CHAPITRE VIII
Henri IV s'était rendu a Paris, où il avait conféré ec Perez sur ses affaires, qui, depuis qu'il avait claré la guerre k Philippe II, avaient pris un tour niveau. Elles étaient de plus en plus en progrès *-k-vis du parti catholique, qui avait perdu les Iles de Meaux, d'Orléans, de Bourges, de Lyon,
Paris, de Rouen, de Laon, d'Amiens, etc., mais les déclinaient vis-k-vis de l'Espagne. En effet, le pe lui ayant enfin accordé son absolution et l'ayant connu comme roi, le duc de Mayenne se soumit lui en Bourgogne, le duc de Joyeuse en Languec, et bientôt Marseille et toute la Provence se retrent sous son obéissance. Il ne resta alors debout
parti de la Ligue que le duc de Mercœur en Breçne. Si la guerre civile tendait vers sa tin, la guerre angère avait des commencements défavorables, ilippe II, ne pouvant plus aspirer k la couronne
France pour lui ou pour l'infante dona Clara Eunia sa iille, avait changé de plan d'attaque contre nri IV, dont il cessait d'être le compétiteur et qui tenait pour lui un ennemi ordinaire. 11 avait dès s songé k s'étendre a ses dépens par les Pays-Bas
côté de la Picardie, par la Franche-Comté du é de la Bourgogne. Le comte de Fuentes avait aqué les places de la frontière du nord, et le contable Ferdinand de Velasco avait marché avec une
i venu près Sa Majesté, pour lui avoir descouvert plusieurs conseils îenées du roy d'Espagne son maistre contre sa personne et son it. » (L'Estoile, Journal de Henri 7F, collection Petitot, t. XÏ/VIÏ, 51 et 152.)
armée vers la vallée de la Saône. Quoique Henri IV eût battu ce dernier dans la brillante journée de Fontaine-Française, il n'en avait pas moins perdu en Picardie la Chapelle, le Catelet, Dourlens, Cambrai, dont s'empara le comte de Fuentes, qui, au printemps de la campagne suivante, conquit encore Ardres et Calais.
Dans cette position, Henri IV sollicita vivement l'assistance de la reine d'Angleterre. Dès le mois de janvier 1595, après sa déclaration de guerre au roi d'Espagne, il s'était plaint à Elisabeth de ce qu'elle avait tiré de Bretagne Norris et les troupes anglaises qu'il y commandait. Elisabeth, tout en le félicitant d'avoir pris l'offensive contre le roi d'Espagne, lui avait répondu qu'elle était obligée de défendre son propre royaume toujours menacé par ce prince et d'empêcher l'insurrection imminente de l'Irlande 1 . Après la perte des premières places de Picardie prises par les Espagnols, le maître des requêtes Chevalier avait été, envoyé à Londres pour demander quatre mille fantassins anglais, que la ville de Paris se chargerait de payer 8 . Mais le cabinet anglais avait dépêché Roger Williams à Henri IV pour lui signifier que la reine consentait seulement à mettre des troupes dans Calais, qui n'était pas encore tombé entre les mains des Espagnols, dans Dieppe, Boulogne et les villes de la côte \
1 An hiitorical view of the négociations, p. 23. 5 I6ù*„ p, 25.