‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 128 sur 192 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

membres de la députation permanente et les cinq juges de la cour suprême avaient proclamé la légalité et la nécessité de la défense, prescrit la formation d'une armée, nommé le grand justicier pour la commander, conformément a sa charge, et désigné don Martin de la Nuza pour lui servir de mestre de camp 1 . Ils donnèrent des armes k ceux qui n'en avaient pas*, et se firent remettre les pièces d'artillerie qui se trouvaient dans les maisons fortes du duc de Villahermosa' et du comte d'Aranda*, qui avaient été retenus dans Sara gosse 5 . Malheureusement il ne leur vint aucun secours de la principauté de Catalogne et du royaume de Valence, et, a l'exception de Téruel et d'Albarracin, aucune ville d'Aragon ne se leva pour eux. Cette tiédeur était d'un fort mauvais augure ; elle annonçait que les Aragonais ne croyaient pas k la bonté de leur cause, ou ne se sentaient plus en état de la faire triompher.

Avant que l'armée de Philippe II se mît en mouvement, quatre messagers et notaires des cortès et

declararon todos cinco juezes lo que los doze avian dado de parecer. » (Proceso, ras. — Argensola, c. mvn, p. 112.)

* Relaciones, p. 150, 151.

* Argensola, c. xxxyi, p. 106.

3 « Y tambien se apercibieron de algunas piezas de arlillcria, y de las casas del duque de Villahermosa sacaron ciertas piezas de artilleria buenas, aunque contra la volunlad del duque, sacaron canlidad de dineros y embiaron à la montana â hacer gente. » (Proceso, ms. — H errera, lib. VII, cap. xx, fol. 292, col. 1.)

* c Tambien el conde de Aranda habia prestado nlgunos canones. » (Argensola, cap. xxxvni, p. 118.)

5 Fbid.

du justicia mayor d'Aragon se présentèrent devant Vargas pour lui signifier la sentence de mort portée contre lui, s'il violait le territoire du royaume. Vargas les écouta tranquillement, et leur répondit qu'il justifierait de son droit dans Saragosse 1 . Puis il les renvoya en paix *, et il franchit la frontière d'Aragon a la tête de son armée, forte de plus de dix mille hommes de pied, de quinze cents hommes de cavalerie légère ou d'arquebusiers a cheval, conduisant avec elle beaucoup d'artillerie et de munitions 3 . Don Juan de la Nuza fit sonner le tocsin, déploya l'étendard de Saint-Georges, et marcha h la rencontre de Vargas*. Il se posta a trois lieues de distance des troupes castillanes 5 , qui s'avançaient sans obstacle. Ce n'était pas avec la petite armée populaire qu'il commandait que don Juan de la Nuza pouvait

* « Contra el quai avia pronunciado el justicia de Aragon sen-

tencia y pena de muer le, y contra su exercilo ; y embi6 porleros a notificarselo, y lo hicieron en Beruela, en la raya entre Aragon y Castilla, y bolvieron diziendo que los havia dexado hazer su oficio, y que respondiô que en Zaragoça alegaria de su justicia y de su derecho. » (Herrera, Hb. VII, cap. xx, fol. 292. col, 1. — Relaciones.

* « Y se bolvieron en sana paz. » [Relaciones, ibid.)

s « Era el exercilo de mas de 10,000 infantes, y 1 ,500 cavallos ligeros y arcabuzeros â cavallo, muy bien armados, encavalgados y luzidos con muy experimenlados ca pi tan es, con gran provision de artilleria, municiones y vitualla. » (Herrera, liv. VII, cap. xx, fol. 292, col. 1. — Argensola dit que cette armée était forte de douze mille hommes d'infanterie et de deux mille de cavalerie, cap. xxxvn, p. 110.)

* Relaciones, p. 138. — Proceso, ms.

6 « Y se pusô* a dos y â très léguas del exercilo cas tel 1 an o. » [Proceso, ms. )

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