CHAPITRE VIII
que, quand on lui eut fait une ouverture a la jambe, le prince, son fils, lui demandant si cette nouvelle plaie le faisait beaucoup souffrir, il répondit : « J'ai « bien d'autres douleurs! mais je remets tout a la « volonté de Dieu... » Toutes ses plaintes et ses gémissements se bornaient a dire : « Que ce soit en « rémission de mes péchés. » Il reçut l'extrêmeonction en présence de son fils, auquel il adressa ensuite ces paroles : « J'ai voulu que vous pussiez « voir comment finissent les règnes de ce monde. « Vous voyez aujourd'hui, mon fils, comment Dieu « m'a déjà dépouillé de la gloire et de la majesté « d'un roi pour vous en revêtir vous-même; pour « moi, on me vêtira, dans quelques heures, d'un mite sérable suaire, et on me ceindra d'une pauvre « corde. La couronne de roi me tombe déjà de la « tête, et la mort me l'ôte pour vous la donner... « Un jour viendra où cette couronne tombera de « votre tête comme de la mienne. Vous êtes jeune « comme je l'ai été. Mes jours étaient comptés, et « les voilà qui finissent; Dieu sait le compte des « vôtres, qui finiront à leur tour... Je vous recom- « mande la guerre avec les infidèles et la paix avec « la France 1 . »
1 « Lo que sotamente vivia en el rey liera cl sentimiento de sus pecados, el quai le dava un dolor tan vivo, que, despues de haverle abierto la pierna, preguntado por el principe si hera mucho el dolor que padeciacon la nueba llaga, respondiô : Mucho mas meduelen, cl que resigno todo entero en la voluntad de Dios... Todo su quexar y sus ayes hera : sea en remission de mis pecados. Recibiô h estrema-unzion el dia primero de septiembre... He querido, hijo mio, que os
« Le prince, croyant que tout était déjà fini, et désirant établir sur-le-champ le marquis de Dénia, son favori, demanda a don Chrisloval de Moura la clef dorée du cabinet secret. Mais celui-ci s'en excusa en disant qu'il ne pouvait la donner tant que le roi vivait. Le prince en fut blessé, et montra du ressentiment de cette action. Don Christoval s'en plaignit au roi, qui, bien qu'il trouvât la demande un peu prématurée, ordonna a don Christoval de donner la clef au prince et de lui demander pardon... Après l' extrême-onction, il tourna, comme Ézéchias, le visage vers le mur et le dos aux affaires. Il ne voulut plus que son âme s'abaissât aux choses de la terre, mais qu'elle se tournât vers le ciel 1 . Il mourut enlin
halleis â" hesta ora... paraque veais en lo que paran las monarchias de este mundo... Ya veis, liijo mio, como Dios me lia desnudado de la gloria y inagestad de rey, para daros â vos esta investidura. A mi vestiran denlro de pocas horas de una pobre mortaja, y me ceniran con una pobre cordel. Ya se me cac de la caveza la corona de rey, y la h inerte me la quita para darosla â vos... Tiempo vendra* en que esta corona se os caerâ de la caveza, como se me cae de la mia. Vos sois manzebo, y yo lo hc sido. Mis dias cstaban conlados, y a se han aca-
bado; Dios sabe la cuenla de los veslros, y tambien se acavaran
La guerra contra iniieles os cncomiendo, y la paz con Francia. » (Brève compendio, etc., fol. 43 v° et 44 r\)
f « El principe, creyendo que ya liera todo acabado, y deseando establecer con tiempo a el marques de Dénia su privado, pidiô â don Chrislobal de Moura la llave dorada de el relrete ; el quai se cxcusô diciendo que no podia darla mientras que el rey viviesse. Ofendiose el principe, y mostrô senlimienlo de lo executado. Quexose don Christobal al rey, el quai, aunque oy6 la demanda por ser algo temprana, mando a don Christebal que dicsse la llave al principe y le pidiesse pardon... Despues de la extrema-unzion volviô, como Ezéchias, el rostro â la pared y las espaldas â los negozios. No quîzô tener mas su