‹ Aperçu de l'histoire ancienne d'EgypteChapitre 16 sur 20 · XVII: Pasteurs · texte numérisé non relu

XVII: Pasteurs

XVIIIe Thèbes.

XIX° Thèbes.

XX° Thèbes.

XXIe Tanis.

XXIIe Bubastis.

XXIe Tanis.

XXIV° Sais.

XXVe Ethiopiens.

XXVIe Sais, XXVII< Perses.

XX VIII Saïs.

XXIXe Mendès.

XXX° Sébennytès.

XXXIe Perses,

Fin des Lisles, Selon Manéthon.

XXXII Macédoniens.

XXXLI° Grecs.

XXXIV® Romains.

Harabat-el-Madfouneh Idem Myt-Rahyneh.

Idem Idem Gezyret-Asouan.

Myt-Rahyneh.

Idem Ahnas-el-Medineh.

Idem Medynet-Abou.

Idem Idem Sakha.

San.

Idem Idem Medynet-Abou.

Idem Idem Sün.

Teil-Basta.

San.

Sä-el-Hagar.

Sà-el-Hagar.

Sä-el-Hagar.

Aschmoun-er-Rouman.

Samanhoud.

Éoir DE TéoposE

Avant J.-C.

Après J.-C.

Il n’y a personne qui ne soit frappé de l'énorme total auquel l'addition des dynasties de Manéthon nous fait arriver. Par la liste

DR, de

du prêtre égyptien, nous remontons en effet jusqu'aux temps qui passent pour mythiques chez tous les autres peuples, et qui sont ici certainement déjà de l’histoire.

Embarrassés par ce fait, et, d’ailleurs, ne trouvant en aucune façon à mettre en doute l'authenticité et la véracité de Manéthon, quelques auteurs modernes ont supposé que l'Égypte avait été, à diverses périodes de son histoire, partagée en plusieurs royaumes, et que Manéthon nous donne comme successives des familles royales dont le règne en définitive aurait été simultané. Selon eux, la V** dynastie, par exemple, aurait régné à Eléphantine en même temps que la VF" gouvernait à Memphis. — Les avantages de ce système n'ont pas besoin d’être démontrés. En rapprochant certains chiffres, en en corrigeant d’autres, on peut, avec un arrangement ingénieux et même savant des dynasties, raccourcir presque à volonté les listes de Manéthon, et c’est ainsi que là où, dans le tableau précédent, nous arrivons à l’année 5004 avant notre ère pour la fondation de la monarchie égyptienne, d’autres auteurs, comme M. Bunsen, ne font remonter le même événement qu’à l’année 3623.

De quel côté est la vérité? Plus on étudie cette question, plus on s'aperçoit qu'il est diflicile d’y répondre. Le plus grand de tous les obstacles à l'établissement d’une chronologie égyptienne régulière, c'est que les Égyptiens eux-mêmes n'ont jamais eu de chronologie. L'usage d’une ère proprement dite leur était inconnu, et jusqu'ici on ne saurait prouver qu’ils aient jamais compté autrement que par les années du roi régnant, Or, ces années étaient loin d'avoir elles-mêmes un point initial fixe, puisque tantôt elles partaient du commencement de l’année pendant laquelle mourut le roi précédent, tantôt du jour des cérémonies du couronnement du roi. Quelle que soit la précision apparente de ses calculs, la science moderne échouera donc toujours dans ses tentatives pour restituer ce que les Égyptiens ne possédaient pas. — Au milieu de ces doutes, je crois que ce qui nous éloigne encore le moins de la vérité, c’est l’adoption pure et simple des listes de Manéthon. Je

suis bien loin de prétendre que, de Ménès aux empereurs, l'Égypte ait toujours formé un royaume unique, et peut-être des découvertes inattendues prouveront-elles un jour que, pendant toute la «durée de ce vaste empire, il y eut encore plus de dynasties collatérales que les partisans de ce système n’en admettent aujourd'hui. Mais tout porte à croire que le travail d'élimination est déjà fait dans les listes de Manéthon, telles qu’elles nous sont parvenues. Si en effet ces listescontenaient encore les dynasties collatérales, nous y trouverions, avant ou après la XX{®°, la dynastie des grands-prêtres qui régna à Thèbes pendant que cette XXI” occupait Tanis ; nous aurions de même à compter avant ou après la XXI les sept ou huit rois mdépendants qui furent ses contemporains, et qui devraient, si Manéthon ne les avait éliminés, ajouter autant de familles royales successives à la liste du prêtre égyptien ; de même la dodécarchie compterait au moins pour une dynastie qui se placerait entre la XXVw* et la XX VI, etenfin les rois thébains, rivaux des Pasteurs, prendraient leur rang avant ou après la XVII®%, Ï] y eut donc incontestablement en Égypte des dynasties simultanées ; mais Manéthon les a écartées pour n’admettre que celles qui furent réputées légitimes, et elles ne sont plus dans ses listes. Autrement, ce n’est pas 31 dynasties que nous aurions à compter dans la série des familles royales antérieures à Alexandre ; c’est jusqu'à 60 peut-être qu'il faudrait monter pour en exprimer le nombre. D'ailleurs, en supposant même que Manéthon n'ait pas voulu faire cette élimination, comment admettre que les abréviateurs de Manéthon, tous plus ou moins intéressés à raccourcir ses listes, ne l’aient point faite euxinêmes, alors que par le texte de l’ouvrage qu'ils avaient sous les veux ils en possédaient les moyens ? Tout se réunit donc contre le système des dynasties collatérales, et j’attendrai pour y croire qu'une seule fois les monuments nous aient fait connaître comme simultanées deux des familles royales qui figurent dans les listes de Manéthon comme successives. Je dirai plus : je regarderai l’introduction du système des dynasties partielles dans Manéthon

comme l'invention d’une ingénieuse érudition tant qu'on n'aura pas renversé les preuves par lesquelles les monuments eux-mêmes établissent que celles de ces familles royales qu’on regarde le plus souvent comme collatérales ne le sont pas. J'en citerai deux exemples. Dans la plupart des systèmes, la V®® dynastie règne à Éléphantine pendant que la VI"° règne à Memphis. Si la vérité de ce fait historique était admise, chaque dynastie aurait eu ainsi son territoire propre, et il s'ensuit qu'aucun monument de la V®° dynastie ne doit se trouver sur le territoire de la VI, et réciproquement. Or, nos fouilles nous ont fait découvrir des monuments de la Vw® dynastie (Éléphantine ) à la fois à Éléphantine et à Sakkarah, et des monuments de la VI" ( Memphis ) à la fois à Sakkarah et à Éléphantine, Si l’on en croyait les auteurs de ces mêmes systèmes, la XIVe dynastie, originaire de Xoïs ( Sakha , dans le Delta) aurait été contemporaine de la XI", originaire de Thèbes (Haute-Égypte). Mais les colosses de la XIHI®° dynastie que nous avons trouvés à Sàn, à quelques kilomètres seulement de Sakha, ne prouvent-ils pas que la dynastie Thébaine qui les fit élever possédait la Basse-Égypte ? Comme on le voit par ces détails, le système des dynasties collatérales a donc bien des présomptions contre lui. Je ne donne pas pour cela le tableau développé plus haut comme le dernier mot de la science ; sans aucun doute, bien des chiffres de détail sont à corriger; mais j’admets que les 31 dynasties de Manéthon nous présentent, sans juxtaposition de dynasties collatérales, le nombre des séries royales enregistrées comme légitimes et successives dans les annales officielles de l'Égypte avant Alexandre.

Reste la question des dates proprement dites. Sur ce point, je pe puis que répéter ce que j'ai dit dans l’Introduction de la Notice sommaire du Musée de Boulaq :

« Quant à la date absolue à assigner à chacune de ces familles royales et par suite aux monuments contemporains, je dois averir que, pour toutes les dates antérieures à l’avénement de Psammnitichus [°° (665 avant J.-C., XXVI® dynastie), il est impossible

de donner autre chose que des approximations qui deviennent de plus en plus incertaines à mesure qu’on remonte le cours des àges. La chronologie égyptienne présente en effet des difficultés que personne jusqu'ici n’a réussi à vaincre. L’habitude de compter par les années du roi régnant a toujours été un obstacle à l’établissement d’un calendrier fixe, et rien ne prouve que les Égyptiens aient jamais fait usage d’une ère proprement dite. Au milieu de ces ténèbres, c’est encore Manéthon qui est notre meilleur guide. Malheureusement, dès qu’on jette les yeux sur ce que certains écrivains chrétiens nous ont conservé de son œuvre, on aperçoit des traces manifestes d’altération et de négligence. Les noms propres sont souvent défigurés, quelquefois transposés. Les chiffres surtout manquent de précision, et varient selon que l'extrait consulté nous est fourni par Eusèbe ou par l’Africain. Bien plus, les totaux enregistrés à la fin de chaque dynastie ne représentent que bien rarement l'addition des règnes compris dans cette dynastie. Dans l’état où les listes de Manéthon nous sont parvenues, nous ne trouvons donc pas un moyen de fixer sûrement les dates dont nous avons besoin. Je sais qu’on a cherché à rendre aux listes de Manéthon le crédit qu’elles ont perdu comme instrument de chronologie en y rattachant quelque synchronisme incontesté. Le moyen en effet serait infaillible. Étant donné un phénomène céleste, le lever héliaque de Sirius, par exemple, rapporté à une date de l’année d’un règne mentionné dans Manéthon, il est évident que, par un calcul rétrograde facile aux astronomes, on peut déterminer, en année julienne, la date du phénomène, et, par conséquent, celle du règne qui le vit s’accomplir. En ce point, les efforts de la science ont été aussi loin que possible, et les beaux mémoires de M. Biot et de M. de Rougé resteront comme des monuments de sagacité et de pénétration. Mais, pour que ce résultat ne puisse être contesté, il faudrait, en premier lieu, qu’en mentionnant un lever d'étoile célébré comme une fête dans un temple, les Égyptiens aient voulu parler d’un lever effectivement observé ; en second lieu, que, le fait de l’obser-

vation une fois reconnu, ils aient pu, à cette époque, se débarrasser de toutes les causes d’incertitudes qui s’attachent à une opération faite avec les yeux et sans le secours d'instruments. Or, sur cette dernière question, on lira les remarques que suggère à M. Biot lui-même ce qu’il appelle son puritanisme scientifique. Les synchronismes assyriens et bibliques, au moyen desquels on avait aussi espéré consolider les listes de Manéthon, ne se sont pas mieux prêtés à l’œuvre dont nous parlons. Que Moïse ait vécu sous Ramsès IT et que Ménéphtah soit le Pharaon de l’Exode, c’est là un fait désormais acquis à la science, mais qui ne nous est d'aucun secours quant à la chronologie de la XIX"* dynastie, puisque la Bible ne nous donne que des renseignements contradicloires sur la durée de la période des juges et par suite sur l’époque qui vit Moïse se mettre à la tête du peuple hébreu. Des difficultés presque aussi insurmontables nous arrêtent dès que nous essavons d’assigner une date au synchronisme de la prise de Jérusalem par Sésac, premier roi de la XXIe dynastie. La chronologie des Rois n’est pas plus précise que l’année du règne de Sésac, qui fut celle de l'envahissement de la Judée, et il nous faut descendre jusqu’au commencement de la XXVI®*° dynastie pour rencontrer la limite des chiffres exacts (665 avant J.-C.) Restituer aux listes de Manéthon l'élément chronologique que les altérations des copistes leur ont enlevé est donc une œuvre impossible, et on voit par là qu'autant la science se sent aujourd’hui assez forte pour affirmer qu'un monument appartient à telle ou telle dynastie, autant elle fait acte de conscience en refusant de se prononcer sur la date absolue à laquelle ce monument remonte. Le doute en pareille matière augmente à mesure que l’on s'éloigne des temps voisins de notre ère, au point que, selon les systèmes, il peut \ avoir jusqu'à deux mille ans de différence dans la manière de compter l'âge de la fondation de la monarchie égyptienne. »

S Il MONUMENTS

Il n’est pas de pays, en dehors de l’Égypte, dont l’histoire puisse être écrite sur le témoignage d'un plus grand nombre de preuves vraiment originales. On trouve en effet des monuments égyptiens, non-seulement en Égypte, mais encore en Nubie, au Soudan, et jusqu’à Beyrouth. A cette série déjà si nombreuse il faut ajouter la quantité considérable d'objets antiques qui, depuis 50 ans, sont passés en Europe pour y former les Musées que presque toutes les capitales possèdent. Enfin, on comptera comme une source non moins abondante de matériaux à employer la collection conservée dans le Musée dont la libéralité de S. A. Ismaïl-Pacha a, depuis peu de temps, doté la science.

Faire connaître les principaux d’entre ces monuments dans leurs rapports avec l'histoire d'Égypte est le but de ce paragraphe. Je présenterai donc quelques détails : 4° sur les monuments égyptiens qui ont un intérêt général pour l’histoire; 2 sur les monuments qui se rattachent plus spécialement à une dynastie, nous la révèlent et servent pour ainsi dire à en certifier l'existence.

Les monuments principaux qui ont un intérêt général pour l'histoire sont les suivants :

.4° Le premier est un papyrus conservé au Musée de Turin, auquel il a été vendu par M. Drovetti, Consul Général de France. Si ce papyrus était intact, l'égyptologie ne posséderait pas un monument plus précieux. On y trouve en effet une liste de tous les personnages mythiques et historiques qui ont régné sur l'Égypte depuis les temps fabuleux jusqu’à une époque que nous ne pou-

\ons apprécier, puisque nous ne possédons pas la fin du papyrus. Rédigée sous Ramsès IT, c’est-à-dire à l’une des belles époques de l’histoire d'Égypte, cette liste a tous les caractères d’un document officiel, et nous serait d’un secours d'autant plus efficace que chaque nom de roi y est suivi de la durée du règne et qu’après chaque dynastie intervient le total des années pendant lesquelles cette dynastie a gouverné les affaires de l'Égypte. Malheureusement, l’incurie des fellahs qui l'ont découvert, l’incurie plus grande encore de ceux qui l’ont envoyé en Europe, ont porté au Papyrus royal de Turin le coup le plus funeste, et cet inappréciable trésor, manié par des mains inhabiles, n’existe plus qu’en : minimes fragments (on en compte 164) qu’il est le plus souvent impossible de rapprocher. D'une incomparable valeur s’il était entier, le papyrus de Turin à donc perdu presque tout crédit, et on ne le trouve que bien rarement cité dans les ouvrages qui traitent d'égyptologie.

2 Un autre monument précieux a été enlevé du temple de Karnak par M. Prisse et donné à la Bibliothèque Impériale de Paris. Ce monument est une petite chambre sur les parois de laquelle on a représenté Thoutmès IL faisant des offrandes devant les images de 61 de ses prédécesseurs; on l'appelle la Salle des Ancêtres. Ici, nous n'avons plus affaire à une série régulière et non interrompue; un choix à été fait par Thoutmès III parmi ses prédécesseurs, et à ceux-là seuls il adresse ses hommages ; mais quelle est la raison de ce choix? A première vue, la Salle des Ancêtres ne peut donc être traitée que comme un extrait des listes royales d'Égypte. Le rédacteur, guidé par des motifs qui nous échappent, . a pris çà et là quelques noms de rois, tantôt acceptant une dynastie entière, tantôt écartant absolument de longues périodes. Notons, en outre, que l'artiste chargé de l’ornementation de la salle en a conçu le plan au point de vue de la décoration, sans se soucier de donner partout aux figures qu’il employait un ordre strictement chronologique. Enfin rappelons-nous que de regrettables mutilations (12 noms royaux manquent) font perdre à la liste de Paris une

me —

partie de son importance. Il s'ensuit que la Salle des Ancêtres n'apporte pas à la science tout le secours qu’on semble en droit d'attendre d'elle. Elle nous à cependant rendu le service de préciser mieux qu'aucune autre liste les noms portés par les rois de la XIIIve dynastie.

3° Le monument appelé la Table d'Abydos est à ajouter à la série de ceux que nous énumérons ici. Comme son nom l'indique, ce monument provient d’Abydos, d'où il a été enlevé par M. Mimaut, Consul Général de France; il fait aujourd’hui partie des richesses conservées dans le Musée Britannique. Il n’y a peut-être pas dans toute l'archéologie égyptienne un monument qui soit plus célèbre, et qui mérite moins sa réputation. L’hommage aux ancêtres est fait cette fois par Ramsès Il. Originairement les cartouches cités (à part ceux du dédicateur lui-même qui sont répétés 28 fois) étaient au nombre de 50 ; il en reste 30 plus ou moins complets. Comme la Salle des Ancêtres, la Table d’Abydos nous offre donc une liste qui est le résultat d’un choix fait sous l'inspiration de motifs que nousne connaissons pas. Une autre cause nuit, d’ailleurs, au crédit dont la Table d’Abydos pourrait jouir dans la science : nous n’en possédons pas le commencement. Après la XVIIe dynastie, cette liste passe sans transition à la XII"* ; mais à quelle dynastie rattacher les 14 cartouches inconnus que le monument place au delà de la XH®°? Appartiennent-ils aux plus anciennes familles royales, ou doit-on s’en servir pour combler une partie du vide monumental qu’on remarque entre la Vi” et la XI"*? La Table d’Abydos n'est donc pas une de ces autorités qui, comme aurait pu l'être le Papyrus de Turin, servent à placer une pierre solide dans les fondements de la science : à l’époque où légyptologie naissait, elle a certainement aidé Champollion au classement des rois de la XVIHæ* dynastie; plus tard elle a servi de repère à M. Lepsius pour mettre à leur rang respectif les Amenembha et les Ousertasen, et par suite identifier ces rois à la XJIme dynastie de Manéthon ; mais la Table d’Abydos a dit par là son dernier mot, et il n'est pas probable qu'elle nous tienne encore en réserve une

de ces révélations qui servent si puissamment au progrès de nos études (1).

4° Le monument le plus complet et le plus intéressant que nous possédions en ce genre est celui qui provient de nos fouilles de Saqqarah et qui fait maintenant partie de la collection de Boulaq. Celui-ci n'a pas comme les autres une origine royale. I a été découvert dans la tombe d'un prêtre égyptien qui vivait sous Ramsès II, nommé Tounar-1. Dans les croyances égyptiennes, un des biens réservés aux défunts qui avaient mérité la vie éternelle était d'être admis dans la société des rois. Tounar-i est ici représenté pénétrant dans l’auguste assemblée : cinquante-huit rois sont présents. Tous les doutes en présence desquels nous venons d’être amenés par la Table d’Abydos se reproduisent pour la Table de Sagqarah. Pourquoi ces cinquante-huit rois prutôt que d’autres ? Tant que ce problème ne sera pas résolu , la Table de Saqqarah ne jouira das la science que d’une autorité relative. 1] faut dire cependant que la liste du Musée de Boulaq a sur toutes les autres d’incontestables avantages : en premier lieu, nous en connaissons le commencement, et par là nous possédons au sommet de la liste un premier jalon fixe; en second lieu, entre ce jalon et la fin de la série, s'ajoutent çà et là, au moyen de cartouches antérieurement connus et classés, d’autres jalons intermédiaires qui donnent aux grandes lignes de l’ensemble une précision inconnue aux autres documents. C’est ainsi qu’au delà de la XVIIm* dynastie, de la XIIe et de la XI, nous arrivons en face des six premières dynasties que, par une fortune inespérée, nous trouvons presque

. (4) Il existe à Abydos deux temples élevés, le premier par Séti, le second par Ramsès, à la divinité du lieu. Une même série de rois, deux fois répétée sans changement, ornait ces deux temples. L'une est celle dont je viens de parler; l’autre a été. découverte par nous depuis l'impression des lignes qui précèdent, Cette seconde table, prototype du mouument de Londres, bien qu'admirablement conservée, m'ajoute pas grand’ chose à nos connaissances. Elle’ nous révèle quelques rois nouveaux; elle nous certifie le classement dynastique de quelques autres; mais elle est loin encore de nous livrer une série régulière et suivie de tous les rois qui ont régné sur l'Égypte, depuis Ménès jusqu'à Séti.

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