CHAPITRE VII
malin , ne se termina qu'à neuf heures du soir, aux (lambeaux 1 .
L'autorité royale et la justice de l'inquisition, sa redoutable auxiliaire, triomphaient par la terreur et dans les supplices. Les chefs les plus entreprenants et les plus fiers de la haute et de la moyenne noblesse aragonaise étaient morts ou en fuite; les gens du peuple qui avaient pris la part la plus active aux derniers mouvements périssaient dans les autoda-fé; l'épouvante et la soumission étaient universelles. Philippe II en profita pour achever son œuvre. Après avoir frappé les hommes, il lui restait à changer les institutions : c'est ce qu'il fit. Il assembla a Tarragone les cortès pour abolir lesfueros, qu'il ne trouvait pas compatibles avec le pouvoir de sa couronne. Il ne les présida pas lui-même, contrairement a l'usage consacré, il les lit présider par Bobadilla, archevêque de Saragosse*. Tout ce qu'il leur demanda fut accordé. 11 acquit le droit de nom-
* « Y se acabô el auto con achas a las nueve de la noche. » (Proceao, ms.)
* « Aviendo el rey nueslro senor, que este en el cielo, llamado a corles el ano 1592 à la ciudad de Taraçona, Uegado el dia de la proposition, se présenté a los braços (-omission que di<5, estando en Madrid, â don Andres de Cabrera y Bobadilla, arcobisco de Çaragoça, para poder bazer en su nombre la proposition de las codes, y tener el solio de los cabos que resolviessen, y aunque huvô en los braços muchas personas, que à* los principios resolvicron de no admit irlas, tcniendo por constante lo que arriba en este capitulo acerca dcsle proposito esta dicho ; mas despues considerando el cslado que entonces tenian las cosas del reyno, les pareciâ admitir al arcobispo. » (Geronimo Martel, Forma de celebrar cortex en Aragon, in-4% Çaragoça, 1R41, p. 5 et 6.)
mer et de révoquer le justicia mayor 1 , celui de désigner ses cinq lieutenants* , celui de choisir les vice-rois parmi les Castillans comme parmi les Aragonais 3 , et de mettre a la disposition de ses propres ofticiers les troupes chargées de la garde et de la police du royaume 4 . Le grand justicier cessa d'être un médiateur judiciaire entre le roi et le peuple, pour devenir un simple fonctionnaire royal. Les votes furent désormais secrets 5 dans son tribunal, qui resta, sous bien des rapports, inférieur a la juridiction du roi 8 .
Ce n'est pas tout : les cortès perdirent leur pleine souveraineté, comme les juges leur entière indépendance. Les députés ne purent se réunir sans y être autorisés, sous peine d'être mis en jugement 7 . Le veto absolu qui appartenait à chacun d'eux fut supprimé, et l'unanimité des suffrages ne resta exigée que pour la création de nouveaux impôts 8 . Philippe II réunit a sa couronne quelques seigneuries qui avaient conservé des prérogatives féodales. Il supprima un grand nombre d'immunités et d'an-
1 Fueros y observancias del reyno de Aragon; Çaragoça, 1665, loi. 236.
* Ibid., \".
s Ibid.y fol. 237 v% et Blasco de la Nuza, Historias Eclesiasticas y seculares de Aragon desde 1556 hasta eî 1018. t. III. p. 323.
* Fueros y obervancias, loi. 235 v\ 3 Ibid., loi. 256 V.
0 Ibid.
7 Ibid., fol. 236.
* Martel, Forma de celebrar cor tes en Aragon, p. 2 et 3, el Fueros
g observancias, fol. 229 v\