DIVERSES RACES D'HOMMES QUI HABITENT L'ÉGYPTE
Généralités. — Cophtes — Égyptiens musulmans. — Bédouins. — Barabras. — Juifs. — Grecs. — Abyssiniens. — Ethiopiens. — Européens. 95. Généralités. — Nous ne rechercherons pas si
les premiers habitants de l'Égypte furent des Chinois ou des Indiens. Les suppositions hasardées à ce sujet ont plus ou moins de probabilité ; mais il est difficile de les établir sur des fondements positifs. D’après la formation du sol de l'Égypte , suivant le cours du Nil du sud au nord, il est naturel de penser que les peuplades qui habitaient lAbyssinie , la Nubie supérieure
et inférieure, ont du s'étendre successivement avec le sol et le fleuve, vers le septentrion. Cette hypothèse , qui s'accorde avec l’assertion d’Hérodote , paraît s’approcher beaucoup de la vérité, lorsqu'on examine les traits et les formes des statues qui appartiennent aux monuments de l'antiquité la plus reculée.
L'Égypte, plus que toute autre contrée, a été agitée par les révolutions humaines. Elle a été attaquée , envahie , subjuguée tour à tour par les Perses, les Grecs, les Romains, les Arabes, les Ottomans, les mameluks (Géorgiens et Circassiens) et les Français. Ces différents peuples, en se mélant plus ou moins à la race égyptienne, en ont peu altéré le type primitif.
La population actuelle de l'Égypte se compose de Cophtes, d’Arabes, de Juifs, de Grecs, de Turcs, de Géorgiens et de Circassiens , d’Abyssiniens , de nègres de différentes espèces, et d’Européens.
96. Cophtes. — les Cophtes ont toujours été considérés, par la plupart des écrivains, comme les descendants des anciens Égyptiens. C’est ce que prouve jusqu’à un certain point la ressemblance que l’on remarque entre les Cophtes et les figures hiéroglyphiques ‘. Cependant le célèbre Champollion a émis une opinion contraire. Les Cophtes ont le front fuyant , de grands yeux noirs , la coupe des paupières dirigée de
: Volney donne du mot Cophte une étymologie ingénieuse qui confirme celte opinion. « Le terme arabe Qoubti, un €ophte, me semble, dit-il, une altération évidente du grec œ-‘}ur-7105, un Égrptien j Car on doit remarquer que y était prononce vu chez les anciens Grecs, et que les Arabes, n'ayant ni 2 devant ao u, ni la lettre p, remplacent toujours ces lettres par g et : les Copies sont done proprement les représentants
des Egvptiens. »
bas en haut et de dedans en dehors, les pommettes grosses et saillantes, le pavillon de loreille élevé, le nez légèrement épaté, les lèvres épaisses et relevées, le inenton large, les cheveux noirs. Ils ont en général peu d’embonpoint, des membres grèles et la peau d’un teint blafard.
Tous les Cophtes ne présentent pas ces caractères , parce que beaucoup d’entre eux se sont mélangés. Ceux qui ont embrassé le catholicisme se sont alliés aux chrétiens grecs ou syriens ; tandis que les Cophtes du rit jacobite, qu’on rencontre surtout dans le Saïd. ont conservé leurs mœurs et leur type primitif.
97. Égyptiens musulmans. — À l'époque de l'invasion arabe , une grande partie de la population cophte embrassa de gré ou de force l’islamisme, et alors une fusion assez grande eut lieu entre les conquérants et ies vaincus. Dans ce mélange, les Arabes entrèrent pour une proportion bien faible relativement à la masse de la population. D'où il résulte que l'Égyptien actuel tient beaucoup plus, par ses formes , par son caractère et par ses mœurs, des anciens Égyptiens que des véritables Arabes, dont on ne trouve le type pur qu’en Arabie.
Les Égyptiens musulmans, qui forment la masse de la population actuelle des villes et des campagnes , et qui sont désignés par le nom de fellahs, se distinguent aux caractères physiques suivants : crâne développé , angle facial presque éroit, figure ovale, sourcils arqués, yeux noirs et enfoncés; lèvres saillantes, barbe pleine, poitrine large, ventre peu volumineux, colonne vertébrale courbée en arrière, membres arrondis, arti-
culations peu saillantes, mains et pieds petits , taille moyenne. La couleur de leur peau est plus ou moins foncée; et bien que l'Égypte ait une superficie peu considérable en latitude, on voit sur le littoral de la Méditerranée le teint des habitants presque aussi blanc que celui des Européens, tandis qu’il se rembrunit successivement jusqu’à Assouan , où on peut le comparer à celui des Nubiens; c’est-à-dire qu'il est là plus foncé que celui des mulâtres.
98. Bédouins. — Les tribus nomades qui fréquentent les déserts voisins de l'Égypte sont connues sous le nom de Bédouins. Les Bédouins sont en général de taille assez élevée , leurs membres ne sont pas arrondis, comme ceux des Arabes cullivateurs ; ils sont grêles. Leur teint naturellement blanc est hâlé par le soleil. Parmi leurs femmes, il en est qui sont d’une beauté ravissante. Les Bédouins sont fiers de la pureté de leur race, qu'ils tiennent à maintenir intacte, et qu'ils se gardent bien de mélanger en contractant des unions chez les habitants des terres cultivées.
99. Barabras. — Les Barabras sont une peuplade de la Nubie inféricure qui est répandue sur les rives du Nil, depuis l'ile de Philoë jusqu’à la seconde cataracte, sur un espace d'environ 100 lieues de longueur. Ils se distinguent des Égyptiens par la couleur de leur peau, qui imile la teinte de l’acajou. Ils ne peuvent pas d’ailleurs être confondus avec la race nègre. La douceur de leurs mœurs et leur probité sont remarquables. On en compte 5 à 6,000 au Caire qui occupent des fonctions domestiques. Les Barabras, comme nos Auvergnals et nos Savoyards, se retirent dans leur pays
pour y finir leurs jours, aussitôt qu’ils ont amassé en Égypte un petit pécule. La population barabra, qui occupe l’espace que nous avons indiqué plus haut, ne compte pas plus de 120 à 150,000 âmes.
100. Juifs. — Les Juifs, en Égypte, ont plus que partout ailleurs conservé leur physionomie primitive. Au milieu d’une population brune, ils se distinguent par la blancheur de leur teint ; leurs yeux sont bleus ou gris, leur barbe et leurs cheveux sont en général blonds ou châtains.
101. Grecs. — Les Grecs qui sont en Égypte proviennent des différentes parties de la Grèce ; plusieurs sont nés dans le pays. On les reconnait à la coupe de leur figure, à leur taille svelte, à leurs manières enjouées et à leur costume qui diffère de celui des autres habitants.