‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 92 sur 142 · ANIMAUX DE L'ÉGYPTE · texte numérisé non relu

ANIMAUX DE L'ÉGYPTE

44. Généralités. — L'Égvpte devant la formation de son sol aux atterrissements du Nil, avant lesquels tout porte à croire qu’elle ouvrait aux eaux de la Méditerranée un long golfe parallèle et analogue à la mer Rouge, il est permis d'avancer comme un fait certain que cette terre ne possède aucun animal qui lui soit propre. Tous les êtres qui l’habitent aujourd’hui y sont arrivés par des migrations successives, qui ont suivi les progrès de l’alluvion. Les traditions anciennes confirment suffisamment cette assertion. Elle s'appuie également sur la comparaison qui a pu être faite des animaux momifiés de l’antique Égypte ; CONServés par milliers dans les catacombes, avec ceux qui se trouvent aujourd’hui dans le pays. Quel a été le point de départ de ces migrations ? Cette question n’est pas difficile à résoudre : la similitude qui existe entre le plus grand nombre des animaux de l'Égypte ancienne et moderne, et ceux qui peuplent la Barbarie, indique que c’est de cette partie de l'Afrique septentrionale que le mouvement a dü partir.

Ceci s’applique surtout aux mammifères et à la plupart des reptiles.

Quant aux oiseaux, les zoologistes s'accordent à reconnaître que l'Égypte a été, de tout temps, une terre de transition pour ceux de ces animaux qui entreprennent, deux fois par an, de lointains voyages. Aussi y

rencontre-t-on, à peu d’exceptions près, les espèces de l’Europe et quelques-unes de celles qui sont propres à l'Asie; tandis que quelques autres, irrévocablement sédentaires, vivent et meurent dans cette contrée, dont elles ne peuvent franchir les limites. |

Mon intention, en donnant ici la nomenclature des animaux qui font de l'Égypte leur demeure passagère ou permanente, n’est pas de pénétrer à fond dans le domaine de la zoologie. Je ne veux que faire connaître sommairement, lorsqu'elles pourront offrir quelque intérêt, les particularités que présente chaque espèce, et rectifier les opinions erronées qui ont cours sur plusieurs d’entre elles.

Quoique cette esquisse ne soit pas faite pour effrayer, par la sévérité de la classification et laridité des mots techniques, les hommes du monde qui forment à coup sûr la classe la plus nombreuse parmi les lecteurs, 1l m'a paru convenable toutefois d'introduire dans ce travail assez d'ordre et de méthode, pour qu'il ne demeure pas trop au-dessous de l'attente des hommes de: science.

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