CHAPITRE III
et la solidité des conseils : « J'ai été pris, lui dit-il, de la fièvre et dune grande douleur de corps et de tête qui me retient au lit en grand malaise, et, quoique je sois aussi affaibli que si j'avais souffert pendant un mois, j'espère, Dieu aidant, que, grâce au remède dont on a fait usage et qui se continue, le mal n'ira pas plus avant. Mais je puis certifier à Votre Majesté qu'il y a ici k s'occuper de telle manière, qu'il n'y a santé qui y résiste, ni vie qui puisse y durer 1 . » Oubliant ses souffrances pour s'occuper encore des grands intérêts qui lui étaient confiés, il suppliait derechef le roi son frère de prendre une résolution, de le secourir dans la détresse où le laissait le dénûment de toutes ressources de campagne, de ne plus compter sur le bénéfice du temps qui avait tout perdu, de lui prescrire ce qu'il avait a faire, de lui indiquer s'il devait livrer bataille et quel était l'ennemi qu'il devait attaquer d'abord; « afin, lui disait-il, que dans le triomphe ou la défaite je me sois gouverné du moins ainsi que Votre Majesté l'aura voulu. Si ce que je demande m'est refusé, que Votre Majesté me pardonne de le hri répéter pour la dernière fois, je ne serai ni coupable ni res-
4 « Aquel mismo dia en la noche, me diô ima calentura con un gran dolor de cuerpo y de caveça que me tiene en la eama arto cogoxado, y aun questoy tan decaido como si la huviera leriido treinta dias, espero en Dios que, con los rremedios que sean hecho y ban haciendo, no pasarâ adelante, si bien cerlifico à Vueslra Magcstad quel Iravaxo que se passa es de mariera que no ay salùd que rresista ni bida que pueda durar. » (20 septembre 1578.. Don Juan à Philippe II. Ms. de la Haye, fol. 41-44.)
ponsable, devant Dieu et devant les hommes, des maux et dommages qui peuvent en résulter 1 ... Quant a moi, je ne laisse pas d'être très-vivement affligé de voir que je sois le seul disgracié et abandonné de Votre Majesté, moi qui, sire, non-seulement comme frère, mais comme l'homme du monde qui vous est le plus passionnément dévoué et vous a servi avec le plus de loyauté et d'attachement, devrais être estimé k un autre prix et considéré d'une autre manière. Mais, puisque ces titres n'ont pas suffi et ne méritaient pas qu'on tînt plus de compte d'eux ni de moi-même, n'oubliez pas, sire, au fond de votre cœur, que nous tous, tant que nous sommes ici, et pour qui il y va de la vie dans ce terrible jeu, si nous la perdons glorieusement pour Dieu et Votre Majesté, nous aurons conquis une destinée qui, sous un rapport du moins, sera digne d'envie. Mais, comme Votre Majesté court ici des risques bien plus grands, comme elle y joue un avoir bien plus direct, il n'en est que plus juste qu'elle s'en soucie davantage. C'est pour cela que je vous supplie encore une fois de ne pas différer un moment de plus la résolution qu'il faut prendre*...
4 « Porque, ganando o perdiendo, me govierne conforme a su volunlad ; donde no, perdonemc V. Mag d si le llego à apretar de nuevo por laultima vez, que noserâ â mi culpa ni cargo, delante de dios ni de los nombres, el mal y danoque suciedere.» (Ms. de la Haye, fol. 41-44.)
* « No dexo, por lo que â mi toca, de lener grandisimo sentimiento de que sea yo solo el desfavorecido y abandonado de V. Mag d , deviendo, no solo por hermano, pero por el hombre del mundo que mas de coraçon le a procurado serbir y que con mayor ffe y amor lo ha