‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 33 sur 142 · INTRODUCTION HISTORIQUE. XLVI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE. XLVI

du pacha; mais ils s'établirent en Égypte d’une manière trop sédentaire pour pouvoir conserver l'humeur aventurière qui rendait si redoutables les janissaires de Constantinople. Aussi les mameluks demeurèrentils à peu près tout-puissants. Les membres du divan avaient le droit de rejeter les ordres du pacha en motivant leur refus ; ils pouvaient même le déposer. Réduite à ces proportions, l'autorité de la Porte sur l'Égypte était déjà bien restreinte; elle devint encore plus illusoire dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. En 1756, l’un des beys mameluks, Alv-Bey, refusa le tribut, chassa le pacha , battit monnaie à son effigie, mit en déroute , dans toutes les rencontres, les armées turques envoyées contre lui, et se fit proclamer lui-même par le chérif de la Mecque, sultan d’Égypte et dominateur des deux mers. La trahison de l’une de ses créatures mit fin à sa révolte : mais elle avait porté une aiteinte profonde à l'autorité de la Porte, qui devint, après lui, plus nominale et plus précaire que jamais. Depuis lors, on déposait ou lon exilait lespachas sans la moindre hésitation ; ceux-ci sentaient si bien leur faiblesse qu’ils obéissaient à la première sommaon, et quittaient leurs palais, sans faire les plus légers efforts pour résister. Plus prudents neanmoins qw’Aly, les beys qui héritèrent de sa puissance eurent garde de se déclarer indépendants. L'indépendance de fait leur suffisait; ils recevaient les ordres du sultan avec le plus grand respect apparent et ne les exécutaient jamais. Îis écornaient considérablement le tribut, en faisant entrer en compte des dépenses imaginaires ; quelquefois même ils le suspendaient. La Porte fer-

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