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q«e camper àstns leurs pc^sessîoHS ; nous avons vu^ en parlafBt des fiaœor&des musoliBans, que cette a€k sertion n'est pas seulement une métaphore, cju'elle est encore vraie à^xiB son aeeeptîon propre.
Les OsmmïKs n'ont donné à Tempire qu'ils oi^t fondé aucun élément de durée. Us ont livré au caprice du kasard ou à Faribîtraire de la force leurs instituttoiis administratives et militaires ^ si Ton peut appeler der ce nom une organisation grossièrement ébaucbéer lls^ n'o9^t pas compris que, pour prendre de solides racines dans leurs nouvelles conquêtes, il ne s'agissait pas seulement d'occuper le sol , mais surtout d'en absorber en eut les habitants par la fusion des religions , des institutions, des races. Les barbares qui €^ivahirent l'Europe: lors* de la chulede l'empire romain se convertirent à la religion dea iaincus,r inspirère»t leufs> code» de léuc législation, s'assimilèrent leur langue, et de cette fusioa féccMide, viv^ée par l'i»cubatioa du temps ^ sont sortis, avec notre étai social actuel et les^ progrès modernes, les génie» divers des nalionealités européennes. Les Ottoiïfêm^, a^i contraire, inSaiIoés de bi supériorité de leur crojmiee, ne firent aucune concession aux vain- ^eus, qu'ils tinrenl humiliés sou» leur )oug, el de* meurèrent complètement séparés d'eux. 11 n'y eut donc pas, dans l'empire turc, combinaison d'un élé- * ment de fbree> d'énergie vivacc , promesse d'avenir, apportée par les conquérants , et d'un élément de eivilisailiion^ héritage dupasse, conservé par tes vaiii- -Gusji il n^y ent pas, commig cela s'était passé en Eu*
DES AUTRES HABITANTS DE l'ÉGYPTE. f47
rope, SRI raoyen-ége, infusion d'un sàng neuf et généreux dans un corps d*oii la vie s'en allait; mais il y cntjuxta*position stérile d'an élément barbare immobiliisé dans sa présomptueuse ignorance, à côté des ruines d'une société détruite par une décadence de plusieurs siècles.
Ainsi établi, l'empire ottoman s'était fermé toute voie au progrès , il n'avait aucune garantie intrinsèque de durée. Il renfermait deux races placées en présence l'une de l'autre^ en contact quotidien, mais avec des intérêts contraires , des mœurs différentes, des idées opposées, se méprisant ou se haïssant. Il n'y avait pas dans l'empire un peuple unique, mais^ dans le même état, deux nations, dont l'une possédait, à défaut de la puissance dans le présent , la supériorité du nombre. — Or, l'unité nationale est la condftion exclusive de la vitalité des empires ; il n'y a d'avenir que là où elle se trouve.
Les conséquences que peut avoir la profonde division qui scinde en deux grandes parts les populations de la Turquie , ont frappé tous les esprits sérieux. « La population des rayas, dit M. Urquhart(l), a une importance et une puissance politique telles , qu'elle peut arrêter la régénération do l'OTfipire ottomanr »
Que l'on remarque la différence qu'il y a, sous ce rapport, entre l'Egypte et le reste de te Turquie. — L'Egypte n'a pas de dissensions intérieures à redou^ ter , elle ne peut craindre que la moitié de ses liab^-
(1) La Turquie et ses reesaurees, .
tants appelle à son aide Tinvasion étrangère pour renverser la domination de l'autre moitié. Je suppose qu'il y ait quelque raison dans les accusations que les ennemis de l'Egypte portent contre sa situation aétuelle; mais je veux qu'ils reconnaissent qu'elle forme une partie bien distincte de l'empiré ottoman, la seule partie qui ait de l'avenir , parce que c'est la seule dans laquelle on trouve l'unité de race.
Les rayas ne participent ni aux mêmes charges , ni aux mêmes avantages politiques que les musulmans. Ainsi, ils ne contribuent pas de leur personne à la défense du pays. En revanche, ils ne jouissent pas de l'égalité civile et paient des impôts particuliers , etc. Opérer un rapprochement entre les rayas et les musulmans en accordant à ceux-là l'égalité des droits, tel est le but que doit se proposer en Turquie toute politique prévoyante et qui veut sincèrement la régénération de l'empire ottoman. C'est vers ce résultat que parait tendre celui des conseillers du sultan qui se dislingue le plus par ses idées libérales, Reschid-Pacha. Je souhaite ardemment que les projets généreux dont le hatif-shérif de Gul-Hané a été l'expression, puissent être menés à bonne fm. Pour ma part , si j'avais à donner un avis au vice-roi d'Egypte , je lui conseillerais d'établir l'égalité civile et politique entre ses sujets musulmans et ses sujets rayas. Cette œuvre aurait pour lui moins de difficultés et d'embarras que pour la Porte ; car dans ses États les rayas sont bien moins nombreux , bien moins puissants, bien moins redoutables aux musul-
mans que dans le reste de la Turquie. Sa tentative serait très-utile comme expérience pratiquée sur une échelle peu considérable; elle préparerait le reste de l'empire ottoman à une révolution qui , dans son intérêt , doit s'opérer le plus tôt possible. Ici encore Méhémet-Ali prendrait l'initiative de l'exécution d'une mesure progressive et réformatrice , et commencerait pour la Turquie un nouvel ordre de choses. D'ailleurs il ne ferait que se continuer lui-même; il a déjà fait beaucoup pour l'émancipation des rayas en les admettant à remplir des charges importantes dans l'administration , et en choisissant parmi eux les préfets de ses départements.