‹ Aperçu des résultats de la statistique comparée du commerce extérieurChapitre 20 sur 22 · OKI · texte numérisé non relu

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monte à 409, la Presqu'île Scandinave à plus de 500, la Russie à plus de 700, c'est que ces États avaient à peine commencé le leur en 4869.

On aurait une idée plus juste de l'utilité procurée par les chemins de fer en calculant, comme le font d'ordinaire les statisticiens, le rapport du nombre de kilomètres de chemins de fer à la superficie et au nombre des habitants d'un pays que l'on trouve dans une publication du Ministère des travaux publics.

Ainsi, en 1904, la France possédait 8,4 kilomètres par myriamètre carré, et 11,6 par 10 000 habitants. Au-dessus d'elle étaient la Belgique avec 23,1 kilomètres par myriamètre carré et 10 par 10 000 habitants, le Luxcmbouriï avec 17,9 et 19,6, la Suisse avec 10 et 12, i kilomètres, ]jlusieurs Ktats allemands ayant de 19,8 (Saxe) à 9,.i (Bavière) kilomètres par myriamètre carré et de 11 ,4 (Bavière) à 6,8 (Saxe) par 10 000 habitants: petits Ktats à population dense qui ont, par cons('!quent, un taux beaucoup plus élevé relativement au (erriloirr qu'à la population. La Prusse pour 11,' tcri'itoire (9,4) est un peu au-dessus de la France el un peu au-dessous pour la population (9,6) ; le Royaume-Uni aussi (ll,ri et 8,7). Les autres Fatals sont audessous : Autriche-Hongrie (5,7 et 8,2), Italie (5,6 el .5), etc. La Russie n'arrive qu'à 0,0 et 4,0.

Le nombre des tonnes transportées est, au point de vue de l'activité conunerciale, plus significatif que le nombre des kilomètres construits. Nous ne possédons pas ce renseignement dans un assez grand nombre de pays pour établir la proportion d'accroissement depuis 1869. Le nombre des tonnes (année 190.i) divisé par le nombre des kilomètres de voies ferrées doime du moins une idée de l'activité actuelle (') : 2 956 tonnes pour la France par kilomètre, l.:{021 pour la Belgique, 12 384 pour l'Angleterre, 6984 pour l'Empire allemand. Les autres États ont un trafic kilométi'ique inférieur à celui de la France : Pays-Bas 4 282, Prusse et Russie 2 795, etc.

Poste. — En second lieu, les transports par la poste. L'accroissement est considérable en Allemagne (878 "/„) ; beaucoup plus encore dans la Presqu'île Scandinave et la Russie; ces deux dernières régions avaient encore peu de moyens de communication perfectionnes en 1869. La France, avec l'indice 255, n'est pas dans les premiers rangs sous ce rapport.

Navigation maritime. — Elle ne l'est pas non plus sous le rapport du progrès de la navigation maritime avec l'indice 267. La Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, la Suède, la Russie passent avant elle, tandis que le Royaume-Uni, l'Empire allemand, les Etats-Unis, etc., restent derrière. 11 n'est pas nécessaire d'insister pour faire comprendre que ces rapports cori'espondent peu au véritable développement des transports maritimes et qu'il faudrait expliquer pour chaque Etat les causes spéciales du taux ([ui lui est assigné.

Commerce extérieur comparé de 1869 à 1904. — Les colonnes essentielles du tableau sont celles (jui se rapportent au commerce extérieur. C'est pourquoi, à raccroissemcnt i)our cent de 1869 à 1904, nous avons joint le commerce par tête pour l'une et l'autre année.

Dans la comparaison des totaux du conunerce extérieur en 1869 et en 1904, la

1. Le nombre de tonnes transportées, en 1903, est extrait des Aperçui statistiques internationaux de M. Si!Ni>iiïii6. C'est la première fois que l'auteur a douné (en 1906) de son recueil statistique une édition française, laquelle est plus, complète que les éditions précédentes en suédois.

France présente un progrès très inférieur à celui des autres Etats : 42 "/„. C'est moitié moins que l'Angleterre et dix fois moins que les Pays-Bas (dont la statistique, avons-nous dit, confond en partie le commerce général avec le commerce sjtécial et dont le transit pour l'Allemagne s'est très grandement dévelopi)é) ; c'est cinq fois moins que pour la Belgique, les Etats-Unis, la Suède, l'fi^spagne, etc.

Mesuré par tête, le progrès apparaît très grand pour les Pays-Bas (270 "/o), l'Es- |)agne (175 "/>.), la Belgique (124 "j^), les États Scandinaves (Suède, 176 °/o; Norvège, 100 "/„; Danemark, 108 l'Autriche- Hongrie (83 "/„), les États-Unis (81 °/o), l'Italie (61 la République argentine (58 °/„). En France, il n'est guère que de '0"/„ : 164 IV. ])ar tête en 1869 et 229 en 1904. Cependant il esl à remarquei- que, 1.1 population de la France ayant [)roporlioiniellement moins auginejilé que celle d ' la plupart des autres Etats, ce coefficient se présente pour elle dans une condition relativement moins désavantageuse que celui du connnerce total. L'Angleterre est un peu au-dessous de la France avec un coefficient de 37 °/<,(397 fr. et 545 fr.). La Russie paraît être restée stationnaire.

Mais cette apparence d'avantage dans un tableau statistique provient d'un désavantage l'éel, puis(ju'il résulte de l'état presque stationnaii-e de la population française. Il serait en effet bien difficile qu'un peuple qui, en trente-cinq ans, a augmenté à peine de 3 "/„ eût accru la somme de ses échanges dans la même proportion qu'un peuple qui, comme en Allemagne, a augmenté de plus de 50

La France avait été, sous ce rapport, mieux partagée dans la période trenlenaire précédente, 1850-1869. Elle tenait la tête (le Danemark excepté), dans l'ordre d'accroissement. La progiession de son commerce avait été de 231 "/„, cinq fois plus forte qu'elle n'a été de 1871 à 1904. L'accroissement des autres États d'Europe ne dépassait pas 200 °/o. Toutefois, relativement au coefficient du commerce par tête, la France n'arrivait qu'à la suite des Pays-Bas, de la Belgique, du Royaume- Uni, des États-Unis et même des États Scandinaves.

Quel que soit le degré d'accroissement, toutes les statistiques accusent, entre les années 1869 et 1904, une augmentation non seulement du commerce total de chaque Etat, mais aussi du conmierce par tête. Il est donc certain que l'activité commerciale des peuples a gagné en intensité : les relations internationales se sont développées. Une des causes de ce développement, la principale peut-être, est le progrès des moyens de communication, qui sont devenus plus nombreux, plus divers, plus rapides et plus économiques. Une autre cause est l'augmentation de la production des richesses, laquelle a augmenté la matière échangeable. Le i-ésultat a été bon ; l'accroissement de l'exportation a procuré plus de revenu aux exportateurs et aux producteiH's ; l'accroissement de l'importation (commerce spécial) a mis plus de matières à la disposition du travail industriel et plus de biens de jouissance à la portée de la consommation personnelle.

Il importe de remarquer que l'augmentation de ces matières et de ces biens est plus considérable que ne rindi(pient les valeurs du commerce, puisque, comme nous l'avons fait remarcjuer (page 7), pendant cpie les valeurs, de 1867- 1876 à 1906, augmentaient de 33,4 "/„, les poids, grâce à la diminution des prix (causée, il est vrai, pour quelques marchandises, mais non pour la majorité, par une diminulion de la qualité), augmentaient de 117,6 7„ et qu'ainsi le bénéfice de la consommation industrielle ou individuelle a été pour le moins triple de l'indice tiré de la valeur.

F^a comparaison du conirnei'co par tète daii^ divers Étals mosure-t-elle l'importance relative de l'activité commerciale des individus dans chacun de ces Etats? Non ; car, à éiialité d'activité àr. commerce intérieur et extérieur, les petits Vlats ont nécessairement ini coefficieni |)ar tète plus fort ({ue les grands Ktals, parce ([u'ils sont plus fiéquemment obligés de franchir leur frontière, trop resserrée pour leurs ventes el Icui s ach.ds. Si toute l'Europe formait un seul État ou une imion douanière; sans (|ue pour cela la nature et la nuantité totale des échanges de ses habilanls fussent modiliées, le commerce extérieur par tête baisserait beaucoup, puisipTil n'y aurail i)liis d'enregistrement au passage d'une frontière. C'est uni! considi'ralion i;u'il ne faut pas oublier (piand on apprécie le commerce d'un grand pays, connue les Istats-Unis ou la Russie.

Autre ([uestion. L'augmentation du commerce extérieur peut-elle être prise pour la mesure de l'augmentation générale de la richesse? Certes non. Le commerce exti-rieur csl un des modes de l'activité économique, mais chaque mode, tout en étant lié par des rapports étroits avec les autres modes, a son allure particulière. Il n'existe pas d'inventaire direct de la fortune des peuples, ni de mesure géjiérale et exacte de cette fortune ; les statisticiens s'efforcent d'en calculer approximativement la valeur par des moyens indirects.

Toutefois, le connuerce e?ctérieur est un indice du mouvement de cette richesse, un des plus régulièrement cnr<!gislrés c^t, malgré toutes les criti([ues (ju'on est en droit d'adresser à la statistiqtie qui le constate, il est un des plus instructifs. C'est pourquoi nous avons essayé de l'interroger.

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