VI. VA UN
musée céramique de Limoges n’ait pas été plus développée ; il y aurait là , pour l’avenir de la porcelaine , des enseignements précieux , et dont les artistes tireraient un grand parti. Dans ces formes aujourd’hui oubliées , dans ces vases dont les moules sont depuis longtemps brisés, on trouverait souvent des idées charmantes , des sujets originaux qui , traités avec les modifications qu’imposerait la mode, pourraient être appelés à une vie nouvelle et devenir pour celui qui les exploiterait, une source fructueuse de bénéfices. L’observateur, le savant y suivraient facilement les progrès de la fabrication , et en comparant les types obtenus à différentes époques avec les procédés employés , ils pourraient embrasser d’un regard toute l’histoire de la porcelaine.
M. Valin était artiste ; il créa lui-même des modèles, et, dès le d.ébut, le succès couronna ses efforts.
En 1839, il obtint une médaille à l’exposition : en 1844, le jury du département de la Haute- Vienne lui décerna une médaille en argent de première classe. En 1845, la ville de Limoges le chargea d’exécuter une corbeille en porcelaine qu’elle voulait offrir à Mme la duchesse de Nemours , et l’on se rappelle encore la sensation que produisit ce beau travail. Enfin, il y a un mois à peine, la Société universelle d’encouragement pour les arts et l’industrie a spontanément élu M. Valin pour l’un de ses vice-présidents honoraires. Cette société, dont le siège est à Londres, a pour président S. A. S. le
LA PORCELAINE
prioce Rohan Rohan , et compte parmi ses membres, outre un grand nombre de notabilités de tous pays, la plupart des agents consulaires que les gouvernements de l’Europe entretiennent dans les Indes et le Nouveau- Monde.
M. Valin envoie à l’Exposition une potiche de près de deux mètres de haut; cette pièce a pour anses deux cigognes de grandeur naturelle , qui , dans l’attitude de combat , menacent un serpent à demi-caché dans des roseaux. Elle a été cuite en deux pièces ; mais , de l’aveu des personnes compétentes, M. Yalin a triomphé d’une grande difficulté en obtenant d’un seul jet , la panse et le pied de ce vase. Cette potiche a été décorée avec goût et richesse par un peintre de talent, M. Mounier , à qui nous reprocherons aussi de n’avoir rien exposé. Malheureusement , elle a reçu à la moufle un coup de feu qui l’a fait fendre. Cet accident ne peut, du reste, ôter rien au mérite de la réussite.
A côté de cette potiche , M. Valin placera une Vierge présentant son Fils au monde. Cette statue, aux deux tiers de la grandeur , est en ce moment au four. Le modèle nous en a pafu bien senti ; les les draperies sont jetées avec sentiment et sans confusion. Les amis de M. Valin disent beaucoup de bien de deux candélabres à plusieurs branches, à sujets historiés, œuvre de M. Valin fils, et d’un beau lustre que décore M. Mounier, et qui est construit de manière à servir à l’éclairage au gaz ou aux bougies.