‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 26 sur 191 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Projets attribués par Perez à don Juan d'Autriche et à son secrétaire Escovedo. — Examen de ces allégations. — Véritables causes de la mort d'Escovedo. — Amours de Perez cl de Philippe 11 avec la priucesse d'Eholi. — Menaces et indiscrétions d'Escovedo. — llécit du meurtre d'Escovedo. — Complicité du roi dans le meurtre. — Premières alarmes de Perez. — Fuite des meurtriers.

L'ordre donné par un roi de Faire périr l'un de ses sujets pourrait sembler étrange, si l'on ne se souvenait des habitudes comme des théories de ce siècle violent tout rempli de meurtres. La mort y était le dernier argument des croyances, le moyen extrême, mais fréquent, employé par les partis, par les rois, par les sujets. On ne se contentait pas de tuer, on s'en croyait le droit. Certains casuistes attribuaient ce droit, les uns aux princes, les autres aux peuples. Voici ce que le frère Diego de Chaves, confesseur de Philippe II, écrivait touchant la mort , d'Escovedo : « D'après mon opinion sur les lois, le prince séculier, qui a puissance sur la vie de ses subordonnés et sujets, de même qu'il peut la leur ôter pour juste cause et par jugement en forme, peut aussi le faire sans tout cela, puisque le surplus des formes et toute la suite d'un procès ne sont rien comme lois pour lui qui peut en dispenser. Il n'y a dès lors pas faute de la part d'un sujet qui, par ordre souverain, donne la mort h un autre sujet : on doit croire que le prince a donné cet ordre pour

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