CHAPITRE VII
ciennes franchises , réduisit singulièrement les cas soumis a la voie privilégiée 1 , lit prononcer des peines sévères contre ceux qui invoqueraient faussement le droit de manifestation*, défendre de rien imprimer sans permission*, poursuivre comme criminels ceux qui pousseraient le cri de liberté*. Il rendit plus forte la citadelle de l'AIjaferia, a laquelle l'ingénieur napolitain Tiburcio Espanochi ajouta quelques ouvrages dont Philippe II lui-même traça le dessin 8 . Il y plaça des troupes pour maintenir Saragosse dans l'obéissance et le respect.
« A l'heure qu'il est, écrit un ambassadeur vénitien en 1593, Sa Majesté a amoindri et ruiné toute la liberté de ces peuples en châtiant très-sévèrement tous leurs chefs par des condamnations à mort, des confiscations de leurs biens. Elle a privé le grand justicier et plusieurs autres magistrats de leur autorité, et les a forcés, de plus, à accepter un viceroi castillan au gré du roi, qui le désignait auparavant selon leur vœu et d'après leur requête. Il leur a enlevé l'administration de leurs revenus, dont il a assigné la plus grande partie pour la construction et l'entretien de la citadelle, qui s'édifie dans le lieu où était situé le palais de l'inquisition, lieu élevé d'où elle dominera toute la ville de Saragosse. 11 a
1 Fueros y observaneito, fol. 230, 251*
* Ibid., fol. 232.
5 Ibid., fol. 237.
* Ibid., fol. 238 tV -
5 Arch. de Simancas : mar y tierra, leg. 377 .
dépouillé les cortès de leur pouvoir; il a laissé et il laisse son armée dans Saragosse, où elle vit licencieusement et a discrétion, ayant ôté a cette ville tout éclat et toute prospérité. Enfin ; ce qui a été le signe de sa prudence infinie, Sa Majesté a voulu que tous les changements opérés par elle au préjudice de ce royaume, et contrairement k ses lois, fussent confirmés par les États, qui étaient particulièrement chargés de veiller au maintien des privilèges du royaume ; par la tous ces changements ont acquis une sanction et une stabilité durables 4 . »
Telle fut la révolution qui bouleversa l'ancienne constitution de l'Aragon, abattit sa noblesse, détruisit son indépendance et incorpora plus fortement son territoire a la monarchie espagnole. Perez,
* « Hora Sua Maestà ha scemata e ruinata tutla la liberté di quelli popoli, castigando severissimamente tutti li loro capi con bandi, priggionie, con torgli la vita e con moite confiscation!. Ha privato il gran justicia e molti altri magistrati délia sua autorité, con averli astretti ad accettare vice-re casligliano a beneplacilo dcl re, dove prima lo ricevano a lor soddisfatione e rien i esta. Gli ba privati dell' amministratione dell' entrata, assegurandone la maggior parte per la fibrica e per il mantenimento délia citadella che si edifica nel luogo ove era situato il palazzo dell' inquisitione, del quale per esser in sito eminente dominera tutta Saragosa. Ha spogliato le corli délia loro autorité. Ha mantenuto e tuttavia mantiene 1' esercito in quella città, il quale, vivendo licentiosamente a discretione, 1' a spogliata d' ogni decoro e di ogni bene ; e finalmente, quello che è stato segno d' infinila prudenza di Sua Maestà, ha voluto che tutti gli ordini da lei faUi in pregiuditio et contro le leggi di quel regno siano confermati delli stati cbe erano quelli che avevano parlicolarmente cure dell' osservansa de privileggi.di quel regno, che anno dato ierraezza e stabilità perpétua a tutte queste ordinationi. » (Relation vénitienne, ms. des affaires étrangères, année 1593.)