‹ Aperçu statistique des forces productives de la RussieChapitre 13 sur 92 · OCÉAN GLACIAL · texte numérisé non relu

OCÉAN GLACIAL

L'océan Glacial baigne les côtes septentrionales de la Russie sur une étendue de 12 à 13.000 kilomètres au moins, mais grâce à sa position polaire, grâce au climat rigoureux, toute cette vaste étendue de côtes, présentant un grand nombre de golfes, de baïes et de ports, surtout à l'embouchure des fleuves, n'a aucune valeur pour la navigation et le commerce. Le trajet aux îles de la nouvelle Sibérie, de Liakhoff, Fadeyeff, riches en ivoire fossile, se fait pendant la moitié de l’année en traîneau. Le reste de l'année, d'énormes glaçons (torosses), chassés par le vent du sud-est, couvrent la mer et la rendent dangereuse, même pour les baleiniers, qu’une pêche avantageuse attire dans ces lieux. Près du cap Sviatoï, une glace éternelle empêche toute communication entre la partie orientale et la partie occidentale de la mer. Le passage du cap devient libre seulement dans des années exceptionnelles. La partie occidentale formant les golfes de Yénisseï, de l'Obi, du Tas, et en général la mer du Kara, est tout aussi inhospitalière que la partie orientale. Au delà de la mer de Kara, fermée par l’île Waïgatsch et les îles Novaïa Zembla (nouvelle terre), l'océan Glacial baigne les côtes de la Russie d'Europe et forme un grand golfe, la mer Blanche, qui, en s’enfonçant dans le continent, quitte les régions polaires, et jouit d’un climat, quoique rigoureux, mais moins inhospitalier. La mer Blanche et la partie adjacente de l'Océan est ouverte à la navigation pendant quatre mois de l’année. Le reste du temps, elle est prise par les glaces, qui en s’amoncelant, surtout à son entrée,

rendent tout accès impossible. Les bords de la mer Blanche sont plats et bas au sud et à l’est. A l’ouest (côtes de la presqu'ile de Kola) elles sont semées d'écueils. Plusieurs grands fleuves, comme le Mésen, la Dwina et l'Onéga, le Kem, etc., forment à leur embouchure des ports vastes et sûrs. En général, la mer Blanche a beaucoup d'importance pour le commerce de la Russie, vu qu’elle ouvre un débouché à tous les gouvernements du nord de la Russie.

M ii

L'immensité des distances et l'insuffisance des routes de terre, sont, jusqu'à un certain point, rachetées en Russie par l'étendue du réseau fluvial, qui, en coupant dans tous les sens cette masse compacte et inarticulée, la rend abordable de toutes parts. A l'exception de la Vistule et du Niémen, l’empire russe possède tous ses cours d'eau en entier, ce qui met ainsi à sa disposition les plus larges moyens d'écoulement pour ses produits. La Finlande et tout le nord de la Russie d'Europe sont couverts de lacs et de cours d'eau, de sorte qu'il est impossible de trouver un pays mieux arrosé. On peut faire la même remarque quant à la Pologne et à la Russie du centre. Mais le sud et le sud-est, quoique possédant les plus beaux fleuves du monde, manquent pourtant d'eau. De nombreuses vallées, appelées balkas, sillonnant le terrain uni de la steppe dans tous les sens et s’ouvrant principalement dans le lit des fleuves, prouvent qu'autrefois ce pays n'était pas aussi dépourvu d'eau que de nos jours. Grâce à la destruction des forêts, les ruisseaux qui remplissaient autrefois ces balkas sont desséchés. Plusieurs grands fleuves, figurant sur la carte,

n’ont de l’eau que pendant une partie de l'année, comme par exemple le Manytsch (affluent du Don) et plusieurs autres. Le pays du Caucase et surtout la Transcaucasie sont très-bien arrosés. La Sibérie présente un grand nombre de lacs et de fleuves magnifiques et ne manque pas d'eau, excepté toutefois une partie de la plaine des kirghiz. Dans quelques parties de la Finlande, de la Russie d'Europe et de la Sibérie, l’abondance des eaux intérieures transforme le pays en marais. Les eaux ne trouvant pas d'écoulement deviennent stagnantes et rendent le terrain impraticable. Telles sont les toundras, entre le Mésen et la Petschora, le long de la mer polaire, plusieurs terrains situés dans la région des grands lacs, les bords du Pripét et de ses affluents (marais de Pinsk), et enfin quelques régions basses des gouvernements de Novgorod et de Twer, situés au pied des hauteurs du Waldaï. En Sibérie, une partie très-considérable des plaines du nord, surtout sur les bords de l'Obi et du Yénisseï, présente le même aspect que les toundras de la Petschora et du Mésen.

Les lacs de la Russie se trouvent pour la plupart en communication directe avec la mer et avec le système fluvial. Il est impossible de séparer les lacs des fleuves, surtout dans la région des grands lacs du nord-ouest. Un petit nombre des lacs seulement se trouve en dehors du système fluvial; tels sont: le lac Néro ou de Rostoff, gouvernement de Yaroslaw (étendue 52 verstes carrées ou 59 kilomètres); le lac Lubahn, en Livonie (étendue 81 verstes carrées ou 91 kilomètres); quelques lacs du gouvernement de Vilna, comme le Narotsch (83 verstes carrées ou 94 kilomètres) ; de Kowno, comme le lac Drisswiaty (41 verstes carrées ou 47 kilomètres) ; de Vitepsk, comme le lac Ossweya (43 verstes carrées ou 49 kilomètres). Puis viennent les lacs salés du gouvernement d’Astrakhan,

dont les plus considérables sont : le Gorky-Liman (45 verstes carrées ou 53 kilomètres); le Goly-Liman (57 verstes carrées ou 64 kilomètres); le Baskountschak (146 verstes carrées ou 165 kilomètres) et le lac Elton (161 verstes carrées ou 183 kilomètres). Ce dernier a 57 verstes de périmètre et fournit annuellement de 2 à 3 millions de pouds de sel.

Un troisième groupe de lacs, n'ayant pas de communication avec le système fluvial, est formé par les lacs du gouvernement de Kherson et de Tauride. Ces lacs, pour la plupart salés, se trouvent en communication directe avec la mer. Près de l'isthme de ‘Pérécop, il faut mentionner le lac Sassyk (65 verstes carrées ou 73 kilomètres), le Donkouslaw (63 verstes carrées ou 72 kilomètres ) et l’Adjibévski Liman (62 verstes carrées ou 70 kilomètres). Au Caucasese trouvent: le lac Goktscha, dans le gouvernement d'Eriwan (étendue 1.150 verstes carrées ou 1.311 kilomètres) ; les lacs Toporawan, Khontschaly et Tabiskoury, dans le gouvernement de Koutaïss, et les lacs ou Limans de la presqu’ile de Taman. En Sibérie il y a plusieurs lacs très-considérables, qui forment des bassins indépendants. Parmi ces lacs il faut ranger : l’Issyk-Koul, dans la province de Ssémipalatinsk (étendue 235 milles géographiques carrés ou 11.376 verstes carrées, soit 12.968 kilomètres); le lac Ala-Koul, dans la même province (étendue 31 milles géographiques carrés ou 1.514 verstes carrées, soit 1.726 kilomètres carrés); le lac Balkash, entre Ssémipalatinsk et la province des kirghiz de la Sibérie (étendue 402 milles géographiques carrés ou 19.460 verstes carrées, soit 22.184 kilomètres); le lac Tschany, dans le gouvernement de Tomsk (étendue 59 milles carrés géographiques ou 2.876 verstes carrées, soit 3.278 kilomètres carrés); le lac Abyschkan, dans le gouvernement de Tobolsk (étendue

25 milles carrés géographiques ou 1206 verstes carrées, soit 1.374 kilomètres) et enfin une multitude de petits lacs situés dans la steppe des kirghiz. Parmi ces derniers les plus considérables sont : le lac Tschelkar (34 milles carrés géographiques ou 1.690 verstes carrées, soit 1.926 nb le lac Denghiz, le lac Tschoubar, ete.

Le système fluvial, dont les grands lacs de la Russie forment une partie constituante, se divise en un nombre considérable de bassins qui, vu la complication de Arte doivent être étudiés séparément.

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