XXXIV-' Dynastie
Après cinq mille quatre cents ans de durée, l'Empire de Mènes succombe, et l'Egypte n'est plus désormais qu'une province de l' Empire Romain. Les préfets élèveront bien encore à Alexandrie quelques monuments parmi lesquels on comptera la colonne de Pompée; à Antinoë (aujourd'hui Cheykh-Abàdeli, province de Minyeh), Adrien bâtira toute une ville; il construira à Antinous, son favori, un tombeau digne des anciens rois; il fera précéder ce tombeau de sphinx et d'obélisques (l'un de ces obélisques est maintenant à Rome sous le nom d'obélisque Barberini) ; à Kalabscheh, à Dandour, à Dakkeh, à Philœ même, à Edfou, à Esneh, à Erment, à Denderah, les empereurs feront bien continuer l'œuvre des Ptolémées. A travers cette apparente prospérité, mille signes de décadence s'aperçoivent déjà. Le bel art des Khoufou, des Ousertasen, des Thoutmès, des Ramsès, des Psammitichus, devient de jour en jour plus grossier : les coutumes, la langue^ l'écriture, tout se modifie. Comme un vieillard que la décrépitude a frappé, l'Égypte s'avance en chancelant vers son dernier jour, et sous Théodose elle finit par succomber.
Le but que nous nous sommes proposé dans cet Appendice sera atteint si, après les détails que nous venons de donner, le
lecteur reste bien convaincu d'une chose : que l'histoire d'Egypte, si longue, si intéressante, si traversée d'accidents divers qu'elle soit, Cbt une histoire vraiment digne de ce nom, et que nulle peut-être n'a pour elle un ensemble plus complet de preuves monumentales.