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projet adopté en 1829.
. Porte d’entrée de l’arsenal qui doit être au N° 24 après l'achèvement
des travaux.
. Cales de construction en maçonnerie et avant-cales pour vaisseaux. . Cales de construction en maçonnerie et avant-cales pour frégates el
petits bâtiments.
. Chantier des embarcations et salles des gabarits au premier. . Ateliers de la mâture et de la voilerie au premier.
Ateliers de la poulierie, de la tournerie.
. Garnilure.
. Corderie, et au premier bureaux d'administration, écoles diverses
$ Ateliers de la tonnellerie, des gouvernails, cabestans, avironnerie, eic
. Ateliers des instruments nautiques, tours en métaux, ferblanterie ,
plomberie, menuiserie.
. Magasin général.
. Direction du génie.
. Direction du port.
. Grandes forges.
. Serrurerie, taillanderie.
. Fonderie.
. Forges des bassins.
. Ateliers pour les travaux de radoub dans les bassins. . Ateliers de charpentage, percage, calfatage des radoubs . Emplacements pour les deux bassins.
. Pégoulière.
. Bagne.
. Caserne.
. Cour d'entrée principale.
Manége pour le commettage,
. Magasins.
. Logements des directeurs, officiers et employés de l'arsenal. . . Ateliers en métaux de l'artillerie.
. Ateliers en bois de l’artillerie.
. Magasin et direction de l'artillerie.
. Magasins particuliers des bâtiments désarmes.
. Hangars pour les bois de construction.
. Cabestans et plans inclinés pour le halage des bois de construction . Darse pour les embarcations et bâtiments en servitude.
. Pontons de carénage.
. Gardiens du port.
. Corps de garde.
. Magasin du gouvernement, hthographie. imprimerie, bureaux
. Partie de la ville, logement de plusieurs employés.
. Partie de la ville, boutiques.
. Quai d'enceinte
— N.B. Les sondes en pieds francais.
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péens pour armer les vaisseaux qui se construisaient avec une rapidité étonnante, il eut à triompher de beaucoup de désordres. Il fallait réprimer chaque jour de nouveaux vols, de nouvelles querelles parmi les Arabes, et corriger de grandes fautes d’exécution dans les travaux ; il fallait veiller à tout et tout concilier. Mais peu à peu l'instruction des Arabes permit de licencier la plus grande partie des Européens. Dans les derniers temps, tout se faisait par les ouvriers du pays; il ne restait que quelques maîtres français pour surveiller princi- | palement l'emploi des matières. La docilité des Arabes, leur caractère obéissant et résigné, furent très-utiles à M. de Cerisy.
40. Travaux, constructions et établissement de l’arsenal. — L'arsenal ayant été créé sur une plage sablonneuse, dépourvue de toutes sortes de bâtisses, il a fallu tout y construire. Les principaux travaux opérés sont : quatre cales en maçonnerie et les avant-cales prolongées en mer pour vaisseaux de premier rang, trois cales pour frégates et bâtiments inférieurs, le magasin général pour le dépôt de toutes les munitions navales, la corderie avec ses machines pour le commettage; les ateliers de forge, de la serrurerie, de la taillanderie , de mécanique , de la fonderie, de la ferblanterie, de la plomberie, de la vitrerie , des instruments nautiques , de la poulierie, de la voilerie, de la garniture, de la tonnellerie ; les ateliers pour les chaloupes et canots, pour les cabestans, les gouvernails, le charronnage ; la salle des gabarits, une salle de modèles devant renfermer tous les objets qui entrent dans l’ar-
premiers temps, d'employer un grand nombre d’Euro-
mement des vaisseaux, pour l'instruction des officiers, des hangars pour le dépôt et la conservation des bois de construction , les machines à curer , un ponton de carénage.
Une manufacture de toiles à voiles était organisée à Rosette, où se trouvaient encore des ateliers de forges qui servaient dans les moments pressés. Les ateliers du Caire travaillaient également dans le même but. Pour ne pas concentrer toute l’industrie dans un seul endroit, M. de Cerisy fit instruire comme cordiers des Arabes qui allaient ensuite dans les villages confectionner les fils de caret dont on avait besoin pour le gréement des vaisseaux.
41. Navires de querre mis en chantier. — Pendant qu'on expédiait d'Europe les bois de construction et les principaux matériaux nécessaires pour les vaisseaux, M. de Cerisy employa les ouvriers à l’achèvement de la frégate , de la corvette ét du brick qu’il avait trouvés commencés , et qu’il était très-difficile de rendre susceptibles de devenir des bâtiments de guerre. Il mit en chantier une goëlette qu'il fit exécuter avec une peine infinie, car il était obligé de montrer lui-même aux ouvriers les moindres détails de la construction; ce fut son école pratique.
Avec les premiers bois qui arrivèrent , il fit commencer un vaisseau de 100 canons, qui peu de temps après fut suivi de deux autres.
Voici le tableau des constructions opérées et des bâtiments réparés pendant son séjour en Égypte :
On fit complétement les deux vaisseaux de premier rang, le Masr et l’Acri. Ces bâtiments, des dimensions
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de nos trois ponts de France, n’ont cependant pas la quatrième batterie. Ils portent au premier pont 592 canons de 50, longs, et sur les deux autres, 68 canons de 50, courts.
Les quatre vaisseaux de 100 bouches à feu, Mehallet-el-Kebir, Mansoura, Scanderieh, Homs, ayant 32 canons de 50, longs, à la première batterie, 54 canons de 50, courts, à la seconde, et 54 caronades de 50 sur les gaillards.
Le vaisseau de 78 bouches à feu, Aboukir, ayant 28 canons de 50, longs, à la première batterie, 350 canons courts à la seconde, et 20 caronades de 50 sur les gaillards.
La corvette T'antah, de 24 canons courts , de 52 anglais.
La goëlette 4zizieh, de 10 canons de 4.
Le cutter de plaisance, de 4 canons de 4.
Une bombarde.
Un transport pour les bois de mâture.
On armait le vaisseau de 86 bouches à feu, Beylan, ayant 28 canons longs de 50 à la première batterie, 50 courts à la seconde, et 28 caronades sur les gaillards.
Il y avait encore sur les chantiers deux vaisseaux de 100 bouches à feu de 50, l’41ep et le Damas.
Une grande frégate de 60 bouches à feu de 50.
On voit que pour les grandes constructions de la marine égyptienne, M. Cerisy avait établi une uniformité de calibre , système plusieurs fois sollicité en Europe.
Les bâtiments de la flotte dont les réparations et l'entretien exigeaient souvent plus de temps et de travaux que les constructions neuves, étaient :
Les frégales Bahireh, de 60 bouches à feu de 24, construite à Marseille.
Jafferieh , de 60 bouches à feu de 52 anglais, construite à Livourne.
Reschid, de 50 canons de 24, et 28 caronades de 56, de Venise.
Capecheïk, de 50 canons de 52 anglais , et 24 canons de 12, construite comme transport à Archangel, et achevée comme frégate à Londres.
Sirigihad, de 60 bouches à feu de 24, construite à Livourne, et entièrement refondue à Alexandrie.
Damiathyeh, de 24 canons de 24, et 50 caronades de 18, gros bâtiment transformé en frégate à Alexandrie.
Mostagihad, de 28 canons de 18, et 28 canons de 12, frégate algérienne donnée par la France.
Les corvettes de 22 caronades de 24, Djenna-Bahary de Gênes, Gihad-Beker de Gênes, Fouahd’Alexandrie, Pelenk-Gihad de Marseille.
” Les grands bricks de 22 caronades, le Yaginston de Bordeaux , le Fulminant de Livourne , Feschné d’Alexandrie, Chaïn-Deria de Turquie.
Les petits bricks de 18 ou 16 caronades, Semend- Gihad de Marseille, Chabar-Gihad de la Ciotat, le Crocodile de Marseille, Badi-Gihad d'Alexandrie, l 4méricain des États-Unis.
Quatre transports de 400 tonneaux.
Une frégate, un brick et un cutter turcs pris pendant la guerre.
Plusieurs petits bâtiments.
Un bâtiment à vapeur, le Ni de Londres.
Dans la construction des navires de guerre, M. de
{ Cerisy a pratiqué les améliorations réclamées depuis
. longtemps par les officiers français, et tout ce que son
expérience dans les ports de France et ses observations
en Angleterre lui faisaient considérer comme préféra-
ble aux usages établis. Les bâtiments ont été exécutés d’après ses plans.
On peut assurer que, grâce à la sagacité de M. de Cerisy, une grande partie des emménagements et des installations actuels des bâtiments français avaient été exécutés longtemps auparavant sur les bâtiments construits en Égypte.
42. Ouvriers arabes de l’arsenal.— Tous les travaux ont toujours été exécutés par des Arabes qui ont montré une aptitude étonnante. Il y a eu constamment à l'arsenal de six à huit mille ouvriers indigènes. M. de Cerisy n’a pas eu à se louer des Turcs, que leur présomption et leur insubordination rendent peu propres à devenir bons ouvriers. L’Arabe au contraire, soumis, obéissant, doux, apprend facilement ce qu’il voit faire. Ses yeux seuls le dirigent, mais jamais son intelligence. Un simple tracé le guide mieux que tous les raisonnements possibles. Il oublie aussi vite qu'il a appris. Parvenu à un certain degré d'instruction, il demeure stationnaire, et a beaucoup de peine ensuite à se perfectionner. Les professions qui exécutent pour ainsi dire les objets d’après des formes constantes ou peu variables leur conviennent parfaitement. Ils sont d'excellents poulieurs , voiliers , cordiers, menuisiers, tonneliers, charpentiers, perceurs, calfats. Mais quand il faut modifier les dimensions , inventer des formes,
comme cela arrive souvent dans les ateliers des machines, des forges, de la fonderie, on ne peut plus compter sur eux, et on est obligé de les faire surveiller et diriger par des Européens. L’arsenal d’Alexandrie où tout se faisait par des Arabes , et qui pouvait rivaliser avec tous les arsenaux du monde, prouve d’une manière évidente ce qu’on peut obtenir d'eux. Les hommes du peuple en Europe ne présenteraient jamais dans le même temps des résultats ausi remarquables.
45. Bassins de radoub.— Lorsque le vice-roi, après avoir fait exécuter les plus grands vaisseaux de guerre, sentit la nécessité d’avoir un ou plusieurs bassins pour le radoub de sa flotte, M. de Cerisy lui fit connaître toutes les difficultés que présenteraient ces constructions, qui en Europe exigent les soins assidus des plus habiles ingénieurs et des ouvriers les plus intelligents. Son projet d’arsenal indiquait deux bassins, quoiqu’un seul parût suffisant pour l'Égypte ; mais M. de Cerisy dut se conformer aux désirs de S. A. Les travaux de l'arsenal, où tout était à créer, les armements des bâtiments sans cesse pressés par l’état de guerre, ne lui permirent pas de commencer l'exécution de ces bassins. Après son départ :, tous les efforts tentés par
1 Le général de Cerisy-Bey , comblé des faveurs du vice-roi , mais voyant avec chagrin que les circonstances politiques et la guerre retardaiert pour longtemps encore l'achèvement et l’organisativn de l'arsenal auxquels il s'était consacré tout entier, fatigué de lutter sans ces*e contre de nouvelles intrigues. peu satisfait de la conduite du ministére de la marine de France, qui était loin de tenir les promesses faites à son égard, a cru devoir abandonner le poste brillant qu’il occupait. Il a cunservé avec reconnaissance le souvenir des regrets que le vice-roi lui té-
divers ingénieurs échouèrent. Enfin, il y a deux ans, le vice-roi s’adressa à la France pour avoir un homme capable de venir à bout de cette immense entreprise. L'administration des ponts et chaussées désigna M.Mongel, déjà connu par des travaux exécutés en France, et qui attachera son nom d’une manière brillante à l’œuvre grande et difficile qu’il a commencée.
Les sérieux obstacles que rencontre l'exécution d’un bassin dans le port d'Alexandrie viennent de la nature du fond qui est vaseux jusqu’à une profondeur de soixante pieds sous l’eau. Il s’agit d'établir sur un pareil fond un récipient solide, imperméable, qui puisse contenir les vaisseaux de premier rang tirant vingt pieds d’eau. Si à cette hauteur on ajoute les quatorze pieds de profondeur que doit avoir le radier pour supporter le poids du vaisseau en carène, on voit qu’il faut bâtir un plancher en maçonnerie imperméable à trente-quatre pieds de profondeur sous l’eau; ce qui ne peut avoir lieu sur un fond de vase fluide qu’au moyen de procédés particuliers.
M. Mongel n’a pas reculé devant les difficultés de cette tâche; 1l a soumis au vice-roi un plan simple, grandiose et dont l’exécution est sûre. Voici ce qu'il a proposé :
On bat des pieux dans l'emplacement du bassin, assez épais pour durcir le sol et assez longs pour atteindre le fond solide, afin de servir de piliers à la maçonnerie du bassin. Sur cet emplacement ainsi soli-
moigna à son départ, et satisfait d'avoir dans sa carrière exécuté d’importants travaux, il vit maintenant retiré à la campagne, consacrant ses
loisirs à des études diverses et surtout à l'histoire naturelle.
difié etentouré d’une ligne de pieux jenctifs, formant enceinte jusqu’au niveau des quais , on coulera du béton ayant la propriété de durcir sous l’eau dans un court espace de temps, de manière à former un immense bloc de maconnerie ou rocher artificiciel. C’est dans ce massif qu'on creusera le bassin. On formera ensuite l'ouverture pour le passage des bâtiments par un bateau d’un genre particulier qu’on peut échouer ou enlever à volonté. C’est à peu de chose près la méthode suivie dans la construction du nouveau bassin de Toulon, réduite à des règles plus simples et plus sûres.
Les travaux sont en pleine activité, el tout fait espérer que cet ouvrage sera promptement terminé. Les bois et les autres matériaux sont en magasin. Les machines à vapeur, destinées à l'épuisement du bassin, sont mises en place. Les dragues ont fini le creusement du fond. Le battage des pieux, qui semblait d’une exécution si difficile, se fait très-rapidement au moyen de machines construites sous la direction de M. Mongel.
44. Les marins et la flotte. — Après avoir improvisé une escadre, il fallut improviser des marins. On forma sur-le-champ dix mille hommes au service maritime. On créa une école de navigation où l’on plaça de jeunes mameluks destinés à remplir les cadres des officiers de la marine. Ici encore ce furent les règlements de la France que l’on adopta; on donna à la hiérarchie du service la même échelle de grades que chez nous. Au reste les officiers français furent chargés de l'armement des vaisseaux et de l’instruction des
. équipages. Ceux, entre tous, qui, dans la formation de la marine égyptienne, prétèrent au vice-roi le concours le plus utile et le plus actif furent MM. Besson- Bey , dont l'Égypte regrette la mort prématurée , et M. Housard , qui continue auprès du vice-roi ses services distingués.
La rapidité féerique avec laquelle arsenal et escadre ont été créés a quelque chose qui frappe limagination et révèle la toute-puissance du génie. À quatre ans de distance , la côte , jusque-là aride et nue , d’Alexandrie, se trouva couverte par un arsenal complet, par des cales de vaisseaux, des ateliers, des magasins et une corderie de mille quarante pieds de longueur dimension égale à celle de la corderie de Toulon). Au bout de quatre ans, une flotte de trente voiles était construite , armée, équipée, et, pour son coup d’essai , lancée à la poursuite d’une escadre turque.
Cette marine étonna dans peu de temps tous les gens du métier, soit par la précision de ses évolutions , soit par la bonne tenue des équipages et des vaisseaux. Les Arabes, peuple malléable et rempl; d'excellentes qualités , sont faits pour être de bons marins. Nous avons parlé plus haut de leurs vertus guerrières ; habitants des bords du Nil, ce fleuve s; large qu’ils l'appellent la mer, ils ont beaucoup d’aptitude pour la navigation; c’est aussi une particularité de leur caractère , que d’être très-accessibles à l’émulation. Or, le port d'Alexandrie est visité par un grand nombre de navires de tous les pavillons, et ce fut , pour les marins novices du vice-roi, un puissant stimulant que de voir tous les jours leurs manœuvres
soumises au contrôle des gens experts dans le métier. Leur amour-propre fut mis en jeu et tourna au profit de leur instruction. D’après le témoignage de tous les hommes spéciaux , il y a autant de différence entre la marine d'Alexandrie et celle de Constantinople, qu’entre l’armée de Méhémet-Ali et celle de la Porte.
La marine du vice-roi se distingua d’abord en Morée; les brülots grecs qui épouvantaient si fort les Constantinopolitains n’effrayèrent jamais les vaisseaux du vice-roi, dirigés alors par un capitaine de vaisseau français , M. Letellier. La nouvelle escadre se montra avec honneur pendant l'expédition de Syrie; elle garda les côtes de Syrie, sur lesquelles elle empêècha les Turcs d'opérer un débarquement ; elle captura plusieurs bâtiments, seconda le siége de Saint-Jeand’Acre, poursuivit la flotte ottomane plus nombreuse qu’elle, la bloqua dans le mouillage de Marmarile, et la relança jusqu'aux Dardanelles, qu’elle aurait franchies , si elle n’eüt été arrêtée par l’intervention de la politique européenne.
La flotte égyptienne se compose de onze vaisseaux de ligne , sept frégates , cinq corvettes et neuf bricks ou goëlettes ; l'effectif de ses équipages est d'environ seize mille hommes.
Du reste, voici le tableau des forces navales de VÉgypte ; comme dans ce moment la flotte ottomane est au pouvoir de Méhémet-Ali, je place en regard les noms des vaisseaux turcs et effectif de leurs équipages.