CHAPITRE IV
de l'alcade, qui ne s'en douta point 1 , Perez passa, en annonçant qu'il allait revenir, dans une pièce voisine dont la fenêtre donnait sur Saint-Just. 11 descendit par cette fenêtre, qui n'avait pas plus de huit à neuf pieds d'élévation au-dessus du sol, et il se réfugia dans l'église, qui fut aussitôt fermée. Les alcades coururent après lui, et firent forcer avec un levier les portes, qu'on ne voulait pas ouvrir*. Ils cherchèrent longtemps Perez, qu'ils finirent par découvrir dans les combles de l'église, blotti sous les toits mêmes, d'où ils le tirèrent tout couvert de poussière et de toiles d'araignée 5 . Malgré les protestations et la résistance des prêtres, ils le firent transporter par leurs alguazils dans la voiture qui le conduisit a la forteresse de Turruegano 4 .
L'affaire n'en resta point la, et il s'éleva un long conflit entre la justice religieuse et la justice séculière. Le fiscal ecclésiastique dénonça les deux alcades comme ayant violé les immunités de l'Église,
4 « Y lo bueno lue, que adelante del alcalde, con uoa sériai le déclaré el criado el parescer del cardenal, y diestramente dexé al alcalde, y lo exécuta. » (Relaciones, p. 55.)
* a Y junto a ella aria una pieza que ténia una vantana à San Justo no muy alla del suelo como estado y medio, y el dicho Antonio Perez se entré en la pieza, y dixé al alcalde que luego salia, y se hecbé por la ventana, y se entré en San Justo ; y luego los diebos alcaldes fueron & Santo Justo, y estaban cerradas las puertas, y con una palanca las abrieron. » [Proceso, ms.)
5 a Y andubieron buseandole, y no lo pudieron ballar; y subieron é los dosvanes de los tejados de la yglesia, y le toparon eacondido en un desvan, y le sacaron todo lleno de telaraûas. » (Proeeso, ms.)
* !bid.
et les fit condamner successivement, par le tribunal du vicaire général et par celui de la nonciature, à replacer le prisonnier dans Saint-Just 1 . Mais Philippe II contraignit, par la violence de ses traitements, les juges ecclésiastiques a se dessaisir de la cause, et fit annuler, en 1589, par le conseil de Castille, les censures prononcées contre ses alcades 2 .
Ferez, n'ayant pas pu se placer sous la juridiction protectrice de l'Église, essaya de recourir a la juridiction indépendante de l'Aragon dans l'été de 1585. Juan de Mesa, qui avait trempé dans le meurtre d'Escovedo, vint du fond de l'Aragon jusqu'auprès de la forteresse de Turruegano pour l'enlever avec deux juments ferrées a rebours 8 . Mais ce projet d'évasion, quoique adroitement combiné par don
1 a Y diô el vicario carta de censuras contra dichos alcaldes para, dentro de otra dia, que le volviessen & la yglesia. » (Proceso, ms.)
* « Y se quedé assi basta que tue apelado el ano 1589 que & 6 de julio el consejo real mandé que el juez apostolico no conosciesse del negocio y replica ; y dé por nullo todo lo hecbo, y abra las censuras, y absuelva a los notificados ; y le mandaron al dicho juez saliesse dentro de segunda dia de la corte. » [Ibid.) « En esso huvô otra violencia mayor que prendieron despues a los juezes del nuncio de Su Sant. con amenazas grandes, sino alçavan la mano de la causa, s [Relacionei, p. 56.)
3 a En el mes de mayo de 1585, quando se publiée que se avia querido huir el secretario Antonio Perez de la fortaleza de Turruegano, donde estaba presso, el déclarante... topé Juan de Mesa en unos olivares tuera del camino, quemado del sol : y no le respondié de adonde venia, y traia consigo a unos parientes de Antonio Martinez y dos yeguas... herradas al rebes. » (Procew, ms., déposition de Martin Guttierez.)