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conquérant, Philippe Aridée. Enfin, on se rappelle comment ces éphémères royautés n’empêchèrent pas les généraux d'Alexandre de se partager l'empire, et comment, dans ce partage, Ptolémée, l’un d’entre eux, obtint l'Égypte. Avec Ptolémée cesse donc la dynastie Macédonienne et commence la dynastie qui du nom de son fondateur est appelée Ptolémaïque. C'était la XXXIHwe,
Nous ne suivrons pas dans tous les détails de leur règne les rois qui composèrent cette famille royale. Tous s’appelèrent Ptolémée comme leur aïeul commun, et l’on ne voit guère parmi les femmes d’autres noms en usage que ceux de Cléopâtre, de Bérénice et d’Arsinoé. Du reste, l’histoire de l'Égypte, sous ces rois étrangers, n'offre plus ce puissant intérêt que l’on éprouve à suivre l'Égypte pharaonique dans sa marche à la tête des nations. Tantôt au Sud, tantôt au Nord, les Pharaons combattaient pour une civilisation dont ils étaient en quelque sorte l'incarnation. Sous les Ptolémées, l'Égypte est descendue de ce rang suprême. Ce n’est plus elle qui se montre la première entre tous les peuples; ce n'est plus elle qui conduit l'humanité comme aux temps des Thoutmès. Sous les successeurs de Ptolémée la scène a changé en se rapetssant. L'histoire de l'Égypte se traine dès lors der rière l’histoire de la Grèce. Quant aux événements politiques qui marquent cette période, ils se résument tous dans des compétitions au trône, dans des rivalités de femmes, dans des luttes presque sans gloire pour la possession de la Syrie et des iles orientales de la Méditerranée. — Malgré cet état relatif d’infériorité, les Ptolémées ont cependant bien mérité de l'Égypte, et leur nom tient une place honorable parmi ceux de tous les rois qui ont successivement régné sur ce pays. Cette popularité, les Ptolémées l’ont due en premier lieu à l'extrême tolérance dont nous avons déjà parlé, Loin d'imposer aux vaincus des usages étrangers qui n'auraient fait qu’entretenir chez eux des germes de rébellion, les Ptolémées, au contraire, maintinrent les antiques coutumes, et sans cesser d’être Grecs se firent Égyptiens, en s’honorant de l'être. Edfou, bâti tout entier par les Ptolémées, n'est-il pas à
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lui seul la plus magnifique preuve que nous puissions donner de cette sage modération? N'est-ce pas aussi un Ptolémée qui, après une campagne infructueuse sur le Tigre, rentra en Égypte rapportant avec lui plus de 25,000 statues égyptiennes enlevées auirefois par Cambyse? Une seconde cause, non moins efficace, a contribué à la renommée que les Ptolémées se sont acquise. A leur nom se rattache un grand mouvement intellectuel qui à eu son centre à Alexandrie, et qui, longtemps encore après eux, à exercé la plus décisive influence sur les destinées de l'Égypte. On sait déjà que c’est un Ptolémée qui a ordonné à Manéthon décrire en grec les annales historiques de son pays; c'est aussi sous un Ptolémée que fut faite la traduction grecque des livres sacrés des Héhreux connus sous le nom de version des Septante. D'autres créations plus importantes encore ont rendu célèbre la mémoire des Ptolémées. Cette splendide bibliothèque, qui contenait, dit-on, dans 400,000 volumes, toute la littérature romaine, zrecque, indienne et égyptienne, fut fondée. Sous les Ptolémées parut aussi le Musée, qu’on regarde, à juste titre, comme la première académie du monde. Enfin, en faisant de leur capitale le rendez-vous de tous les grammairiens, de tous les savants, de tous les philosophes, de tous les esprits éclairés de leur temps, les Ptolémées jetèrent les premières bases de cette grande école d'Alexandrie qui, quelques siècles plus tard, disputera le monde au Christianisme naissant. Comme on le voit, autant le rôle des Piolémées a été modeste dans la politique et dans la guerre, autant ces princes se sont illustrés par cet amour des lettres et des sciences qui fut pour ainsi dire le génie de leur race. Malheureusement, le temps n’est plus loin où l’un de ces princes, Ptolémée Alexandre, mourant sans enfants, disposera de l'Égypte comme l'une ferme, et par testament léguera la patrie de Ramsès au peuple romain. Les ruses de la belle et artificieuse Cléopâtre reculeront en vain de quelques années l’exécution du contrat fatal. César et Antoine, subjugués par les charmes de la trop fameuse reine, prêteront en vain leur appui à celle qui peut encore faire
revivre le sang des Ptolémées. Cléopatre meurt, et après elle, le testament de Ptolémée Alexandre doit avoir son plein effet. En l'an 30 avant J.-C., l'Égypte n’est donc plus même un royaume, et désormais elle ne comptera parmi les nations que comme une province de cet immense empire dont Rome était la capitale.