PLANTES CÉRÉALES GRAMINÉES
Blè (Triticum sativum, Linn.), Gameh, Kontah.
Dès la plus haute antiquité, l’Égypte fut renommée pour ses blés. Elle eu fournissait abondamment la Grèce et l’Italie; Tacite l’appelait le grenier de Rome. Mais depuis, des cultures plus variées se sont partage son sol, elle blé n’en forme plus la principale production.
On a beaucoup exagéré le produit du blé égyptien, en le portant, comme l’ont fait quelques écrivains, à 30, 60 et même 100 pour cent; en réalité, il ne rend moyennement que du 13 au 20. Il est des années d’abondance ou des localités favorisées, dans lesquelles cette proportion est dépassée, et qui donnent jusqu’à 23, 30, 40 même.
Les blés de l’Egypte sont d’assez bonne qualité. Ceux de la haute sont les plus renommés. Les tiges ne s’élèvent pas à plus de deux pieds et demi de hauteur. Le chaume qui les forme est gros et solide ; il est surmonté en général d’un épi bien fourni. L’Egypte
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ne produit que du blé barbu. Inutile de dire qu’on en compte plusieurs variétés, qui se distinguent par la couleur du grain, par sa forme, par sa dureté.
Gros blé (Triticum turgidum), Gameh arabij.
Orge (Hordeum vulgare), Châyr .
Tandis que le blé demande une terre substantielle et humide, l’orge se contente au besoin d’un sol sablonneux. Il rend en moyenne du 5 au 12. On donne assez communément le grain d’orge aux chevaux. Sa farine, mêlée à celle du froment, sert quelquefois ci faire du pain. On fabrique au Caire de l’amidon que l’on tire de l’orge, ainsi que du blé et du riz.
Dourah (Sorghum vulgare, Linn.), Dourah.
Cette céréale est cultivée eu grande quantité. Elle demande peu de culture, et n’a pas besoin du secours des arrosements. Elle donne du 15 au 40. Sa tige s’élève jusqu’à huit ou dix pieds. La farine du dourah est la ressource des fellahs : ils en font un mauvais pain, légèrement acide au goût, qu’ils préfèrent au pain de froment. Le chaume du dourah sert de combustible dans les fours à chaux ; on en forme des cloisons, on en couvre des terrasses; les Arabes s’en servent aussi pour se construire de petites cabanes.
Les Arabes donnent au dourah vulgaire l’épithète de leyfy, qui signifie d’été, parce qu’il est semé à la fin de mars. Une autre variété de cette céréale est cultivée eu automne; elle a le nom de Dourah blanc (Sorghum ccrnuum, Linn.), Dourah A’ auâgch.
Mais (Zea Mais, Linn.), Dourah Chamjr.
Le nom de Chamy a été donné au mais parce qu’il a été apporté de Syrie ( Chain en arabe). Son grain est
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jaunâtre et plus gros que celui du dourah du pays. On en fait deux récoltes par an, l'une en été, l’autre en automne. Les fellahs coupent les épis à demi mûrs, les font rôtir et s’en nourrissent. La farine du maïs donne un pain meilleur que le dourah. Il rend quelquefois jusqu’au 14.
Millet (Sorghum saccharatum, Linn. ), Dokn.
— ( Panicum miliaceum, Linn. ) —
— (Pennisetum typhoïdeum. ) —
Riz (Oryza saliva), Orz, Rouz.
Plusieurs auteurs ont pensé que le riz avait été inconnu aux anciens Égyptiens; d’autres ont discute l’opinion contraire. Mais il parait probable en effet que l’Egypte ne produisit pas de riz pendant l’antiquité, si l’on considère que les monuments, sur lesquels on trouve figurés le blé et l’orge, ne contiennent aucune trace de cette céréale. Les Arabes sans doute l’ont apportée des Indes.
La culture du riz demande des terrains bas et li moneux : aussi n’est-elle pratiquée que dans la basse Égypte. Les environs de Damiette et de Rosette produisent celui qui est le plus apprécié. Lorsque le riz a été récolté et entièrement préparé pour la con- •sommation , on le mêle avec du sel marin sec : grâce à cette précaution , on peut le conserver assez longtemps.
Depuis Méhémct-Ali la culture du riz a étéinlroduite dans quelques provinces du Sennaar.
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