeurs d’aucune des qualités de la matière; qu’ils fussent invisibles , inodores, sans couleur, sans consistance, néanmoins on voulut

55o ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,

les faire provenir de quelque source que 1 on rechercha dans l’encéphale.

La matière grise parut très-propre à cet effet ; Willis la trouva en abondance dans les corps striés ; Malpighi pensa que la substance corticale était un composé de petites glandes ; il fondait cette opioion sur ce que, lorsqu’on fait macérer un cerveau , sa substance s’élève en molécules d’apparence glanduleuse; il retrouvait! ces molécules en examinant cette substance au microscope. Wepfer et Manget donnèrent une grande consistance à cette opinion , en remarquant que chez un hydrocéphale ils avaient observé l’un et l’autre la substance corticale , formée par de petits follicules creux, du centre desquels se détachait un faisceau de matière blanche.

Comme Malpighi ne retrouvait plus cette disposition dans la matière grise des corps striés, il s’éleva avec force contre la découverte de Willis, qui fut aussi vigoureusement combattue par S tenon. Aussi les anatomistes ne furent pas peu surpris , lorsque Vieussens vint leur annoncer que la découverte de Willis était inattaquable , et qu’il y avait , de plus , dans la masse de l’encéphale, plusieurs autres processus de matière grise, analogues aux corps striés. Il distingua la couche optique , les corps géniculés , les tubercules quadrijumeaux, le corps rhomboïdal, la matière grise du pont de Yarole, le corps frangé des olives et plusieurs autres amas isolés, moins distincts. C’était

autant de sources différentes des esprits animaux , qui toutes versaient ce fluide dans le demi-centre ovale.

Ces opinions, surtout celle de Malpighi, furent combattues par le célèbre Ruisch , qui , par l’art étonnant de ses injections , était parvenu à ne trouver dans tous les organes que des vaisseaux ramifiés à l’infini , dont l’extrême division fatiguait l’esprit sans l’éclairer. Il crut que toutes les masses grises que le crâne renferme, n’étaient qu’une continuation des artères , dont les extrémités , dépourvues de sang , versaient les esprits animaux invisibles dans les cordons médullaires , qui les transportaient dans toutes les parties du corps. 11 s’éleva contre l’opinion de Leuvenhoek , qui avait reconnu au microscope que la substance grise et la substance blanche étaient formées des mêmes globules différemment disposés dans l’une et dans l’autre : de telle sorte que leur coloration n’était , selon lui, qu’un effet de la réfraction de la lumière. Rien ne prouvant ni que la substance grise fût un amas de petites glandes , ni qu’elle fût un composé de petits vaisseaux , Fouquet et Bordeu l’assimilèrent au tissu muqueux de la peau , tissu muqueux auquel l’ont comparée de nos jours MiVJ. Gall et Spurzheim, sans connaître vraisemblablement les idées des médecins de Montpellier.

On ne vit nulle part les esprits animaux; on ne crut pas moins «à leur existence; mais si ces recherches furent vaine» sous ce rapport , elleç dé-

voilèrent des vérités très-importantes relatives aux rapports de la substance grise et de la substance blanche de l’encéphale. Cet organe parut à Willis et à Yieussens un composé de plusieurs organes , concourant tous au même but et aux mêmes actions.

La substance blanche fut elle - même mieux connue i puisqu’on faisait sécréter des esprits , puisqu’on leur supposait un réservoir commun , puisqu’on les faisait circuler ensuite dans toutes les parties du corps, il fallait nécessairement qu’ils fussent renfermés quelque part , soit pour les contenir , soit pour éviter leur épanchement. La substance blanche remplit cette seconde fonction.

Willis la supposa creuse, de-là le nom de corps cannelés qu’il donna aux corps striés. Malpighi la compara aux tuyaux qui composent une orgue. Yieussens découvrit tout exprès des vaisseaux particuliers , qu’il nomma nevro-lymphatiques ; vaisseaux tout aussi invisibles que les esprits qu’ils devaient renfermer , puisque depuis lui nul anatomiste ne les a aperçus.

Ces suppositions admises, la disposition fibreuse de la matière blanche fut dévoilée avec un art étonnant. Willis montra des faisceaux descendans du corps strié et de la couche optique aux pédoncules cérébraux ; il suivit la liaison de ces faisceaux , des corps striés dont il faisait le sensoriutn commune , avec les différentes parties des hémis-

phères cérébraux : il les fit recourber ensuite pour former la voûte et le corps calleux.

Vieussens fit pour le demi -centre ovale des hémisphères , ce que Willis avait tenté pour les corps striés; il y fit rendre, ou en fit partir les différentes stries médullaires , pour se porter , soit dans les pédoncules , la couche optique et les tubercules quadrijumeaux , soit pour aller , en se réfléchissant , former la corne d’Ammon , les piliers de la voûte , le septum et le corps calleux.

L’homme, les mammifères et les oiseaux avaient servi de base aux observations de Willis et de Vieussens , pour montrer la disposition fibreuse de la matière blanche. Malpighi puisa les siennes dans l’encéphale des poissons. Regardant leurs lobes optiques comme les analogues des hémisphères cérébraux , et partant de son idée favorite, que la moelle épinière était le centre de toutes les radiations du système nerveux, il la suivit jusque dans ces lobes , montra d’abord la divergence de ses rayons dans leur périphérie , qu’il compara tantôt aux divisions d’un éventail , tantôt aux tuyaux des orgues des églises ; d’autres fois, enfin, aux dentelures d’un peigne. Parvenus à la périphérie de ces lobes , il dit que les faisceaux divergeais devenaient convergens , pour se porter transversalement les uns à la rencontre des autres , et former leur commissure , qu’il croyaitêtrele corps calleux. On ne pouvait mieux choisir son exemple

pour montrer la disposition fibreuse de la matière blanche.

Enfin Lancisi fit pour le corps calleux ce que Willis avait fait pour le corps strié , Yieussens pour le demi-centre ovale , Malpighi pour les lobes optiques des poissons ; il montra leur relation avec toutes les parties des hémisphères , et avec les pédoncules cérébraux , par deux faisceaux particuliers , dont personne n’a parlé depuis, et que j’ai moi-même cherché en vain chez l’homme et les mammifères. Sanctorini , Yalsalva , Mistichelli , Pourfour-Petit , Duverney , Saucerotte , Sabouraut, marchèrent d’après l’hypothèse de Willis et de Yieussens , et ajoutèrent à leurs travaux une découverte importante , celle de l’entre-croisement des faisceaux pyramidaux.

Un fait occupait les pathologistes depuis Arétée. Une altération de l’un des hémisphères du cerveau produit la perte des mouvemens dans la partie du corps qui lui est opposée. Une lésion de l’hémisphère droit produit la paralysie à gauche , et vice versâ. La circulation des esprits animaux ne pouvait en rendre compte ; la découverte de l’entre-croisement des pyramides , que Mistichelli et Pourfour-Petit annoncèrent en meme temps , fit cesser cette incertitude. On vit par l’effet de cet entre-croisement la liaison de l’hémisphère droit avec la partie gauchede la moelle épinière , et le rapport de l’hémisphère gauche avec la moitié droite de cette moelle.

Le cervelet, dans toutes ces recherches, était considéré comme un organe à part. Depuis Willis , on le regardait comme le foyer des esprits qui présidaient aux fonctions vitales , telles que la circulation et la nutrition.

Les immortels travaux de Haller et de son école, sur l’irritabilité, anéantirent pour jamais les esprits vitaux et les esprits animaux , et donnèrent à l’étude des fonctions du système nerveux une nouvelle direction. Il n’est pas de mon sujet de la suivre; qu’il nous suffise de dire que de cette mémorable époque datent les notions positives sur la physiologie de ce système.

Un fait que nous ne saurions trop faire remarquer, c’est que la chute des esprits animaux entraîna l’oubli des découvertes anatomiques qui avaient été faites sous leur influence. On parut croire que les découvertes sur la disposition fibreuse de la matière blanche et sur la direction de ses faisceaux, n’étaient, comme cette hypothèse célèbre , que le fruit de l’imagination. On se borna à considérer l’encéphale comme une masse demisolide, dont une partie était blanche, l’autre grise ; et par une inconséquence que rien ne peut expliquer, on continua d’admettre que les nerfs étaient creux.

La science avait donc rétrogradé sur ce point , lorsque MM. Gall et Spurzheim , animés de tout le zèle qu’inspire un nouveau système à faire prévaloir , nous ramenèrent aux faits anciennement

connus , et nous y ramenèrent par des hypothèses tout aussi peu vraisemblables que celle des esprits animaux.

Je ne considère ici que la partie anatomique ; je remarque d’abord que dans le système des physiologistes allemands , la matière grise est supposée la matrice , ou la matière nutritive de la matière blanche , ce qui revient à l’hypothèse de la sécrétion des esprits , par la substance grise , dont la matière fibreuse n’était que les conduits excréteurs.

Ces deux hypothèses supposent une communication directe entre ces deux substances , ce qui se rencontre bien aux hémisphères cérébraux et au cervelet des animaux adultes , mais nullement à la moelle épinière et aux corps striés ; car chez les mammifères et les oiseaux , on peut enlever toute la couche de la matière grise de la moelle épinière sans intéresser en aucune manière la substance blanche. Chez les mammifères, on enlève également les amas de matière grise des corps striés , sans que la matière fibreuse olfrc ni déchirure, ni altération.

Dans l’état primitif des jeunes embryons , la lame qui forme la substance corticale des hémisphères cérébraux, n’est que juxta-posée sur les lames de la matière blanche ; ces deux parties ne sont même pas adhérentes. Ruisch a enlevé chez un enfant toute la lame corticale des hémisphères sans intéresser leur substance blanche. Si on sup-

pose une nutrition , comment s’opère - 1 - elle ? Y a-t-il des canaux de communication de l’une à l’autre substance , comme l'admettait l’hypothèse des esprits animaux? quel est le fluide nutritif, et comment circule-t-il? quelle est la matière de renforcement ? on ne l’explique pas.

En second lieu , une conséquence de cette hypothèse , c’est que la matière grise doit toujours être proportionnée à la matière blanche. Or , dans la moelle épinière , ce rapport , loin d’être constant , est au contraire dans une raison inverse. Ainsi à mesure que l’on descend chez les mammifères, des singes aux rongeurs , et de ceux-ci aux oiseaux , la matière blanche va en augmentant , et la grise en diminuant.

Chez tous les poissons, la prédominance de la matière blanche est plus prononcée encore , el sur plusieurs à peine trouve-t-on dans la moelle épinière les vestiges de la matière grise. Cette hypothèse, en opposition manifeste avec les faits, n’est donc pas admissible.

La moelle épinière offre-t-elle un renflement formé par la matière grise à l’insertion des nerfs spinaux? MM. Gall et Spurzheim ont été conduits à cette conséquence par leurs idées sur les fonctions de la matière grise, et par une fausse application de ce que l’on observe chez les insectes parfaits. Chez ces derniers , les nerfs latéraux du tronc naissent en effet d’un renflement très-distinct, dont l’ensemble constitue leur chaîne

ganglionaire qui occupe le centre de l’animal. Mais c;elte chaîne de ganglions est-elle l’analogue de la moelle épinière?. nous avons prouvé le contraire. Cette comparaison est donc erronée.

La disposition que l’on suppose le long de la moelle épinière des vertébrés n’est pas plus exacte. Dans aucune classe, on ne voit uue série de renflemens correspondre à la série d’insertion des nerfs spinaux; la moelle épinière des poissons est surtout remarquable à considérer sous ce rapport. On n’y remarque aucun renflement , quoique les nerfs spinaux soient très-développés , notamment chez les poissons cartilagineux.

La question n’est plus aussi tranchée dans la masse nerveuse que renferme le crâne. Il est certain que la moelle allongée et sa gouttière , le plancher du quatrième ventricule, offrent , comme nous l’avons déjà vu , et comme nous le verrons plus bas encore , des renflemens de matière grise en rapport avec l’insertion de certains nerfs.

Il est certain que la matière grise du pont est proportionnelle dans sa quantité au nombre et au volume des faisceaux médullaires qui le constituent. Il est également certain que la matière grise qui forme la couche optique, et celle qui donne naissance au corps strié , sont en rapport, dans les différentes classes , avec le volume et le nombre des faisceaux médullaires qui les traversent.

Mais cela prouve-t-il , comme le pensait Ruysch , que les vaisseaux qui sillonnent de toutes parts la

matière grise , donnent naissance à la matière blanche? Cela prouve-t-il , comme l’ont avancé Willis , Gall et Spurzheim , que la matière blanche y puise ses racines ?

L’anatomie résout négativement ces questions ; car, d’une part, Ruysch n’a jamais pu rougir la matière blanche dans ses injections ; ce qui lui fit dire que les artères se transformaient en vaisseaux blancs. De l’autre, Willis n’a jamais pu montrer les fibrilles sortant de la matière grise pour aller former les faisceaux. Malpighi a échoué dans ses tentatives pour faire sortir les faisceaux blancs des follicules glanduleux dont il formait la matière grise. MM. Gall et Spurzheim ont-ils été plus heureux? Je n’en trouve aucune preuve dans leurs ouvrages. Les fonctions qu’ils attribuent à la matière grise, d etre la matrice de la matière blanche, de lui servir d’organe de nutrition ou de matière de renforcement , ce qui revient toujours à la même idée, sont avancées partout, et ne se trouvent prouvées nulle part. Aussi tous les anatomistes modernes ont-ils sanctionné sous ce rapport l’opinion de M. le baron Cuvier. Les célèbres Rolando, Tiedemann, Treviranus, se sont tous accordés à ranger l’opinion de Gall au nombre des hypothèses dont nul système ne peut se passer.

L’anatomie démontre un rapport de proportion de ces deux substances , dans les diverses parties que nous avons mentionnées. En quoi consiste ce

ô6o ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,

rapport? Nous l’ignorons encore, et pour servir utilement les sciences , il faut savoir faire ces aveux.

Ce rapport de proportion varie beaucoup * comme nous l’avons vu, dans les différentes classes; mais les lobes cérébraux étant pris en masse , le rapport devrait être toujours proportionnel entre la substance grise et la substance blanche. Or l’anatomie comparative des quatre classes est loin d’offrir ce résultat.

A la moelle épinière , la substance blanche l’emporte tellement sur la grise , qu’on ne peut raisonnablement supposer que la première soit l’origine de la seconde. L’inverse se remarque dans les lobes cérébraux , considérés dans les trois classes inférieures.

Chez les oiseaux , la masse entière des hémisphères est formée par un bloc de matière grise que sillonnent çà et là quelques faisceaux à peine visibles de matière blanche.

Chez les ophidiens, la masse des hémisphères est entièrement composée par la matière grise ; chez les sauriens , un seul faisceau de matière blanche se remarque dans ces parties ; chez les tortues de mer, reptiles chez lesquels les hémisphères sont les plus développés , la pyramide ne produit dans l’hémisphère qu’un petit faisceau rayonnant de matière blanche; les dix-neuf vingttièmes de 1 hémisphère sont formés par la matière grise.

Enfin , chez les poissons , à peine peut-on apercevoir le petit faisceau de matière blanche qui entre dans la structure de ces lobes ; toute leur masse est formée par la matière grise , chez les poissons osseux et cartilagineux.

Si on ne peut admettre que dans la moelle épinière la petite quantité de matière grise serve de matrice à la matière blanche ; si chez certains poissons l’absence de la première n’en permet pas même la supposition, vous trouverez une difficulté d’un autre genre dans les lobes cérébraux des trois classes inférieures. Comment supposer ici qu’une si grande quantité de matière grise donne naissance à de si petits faisceaux de matière blanche? Quel rapport y aurait-il entre l’organe nutritif et l’organe nourri? entre la matière de renforcement et l’organe renforcé? entre les follicules sécrétans et la parlie#sécrétée ? entre les innombrables vaisseaux répandus dans la masse grise des hémisphères et leur petit faisceau de terminaison, selon Ruysch? Toutes ces opinions sont donc encore contradictoires avec les faits.

Appliquées aux animaux invertébrés , ces hypothèses sont encore moins vraisemblables ; car chez le plus grand nombre il n’existe pas de matière grise , la matière blanche forme seule leur système nerveux ; et chez ceux où l’on rencontre la matière grise , elle est hors de toute proportion avec la matière blanche ou fibreuse.

A quoi tient cette persévérance continue de*

56^ ANATOMIE COMPARÉE Dli CERVEAU ,

anatomistes à faire naître la matière blanche de la matière grise? à une erreur fondamentale érigée en principe; à l’idée préconçue que le système nerveux se développe du centre à la circonférence, et que la matière grise est formée avant la blanche.

En conséquence, Willis et Yieussens supposent que la substance corticale des hémisphères cérébraux et du cervelet, et la matière grise des corps striés et des couches optiques donnent naissance à toute la matière blanche de ces parties , qui se réunit au tronc commun , la moelle épinière , d’où partent des nerfs en rameaux et ramuscules. Willis ajoute que sur leur trajet les nerfs sont renforcés par les amas grisâtres des ganglions.

Malpighi, qui se montre si souvent opposé à Willis , regarde la moelle épinière comme le centre du rayonnement dp toute la matière blanche et des nerfs.

MM. Gall et Spurzheim adoptent l’opinion de Malpighi , et font toujours développer le système nerveux du centre à la circonférence.

Les nerfs n’étaient alors qu’une émanation de la substance de l’axe cérébro-spinal du système nerveux. On les supposa creux quand les esprits animaux devaient y circuler. Diemcrbroek , comparant cette circulation à celle du sang , dit qu’un ordre de nerfs doit avoir des valvules dans Tintélieur de la cavité , comme les veines , et qu’un autre doit en être dépourvu comme les artères.

Les premiers devaient transmettre les impressions de la circonférence au centre , et les seconds , les transporter du centre à la circonférence.

Plus tard , on remplit cette cavité de la substance blanche et de la substance grise du cerveau ; depuis Reil et Bichat , on n’y suppose plus que la matière blanche. Je suis étonné que depuis M. Gall on n’ait pas rempli cette cavité imaginaire par la substance grise seulement.

La loi du développement excentrique du système nerveux renverse toutes ces suppositions ; elle nous montre , chez les vertébrés et les invertébrés , les nerfs latéraux du tronc et de la tête formés avant leurs ganglions ; donc ceux-ci 11e peuvent leur donner naissance , ni leur servir de matrice , ni devenir leur organe nutritif.

M. Cuvier a constaté le premier que dans le genre astérie le système nerveux est composé de matière blanche sans matière grise. Où trouver chez ces animaux la matrice de leur système nerveux ou leurs follicules sécréteurs?

Le système nerveux marchant de la circonférence au centre , quelle sera la première partie formée? On voit que ce ne peut être que la matière blanche , qui forme les couches excentriques de cet organe.

Chez tous les embryons , sans exception , la matière blanche se forme avant la grise dans la moelle épinière.

Dans les olives , la matière blanche est déve-

564 anatomie comparée du cerveau,

loppée avant la grise : souvent même celle-ci ne se forme pas, comme chez les oiseaux , les poissons et les reptiles.

Les faisceaux blancs , qui constituent le trapèze, sont développés avant le renflement grisâtre des frères Wenzel, que l’on regarde comme leur ganglion.

Les faisceaux médullaires du pont de Yarole apparaissent avant la matière grise qui les entrecoupe.

Les faisceaux blancs des nerfs optiques , qui se dirigent sur les corps géniculés , existent longtemps avant la matière grise , qui constitue ces derniers.

Les pédoncules de la glande pinéale sont formés avant ce corps : donc ce corps n’est pas leur ganglion ou leur matrice.

Toutes les hypothèses qui supposent la formation de la matière grise avant la blanche sont donc renversées par cette loi générale de formation du système nerveux (1).

L’anatomie pathologique confirme cette assertion. Avant mes travaux , on regardait comme

(i) D’après cette loi, je crois inutile de faire remarquer combien est vicieuse l’idée qui assimile les ganglions nerveux, ou les ganglions que l’on observe chez les invertébrés , à la matière grise de l’axe cérébro-spinal des vertébrés. Les ganglions sont des organes durs; la substance grise est molle, pulpeuse, et comme gélatineuse, chez certains poissons. Cette différence suffit pour apprécier cette analogie.

LOIS Dû SYSTEME NERVEUX.

incurables toutes les paralysies dépendantes d’une altération organique de l’encéphale. J’ai le premier constaté leur guérison, et j’ai établi , d’après un grand nombre de faits , qu’elle s’opérait par la formation d’une cicatrice , qui réunissait la solution de continuité qu’avait éprouvé cet organe (1).

J’ai remarqué que la formation de la cicatrice est d’autant plus prompte , qu’elle est plus rapprochée du demi-centre ovale des hémisphères , ou des principaux amas de matière blanche de l’encéphale.

J’ai observé , au contraire , que la cicatrisation est plus lente lorsqu’elle se forme aux environs de la matière grise.

J’ai observé, enfin , que la cicatrisation n’a point lieu lorsque la solution de continuité n'intéresse que la matière grise dans le corps strié, la couche optique, ou la substance corticale du cervelet ou du cerveau.

La cicatrice se forme dans le demi-centre ovale des hémisphères par le développement de faisceaux blancs , qui des parois de la déchirure se portent vers le centre , où ils s’engrènent et se

(1) Anatomie pathologique de M. le docteur Cruveilhier, 1816. Journal général de Médecine 3 de M. le docteur Régnault, 1818. Ces faits ont si souvent été constatés depuis, que la cicatrisation du cerveau est devenue, en peu d’années, un des principes généraux les mieux établis de l’anatomie pathologique.

confondent. Or cette partie est dépourvue de matière grise : donc celle-ci est étrangère à leur formation.

Si la matière grise était la racine de la matière blanche , les cicatrices devraient s’y former plus promptement et plus complètement que dans la matière blanche. Non-seulement l’inverse a lieu, mais le plus souvent même les solutions de continuité de la matière grise ne se cicatrisent pas.

L’anatomie comparative et l’anatomie pathologique prouvent donc cpie la matière grise n’est ni la matrice ni l’organe de nutrition de la matière blanche. Tous les faits établissent que chez les vertébrés et les invertébrés la matière blanche se forme la première ; dans les formations accidentelles des cicatrices, la matière blanche qui les forme se développe seule. Si on voulait exprimer cette succession dans l’apparition des deux substances , il serait plus juste de dire que la matière blanche est la matrice de la grise ; mais cette manière d’interpréter les faits est trop vicieuse pour que nous nous servions de ce langage. Je me borne à exposer un fait général d’oncephalogénic ; celui de la formation de la matière blanche avant la matière grise, fait sans lequel il m’eût été impossible d’expliquer la cicatrisation du cerveau (1).

(i) Je dois faire remarquer que j’ai été conduit à la découverte de ce fait anatomique par l’étude de la formation des cicatrices de l’encéphale, en 181a , 181Ô et i «S 1 4 •

L’axe cérébro-spinal forme un organe unique ; les deux substances qui le composent se continuent de la colonne vertébrale dans le crâne , chez tous les animaux vertébrés. Cette continuation n’est pas un simple rapport de contiguïté. Les faisceaux médullaires qui composent l’une et l’autre partie, se correspondent de l’encéphale à la partie supérieure de la moelle épinière, ou de celle-ci à l’encéphale d’une manière admirable.

Cette correspondance va compléter toutes les preuves que nous avons données de l’identité des principaux élémens de l’encéphale dans les quatre classes.

Si vous considérez les pyramides , vous les voyez se mettre en rapport dans toutes les classes avec les hémisphères cérébraux. Quelle que soit la différence de forme et de volume de ces derniers , ils sont toujours en connexion avec le faisceau antérieur de la moelle épinière, ainsi que l’on pexit le voir chez les poissons (j) , les reptiles (2) „ les oiseaux (5) et les mammifères (4).

Si vous considérez le cervelet , vous observerez constamment ses rapports avec le cordon postérieur de la moelle épinière , chez les mammi-

(1) PI. VII, fig. 166, n° 1, 7, 5 et 4; pl. VI, fig. 147, n° 7, 5 et 5.

(2) Pl. XIV, fig. 288, n” 7, 0et 10.

(5) Pl. III , fig. 82, n" 8 et ü.

(4) Pl. XIV, fig. 28g, n",, 1,, ,5 cl .g

fères (j), les oiseaux (2), les reptiles (5 ) et les poissons (4).

Si vous examinez enfin les tubercules quadrijumeaux ou les lobes optiques , vous suivez cons-^ tamment leurs connexions avec les faisceaux moyens de la moelle épinière , ou les corps olivaires. Ce dernier rapport est très-important à considérer chez les poissons (5) , les reptiles (6), les mammifères (7) et les oiseaux (8) , parce qu’il complète tout ce que nous avons dit sur les analogies de ces parties fondamentales de l’encéphale dans toutes les classes des vertébrés.

§. III. De l’influence du système sanguin sur le

Mais ce rapport prouve-t-il que la moelle épinière naisse de l’encéphale, ou ce dernier de la moelle épinière? Cette question a été décidée en sens inverse, selon le point de vue sous lequel on a envisagé le système nerveux.

(1) PI. XIV, fig. 2S9, n° ü et 8.

(2) PI. III, fig. 86, n0 1 et 2; Gg. 87, n° 5.

(5) PL XIV, Gg. 288, n* 1 , 3 et 5.

(4) PI- 1 * * * VH, Gg. i;4, a° 7, 4 et 5; pl. VI, Gg. 147, »“ 10 et î.

(5) Pl. VII, Gg. i5G, n* 9, 2 et 5; Gg. 172, n* 2 et 4 i pl. VI, fig. i47j n* 8 et 9.

(6) Pl. XIV, Gg. 288, n" 2 et 6.

(7) Pl. XIV, fig. 289, 11" 3 et 14.

(8) Pl. III , Gg. 82 , u" 2 et 3.

LOIS Dü SYSTÈME NERVEUX. 669

Les anciens philosophes faisaient provenir l’encéphale de la moelle épinière , sans que l’on puisse entrevoir les raisons qui les portaient à cette idée. Les physiologistes et les médecins , considérant au contraire que le centre d’action du système nerveux résidait dans l’encéphale , firent dériver la moelle épinière de celui-ci. Enfin Malpighi, partant toujours de l’idée que les animaux se développent du centre à la circonférence , fit dériver l’encéphale et tous les nerfs de la moelle épinière. MM. Gall et Spurzheim ont fait prévaloir cette dernière opinion dans ces derniers temps. Je n’entrerai pas pour le moment dans la discussion des raisons qu’ils en apportent; je vais m’attacher à prouver que ni l’une ni l’autre de ces opinions ne sont exactes.

Je remarque d’abord que dans l’examen de cette haute question , on a toujours considéré l’axe cérébro-spinal comme générateur de luimême; le système sanguin , système producteur des organes , en a toujours été écarté depuis Ruysch , parce que cet anatomiste en avait véritablement défiguré la valeur.

Pour décider une question d’organogénie , il est. donc indispensable d’y faire entrer le point fondamental de cette partie de la science. C’est ce que nous allons essayer de tenter.

La moelle épinière se développe sur l’influence des altères intercostales ; le cervelet, par l’intermède des vertébrales, et le cerveau, par les caro-

tides. Pour que l’axe cérébro-spinal fût formé d’un seul jet, comme on le suppose, il faudrait nécessairement que toutes ces artères fussent réunies en €n seul tronc , et que ce tronc projetât ses branches du point central , par lequel on ferait commencer le développement de l’axe cérébrospinal du système nerveux.

Mais il n’en est pas ainsi. Ces artères ont chacune des conditions d’existence distinctes; elles ont des origines différentes et très-éloignées , et des distributions limitées ; or , si nous admettons que le système sanguin est pour quelque chose dans la formation des organes , il faudra nécessairement admettre aussi des origines distinctes pour chacune des parties auxquelles ces artères se distribuent principalement.

Cela posé , la question de préexistence des diverses parties du système nerveux est renfermée dans celle delà préexistence de ses diverses artères. L’ordre de leur formation nous mettra sur la voie de la marche du développement de l’encéphale et de la moelle épinière.

Des trois ordres d’artères qui environnent la moelle épinière et l’encéphale , quel est le premier apparent chez les embryons? C’est toujours celui des artères de la moelle épinière. Les linéamens de cet organe sont aussi les premiers formés.

En second lieu , on voit apparaître les carotides primitives , et la carotide interne , qui projette d’abord l’artère de l’œil , dont le développement est si

précoce chez tous les embryons , et qui se recourbe ensuite pour aller se répandre sur les pédoncules cérébraux et les tubercules quadrijumeaux.

Les pédoncules et les tubercules suivent aussi la formation de la moelle épinière, dont la région cervicale est primitivement formée par la branche de l’intercostale supérieure , qui pénètre dans le canal vertébral.

Enfin , la vertébrale arrive la dernière, dans le crâne; le cervelet est aussi le dernier organe apparent dans l’encéphalogénie de toutes les classes.

Voilà donc trois foyers distincts de formation ; trois sources différentes de développement de la partie centrale du système nerveux.

Si on adopte l’idée de W illis , on fait marcher successivement le système nerveux de la périphérie des hémisphères cérébraux et du cervelet vers la moelle épinière.

Si l’on suit celle de Malpighi et de Gall, on fait rayonner l’encéphale de la moelle épinière , comme les branches d’un arbre rayonnent de son tronc.

Mais est-ce ainsi que se forme cet organe? Non sans doute ; on a vu dans le cours de cet ouvrage que les principales parties avaient des directions très-différentes , des directions même opposées. On a vu que le cervelet se formait d’arrière en avant , et les hémisphères cérébraux , au contraire , d’avant en arrière.

A quoi tient cette direction opposée? Pourquoi )e cervelet et le cerveau marchent-ils en sens in-

5y 2 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,

verse ? Pourquoi ne se développent-ils pas dans le même sens? On n’en trouve la raison, ni dans la disposition des faisceaux fibreux de la matière blanche , ni dans celle des amas de la matière grise , ni dans les explications ordinaires sur l’encéphalogénie. Peut-on en entrevoir la cause dans la formation et dans la distribution du système sanguin ?

Quand on considère l’ensemble des artères qui embrassent l’encéphale et concourent à son développement , on voit que l’artère vertébrale pénètre par la partie postérieure, et se dirige d’arrière en avant , selon le mode de formation du cervelet.

Si on suit, au contraire , la direction de la carotide interne, on remarque qu’après avoir fait ses doubles contours le long des sinus caverneux , elle vient rejoindre l’encéphale par sa partie antérieure , et qu’elle se dirige ensuite en sens inverse de l’artère vertébrale , puisqu’elle marche d’avant en arrière, selon le mode constant du développement des hémisphères cérébraux.

Ainsi , le développement du cervelet suit la direction de l’artère vertébrale, et celui du cerveau la marche de la carotide interne.

De là vient que le corps calleux se développe d’arrière en avant, selon l’apparition graduelle de l’artère calleuse.

De là vient que la partie antérieure de la voûte suit la même direction, tandis que la partie postérieure, qui se développe dans l’influence de la

LOIS DU SYSTÈME NERVEUX. S’jT)

cérébrale postérieure qui provient delà vertébrale, se dirige au contraire, dans sa formation , d’arrière en avant.

De cette union de l’artère vertébrale et de la carotide , résulte le rapport général que l’on observe chez les vertébrés , entre le développement du cervelet et celui des hémisphères cérébraux.

Un des faits généraux les plus importans de l’anatomie comparative du système nerveux , c’est l’antagonisme que l’on remarque entre le développement de ses diverses parties.

La moelle épinière et l’encéphale considéré en masse , suivent un rapport inverse de développement, ainsi que l’avaient entrevu Haller, Sœmmering , et que l’a établi M. Cuvier.

Quelle est la cause de cet antagonisme? on ne peut la chercher dans la proportion des substances qui composent l’axe cérébro-spinal du système nerveux , puisque la matière grise de la moelle épinière décroît en raison directe de son développement.

Il y a donc une autre raison de ce développement opposé? Je l’ai aperçue dans le balancement respectif du calibre des artères qui forment l’une et l’autre partie.

Plus les artères spinales , provenant des intercostales , sont volumineuses, plus la moelleépinière est développée, plus le tronclui-mêmeestvolumineux.

Plus ces artères sont considérables , plus les vertébrales , plus les carotides internes sont

atrophiées , plus , par conséquent , le cervelet et le cerveau sont réduits dans leur développement.

Au contraire , plus les vertébrales , plus la carotide interne s’accroissent en volume, plus les artères spinales sont réduites dans le leur, plus, par conséquent, l’encéphale accroît , tandis que le volume de la moelle épinière diminue.

Ce principe général d’organogénie est applicable à toutes les parties du système nerveux , conséquemment à toutes les parties de l’animal.

Nous avons déjà vu le grand sympathique décroître en raison directe de la décroissance du système sanguin.

Nous avons vu le prolongement caudal des animaux , être rigoureusement assujéti , dans son volume , au volume du calibre de l’artère sacrée moyenne.

Nous avons vu l’embryon humain perdre sa queue j à mesure que l’artère sacrée moyenne s’atrophie.

Nous avons vu dans la métamorphose du têtard des batraciens , et chez les embryons des chauve-souris sans queue, qu’ils perdaient leur longue queue avec leur artère sacrée moyenne.

Pareillement , nous avons observé que l’apparition des membres et de leur nerf coïncidait avec l’apparition de leurs artères, et que le volume de celle-ci donnait rigoureusement le volume des nerfs et des membres.

• Nous avons observé que les reptiles bimanes ,

et les cétacés qui sont les bimanes chez les mammifères, n’avaient que des artères axillaires, et point de fémorales.

Lorsque les monstres tombent dans leurs conditions , nous avons remarqué que cela dépendait de la non-formation de l’artère fémorale , qui , chez eux, manquait accidentellement.

Les reptiles bipèdes sont, sous ce rapport, l’inverse des bimanes; et chez les monstres très-rares qui répètent leur organisation , on trouve , comme chez eux , l’absence de l’artère axillaire ; tandis que la fémorale n’a point souffert dans son développement.

Dans l’application de ce principe à la tête, nous avons trouvé que l’artère carotide externe et la carotide interne sont développées dans des proportions inverses. Nous avons déduit de là les causes de l’antagonisme que présentent le développement de la face et celui de l’encéphale.

Nous avons remarqué que plus l’artère carotide externe est volumineuse , plus la charpente de la face est prononcée, plus les nerfs des sens sont volumineux ; plus la carotide interne est faible , plus l’encéphale est réduit dans ses dimensions.

Nous avons remarqué que le développement de la carotide externe est proportionnel à celui des intercostales et des spinales, ce qui explique chez les animaux le développement proportionnel du tronc , de la moelle épinière , de la face et des nerfs des sens.

5;6 ANATOMIE COMPAREE DU CERVEAU, etc.

Nous avons observé, au contraire, que plus la carotide interne s’accroît en volume , plus la carotide externe diminue, plus la face, plus les nerfs des sens s’atrophient , plus le cerveau se développe.

L’artère ophthalmique ne suit cependant pas ce rapport; elle est toujours en harmonie avec le développement de la carotide externe; de là vient que le volume de l’œil est toujours proportionné au volume de la face et à l’étendue des organes de l’odorat et du goût.

Enfin, nous avons établi que la formation des monstres était soumise aux memes principes que le développement des êtres réguliers, et que , quelles que fussent les anomalies qu’ils nous offrent, on en trouvait toujours la cause dans les anomalies de leur système sanguin.

Tels sont les principes fondamentaux du développement du système nerveux ; leur application à ses différentes parties dans toutes les classes explique leur mode de formation , l’ordre successif de leur apparition , leurs rapports réciproques et leurs principales connexions avec les diverses parties de l’organisation des animaux.

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