‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 46 sur 110 · IL · texte numérisé non relu

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soient avec une rapidité étonnante^ il eut à trkimpher de beaucoup de désordres. Il fallait réprimer chaqiie jour de nouveau* vols, de nouvelles, querelles parmi les Arabes , et corriger de grandes fautes d'e&éeulion) dans les travaiuc ; il fiillai4 veilksr à tout et tout concilier. Mais peu à peu rinstruction des Arabes permit <de licencier la plus graade partie des Européens. DaAS les derniers, temps , tout se (aisait par les ouvriers d^ii pays ; it ne restait que qudques maîtres riKuaçais pour surveiller principalement Femploi des maliëres. La docilité dea Arabes., leur caractère obéissant et résigjaé, furent très-utiles à Ml» de Geriay.. àjO. Travaux , eonsiruetions et étahUssement de Vavsenal. — L'arsenal ayant été créé sur une plage sablcNfineusCy dépourvue de toutes sortes de bâtisses, il a fellit tout y construire. Les principaux travaux opérés isont : quatre cales en maçonnerie et les avantr cales piroloAgées en mer pour vaisseaux de premier rang, trois cales pour frégates et bâtiments inférieurs^ le magasin général pour le dépôt de toutes les muni* lions navales-, la corderie avec ses machines pour le commettage ; les ateliers de forge, de la serrurerte, de la taillanderie y de H^cani<qiae^ de la fonderie, de la ferblanterie, de la plonàberie, de la vitrerie, des instruments nautiques , de la poulier ie , de la vmlerie, de la garniture, de la tonnellerie; les ateliers pour les chaloupes et canots „ pour les cabestans, les gouvernails, le charronnage; la salle des gabarits, une salle de modèles devant renfermer tous les objets qui entrent dans Tarmement des vaisseaux pour Tin-

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struction des officiers, des hangars pour le dépôt et la conservation des bois de construction , les maff chines à eurer , un ponton de carénage.

Une manufacture de toiles à voiles était organisée à Rosette, où se trouvaient encore des ateliers de forges qui servaient dans les moments pressés. Les ateliera du Caire travaillaient également dans le même bat« Pour ne pas concentrer toute l'industrie dans vm seul endroit , M. de Cerisy lit instruire comme cor-» diers, des Arabes qui allaient ensuite dans les villages confectionner les fiU de caret dont on avait besoin pour le gréement des vaisseaux.

41. Navires de guerre mis en chantier. — Pe»* dant qu'on expédiait d'Europe les bois de construc* tion et les principaux matériaux nécessaires pour les vaisseaux , M. de Cerisy employa les ouvriers à Taehèvement de la frégate , de la corvette et du brick qu'il avait trouvés commencés, et qu'il était très-difficile de rendre susceptibles de devenir des bâtiments de guerre. Il mit en chantier une goélette qu'il lit exécuter avec une peine infinie, car il était obligé de montrer lui-même aux ouvriers les moindres dé^ tails de la construction; ce fut son école pratique.

Avec les premiers bois qui arrivèrent, il fit commencer un vaisseau de 100 canons, qui peu de temps après fut suivi de deux autres.

Voici le tableau des constructions opérées et des bâtiments réparés pendant |on séjour en Egypte ^

On fit complètement les- deux 'vaisseaux de premier rang, le Masr et VAcri. Ces bâtiments, des dimen

sions de nos trois ponts de France, n'ont cependant pas la quatrième batterie. Ils portent au premier pont 32 canons de 30 , longs , et sur les deux autres , 68 canons de 30, courts.

Les quatre vaisseaux de 100 bouches à feu. Mehallet-el'Kebiry Mansoura^ Scanderieh, Homs, ayant 32 canons de 30, longs, à la première batterie, 34 canons de 30, courts, à la seconde, et 34 caronades de 30 sur les gaillards.

Le vaisseau de 78 bouches à feu , Aboukir^ ayant 28 canons de 30, longs, à la première batterie, 30 canons courts à la seconde , et 20 caronades de 30 sur les gaillards.

La corvette Tantah, de 24 canons courts, de 32 anglais.

La goélette Azizièh, de 10 canons de 4.

Le cutter de plaisance , de 4 canons de 4. * Une bombarde.

Un transport pour les bois de mâture.

On armait le vaisseau de 86 bouches à feu , Beylariy ityant 28 canons longs de 30 à la première batterie , 30 courts à la seconde, et 28 caronades sur les gaillards.

Il y avait encore sur les chantiers deux vaisseaux de 100 bouches à feu de 30, YAlep et le Damas.

Une grande frégate de 60 bouches à feu de 30.

On voit que pour les grandes constructions de la marine égyptienne, M. Cerisy avait établi une uniformité de calibre, système plusieurs fois sollicité en Europe.

Les bâtiments de la flotte dont les réparations et

l'entretien exigeaient souvent plus de temps et de travaux que les constructions neuves, étaient :

Les frégates Bahirèlh, de 60 bouches à feu de 24, construite à Marseille.

Jafferieh , de 60 bouches à feu de 32 anglais , construite à Livourne.

Reschidy de 30 canons de 24, et 28 caronades de 36 , de Venise.

Capecheiky de 30 canons de 32 anglais, et 24 canons de 12 , construite comme transport à Arcangel, et achevée comme frégate à Londres.

Sirigihady de 60 bouches à feu de 24, construite à Livourne, et entièrement refondue à Alexandrie.

Damiathyeh, de 24 canons de 24, et 30 caronades de 18, gros bâtiment transformé en frégate à Alexandrie.

Mostagihad, de 28 canons de 18, et 28 canons de 12 , frégate algérienne donnée par la France.

Les corvettes de 22 caronades de 24, Djenna-Bahary de Gènes, Gihad-Beker de Gênes, Fouah d'Alexandrie , Pelenk-Gihad de Marseille.

Les grands bricks de 22 caronades, le Waginslon de Bordeaux, le Fulminant de Livourne, Feschné d'Alexandrie, Chain-Deria de Turquie.

Les petits bricks de 18 ou 16 caronades, Semend* Gihad de Marseille, ChabarGihad de la Ciotat^ le Crocodille de Marseille, Badi-Gihad d'Alexandrie, V Américain des États-Unis.

Quatre transports de 400 tonneaux.

Une frégate, un brick et un cutter turcs pris pendant la guerre.

Plusieurs petits bâtiments^

Un bâtiment à vapeur , le Nil de Londres

Dans la construction des navires de guerre, M. de Cerisy a pratiqué les améliorations réclamées depuis long-temps par les officiers français , et tout ce que son expérience dans les ports de France et ses obfiwvations en Angleterre lui faisaient considérer comme préférables aux usages établis. Les bâtiments ont été exécutés d'après ses plans.

On peut assurer que, grâce à la sagacité de M. de Cerisy, une grande partie des emménagements et des installations actuels des bâtiments français avaient été exécutés long^temps auparavant sur les bâtiments construits en Egypte.

42. Oîwriers arabes de V arsenal. — Tous les travaux ont toujours été exécutés par des Arabes qui ont montré une aptitude étonnante. Il y a eu con- Mamment à Farsenal de six à huit mille ouvriers indigènes. M. de Cerisy n'a pas eu à se louer des Turcs, que leur présomption et leur insubordination rendent peu propres à devenir bons Ouvriers. L'Arabe au contraire, soumis, obéissant, doux, apprend facilement ce qu'il voit faire. Ses yeux seuls le dirigmt, mais jamais son intelligence. Un simple tracé le guide mieux que tous les raisonnements possibles. Il oublie aussi vite qu'il a appris. Parvenu à un certain degré d'instruction^ il demeure slationnaire^ et a beaucoup de peine ensuite à se perfectionner. Les professions qui exécutent pour ainsi dire les objets d'après des formes constantes ou peu variables

Ismt oonvîe&i^eot parfaitemeDl. Ils sont d'excetteails jpoulîeurs, Yoiiiers, x^ordîers, nienirisiers^ ionn^iera, obarpentîers, perceurs , calfats. Hais quaad il fient suoâîfier les dimensions, inventer des formes, comme <eela «rrive souvent dans les aftetiers des iBachines, des forges, de la Axiderie, on me peut plus oompler «MT eux , ei on est obligé de les faire surveiller et diriger par des Européens. L'arsenal d'Alexandrie «n lûiit se faisait par des Arabes , et qui pouvait rivaliser avec tous les arsenaux du monde, prouve d'une «ftaoiière évidente ce qu'on ipeut obtenir d'eux. Les faomsies dn peuple en Eurc^ ne présenteraient jamais daAS le même temps des résultais aussi remarquabksu 43u Bassms de rmkmb. — Lorsque le vice- roi ^ jj^rès avoir £ait exécuter les plus ^ands vaissraux de guerre, sentit la nécessité d'avoir on ou plusieurs èflrssîns pour le radoub de sa flatte, M. de Gerisj kà fil OMtnattre toutes les difficultés que présentearaieEnt ces cettstractions , qui em £m*ope exigent les sotns wsidos des plus habiles ingénieurs et des ouvriers iesplus intelUgenls. Son projet d'arsenal indiquait deux bassins, quoiqu'un seul parût suffisant pottr rÉg}pte| mais M. de Cerisj dut se conformer aux désîi^ de S. A» Les travaux de l'arsenal, ou tout était à créer, les armements des bâtiments sans cesse pressés par rétat de guerre, ne lui permirent pas de coiiunencer l'ei^ution de ces bassins. Après bo% départ (4), tous les eforts tentés par divers ingé*

(1) Le général de Cerisy-Bey, comblé des faveurs du vice-roi , ma» voyant avec chagrin que l'es circonstances politiques et la guerre re-

nieurs échouèrent. Enfin, il y a deux ans, le viceroi s'adressa à la France pour avoir un homme capable de venir à bout de cette immense entreprise. L'administration des ponts -et -chaussées désigna M. Mongel, déjà connu par des travaux exécutés en France, et qui attachera son nom d'une manière brillante^à l'œuvre grande et difficile qu'il a commencée.

Les sérieux obstacles que rencontre l'exécution d'un bassin dans le port d'Alexandrie viennent de la nature du fond qui est vaseux jusqu'à une profondeur de soixante pieds sous l'eau. Il s'agit d'établir sur un pareil fond un récipient solide , imperméable , qui puisse contenir les vaisseaux de premier rang tirant vingt pieds d'eau. Si à cette hauteur on ajoute , les quatorze pieds de profondeur que doit avoir le radiez pour supporter le poids du vaisseau en carène, on voit qu'il faut bâtir un plancher en maçonnerie imperméable à trente-quatre pieds de profondeur sous l'eau ; ce qui ne peut avoir lieu sur un fond de vase fluide qu'au moyen de procédés particuliers.

tardaient pour long-temps encore rachèvement et Porganisation de l'arsenal auxquels il s'était consacré tout entier, fatigué de lutter sans cesse contre de nouvelles intrigues , peu satisfait de la conduite du ministère de la marine de France, qui était loin de tenir les promesses faites à son égard , a cru devoir abandonner le poste brillant qu'il occupait. Il a conservé avec reconnaissance le souvenir des regrets que le vice-roi lui témoigna à son départ, et satisfait d'avoir dans sa carrière exécuté d'importants travaux , il vil maintenant retiré à la campagne, consacrant ses loisirs à des études diverses et surtout à rhistoire naturelle.

M. Mongel n'a pas reculé devant les difficultés de cette tâche; il a soumis au vice-roi un plan simple, grandiose et dont Fexéculion est sûre. Voici ce qu'il proposé :

On bat des pieux dans remplacement du bassin , assez épais pour durcir le sol et assez longs pour atteindre le fond solide, afm de servir de piliers à la maçonnerie du bassin. Sur cet emplacement ainsi solidifié et entouré d'une ligne de pieux jonctifs , formant enceinte jusqu'au niveau des quais^ on coulera du béton ayant la propriété de durcir sous l'eau dans un court espace de temps, de manière à former un immense bloc de maçonnerie ou rocher artificiel. C'est dans ce massif qu'on creusera le bassin. On formera ensuite l'ouverture pour le passage des bâtiments par un bateau d'un genre particulier qu'on peut échouer ou enlever à volonté. C'est à peu de éhose près la méthode suivie dans la construction du nouveau bassin de Toulon , réduite à des règles plus simples et plus sûres.

Les travaux sont en pleine activité , et tout fait espérer que cet ouvrage sera promptement terminé. Les bois et les autres matériaux sont en magasin. Les machines à vapeur , destinées à l'épuisement du bassin, sont mises en place. Les dragues ont fini le creusement du fond. Le battage des pieux, qui semblait d'une exécution si difficile , se fait très-rapidement au moyen de machines construî* tes sous la direction de M. Mongol.

44. Lê$ marins et la floHe. — Après avoir improvisé une escadre , il fallut improviser des nârins. On forma sur le-cbaïap dix mille kommes au service maritime. On créa une école de navigation où roa plaça de |euiie$ Maiselouks destinés i remplir les cadres des officiers de la marine. Ici encore ce fureni les règlements de la France que Ton adopta; on donna à la hiérarchie du service la même échelle de grades que chez nous. Au reste les officiers francs furent chargés de l'armement des vaisseaux et de rinsCruction 4es équipages. Ceux ^ eatre tons , qui, dans la formation de ta «larine ^yptienne, prêtèrent au viceroi le concours le plus utile et le plus actif fureni JiM. BessoH-Bey^ dont TÉgypte regrette la mort prématurée, et M. Housard, qui continue auprès du vice-roi ses services distingués.

La rapidité féerique avec laquelle arsenal et escadre ont été créés a quelque chose qui frappe l'îlaagination et révèle la toute-puissance du génie. A quatre ans de distance, la côte, jusque là aride et nue, d'Alexandrie se trouva couverte par un arsenal complet, par des cales de vaisseaux, des ateliers, des magasins et unecorderiede mille quarante pieds de longueur (dimension égale à celle de la coriderie de Toulon). Au bout de quatre ans, une flotte de trente voiles était construite, armée, équipée, et, pour son coup d'essai, lancée à la poursuite d'une escadre turque.

Cette marine étonna dans peu de temps tous les gens du métier, soit par la précision de ses évolu-

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lions, soit par la bonne tenue des équipages et des^ vaisseaux. Les Arabes , peuplé msJléable et rempli d'excellentes qualités, sont faits pour être de bons Hiarins. Nous avons parlé plus liant de levrs vertus guerrières; habitants des bords du Nil, ce fleuve si large qu'ils l'appelleot la mer, ils ont beaucoup d'aptitude pour la navigation; c'est aussi une particularité de leur caractère, que d'être très-accessibles à Témulation* Or, le port d'Alexandrie est visité par un grand nombre de navires de tous les pavillons, et ce fui, pour les marins novices du vice-roi » un puissant stimulant que de voir tous les jours leurs manœuvres soumises au contrôle des gens experts dans le métier. Leur amour-propre fut mis en jeu et tourna au profit de leur instruction. D'après le témoignage de tous les hommes spéciaux, il y a autant de différence entre la marine d'Alexandrie et celle de Constanlînople , qu'entre l'armée de Méhémet-Ali et celle de la Porte.

La marine du vice-roi se distingua d'abord en Morée; les brûlots grecs qui épouvantaient si fort les Constantinopolitains n'effrayèrent jamais les vaisseaux du vice-roi, dirigés alors par un capitaine de vaisseau français, M. Letellier. La nouvelle escadre se montra avec honneur pendant l'expédition de Syrie; elle garda les côtes de Syrie, sur lesquelles elle empêcha les Turcs d'opé,rer un débarquement; elle captura plusieurs bâtiments , seconda le siège de Saint-Jeand'Aere, poursuivit la flotte ottomane plus nombreuse qu^elte , la bloqua dans le mouillage de Marmarile ,

et la relança jusqu'aux Dardanelles, qu'elle aurait franchies 9 si elle n'eût été arrêtée par l'intervention de la politique européenne.

La flotte égyptienne se compose de onze vaisseaux de ligne , sept frégates , cinq corvettes et neuf bricks ou goélettes; l'effectif de ses équipages est d'environ seize mille hommes.

Du reste voici le tableau des forces navales de l'Egypte; comme dans ce moment la flotte ottomane est au pouvoir de Méhémet-Ali , je place en regard les noms des vaisseaux turcs et l'effectif de leurs équipages.

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