BASSINS DE L'OCÉAN GLACIAL
24. Bassin de la Léna. Le bassin de la Léna, très-vaste dans sa partie méridionale, se rétrécit vers le nord et occupe une partie du gouvernement d'Irkoutsk et la majeure partie de la
province de Yakoutsk. D'après Ch. Ritter, sa longueur serait de 440 milles géographiques ou de 3.080 verstes (3.260 kilomètres); mais, d’après d'autres renseignements, ces chiffres restent au-dessous de la vérité. Ses affluents, comme par exemple le Vittime (1.400 verstes ou 1.500 kilomètres), l'AIdan (1.200 verstes ou 4.280 kilomètres) et le Vilioui (700 verstes ou 750 kilomètres), sont très-considérables. Le bassin de la Léna est couvert de montagnes et de forêts, et, sauf la partie supérieure du bras principal, il n'est connu qu'insuffisamment. Son étendue serait, d'après le géographe Ritter, de 36.000 milles géographiques carrés.
25. Bassin du Yénissei. Le bassin du Yénisseï se compose de trois bassins distincts : du bassin de la Sselenga, du bassin du lac Baïcal et du bassin du Yén:sseï proprement dit. La Sselenga est une rivière assez considérable, dont les sources appartiennent au territoire chinois et qui coule dans la Transbaïcalie, entre la chaîne du Stanowoï Kbrébet et une chaîne longeant le lac Baïcal du côté du sud. La Sselenga perce cette dernière chaîne et tombe dans le lac Baïcal.
Le bassin du Baïcal est fermé de tous côtés par de hautes montagnes et forme une vallée oblongue, assez élevée audessus du niveau de la mer et occupée dans toute sa longueur par le lac Baïcal, qui a une superficie de 570 milles géographiques carrés ou 27.698 verstes carrées (31.575 kilomètres carrés). Outre la Sselenga, qui lui vient du dehors, le lac recoit plusieurs petits affluents appartenant exclusivement au bassin du lac. Le Baïcal n'a qu’un seul écoulement, qui est l’Angara. Cest un fleuve rapide, assez large et profond, qui, après avoir percé la chaîne baïcalienne du côté nord-ouest, entre dans le bassin du Yénisseï, auquel il se réunit après un cours de 110 milles géographiques (770 verstes ou 820 kilomètres).
Le Yénisseï, proprement dit, a ses sources sur le plateau de la haute Asie, en dehors des limites de la Russie. Sa direction sur le territoire de la Russie reste presque toujours la même, c'est-à-dire va du sud au nord. La longueur du cours est de 400 milles géographiques ou 2.800 verstes (soit 3.000 kilomètres). En hiver, iln’a pas moins de 1,300 mètres de largeur. Sa rive droite est haute, et même la rive gauche est quelquefois hérissée de rochers. Les affluents du côté gauche sont insignifiants. Du côté droit, il faut citer, outre l’Angara, la Podkamennaya et la Nijnaya-Toungouska. La Podkamennaya a surtout beaucoup d'importance, vu qu’elle coule à travers la région des mines. L'étendue du bassin de Yénissei, d'après Ch. Ritter, est de plus de 47.000 milles géographiques carrés.
26. Bassin de l'Ob. Le bassin de l'Ob est séparé du bassin précédent par la chaîne méridionale de l’Ala-Taou de Kouznetzk. Plus au nord, la limite des deux bassins est formée par une suite de hauteurs à peine visibles dans la plaine et se perdant dans la toundra. Au sud-est c'est l’Altai et à l’ouest la chaîne de l'Oural qui forment les limites du bassin, qui comprend, par conséquent , toute la Sibérie occidentale, à l'exception d'une partie de la steppe des kirghiz. Le bassin de l'Ob peut être subdivisé en trois parties distinctes : bassin de l’'Ob supérieur, bassin de l'Irtysh et bassin de l'Ob inférieur, La Katounia est le véritable commencement de l'Ob; la réunion de cette rivière avec la Biya, venant du lac de Téletzk, donne naissance au fleuve qui porte le nom d’Ob et qui a une longueur de 457 milles géographiques ou de 3.200 verstes (3.400 kilomètres). L'Irtish, qui est l’affluent principal de l'Ob, rivalise avec lui pour la longueur du cours, vu que ce cours est de 430 milles géographiques ou de 3.000 verstes (3.200 kilomètres).
L'Irtysh, avant d'entrer dans les limites de la Russie, traverse le lac Zaïssan, situé à une hauteur de 600 mètres audessus du niveau de la mer, et recoit une multitude d’affluents qui lui viennent tous de la steppe (côté gauche) ; parmi ces affluents, l'Ishym et le Tobol jouent le premier rôle. Tous les deux ont une longueur de près de 1.000 verstes (1.070 kilomètres). Le Tobol recoit à son tour presque toutes les eaux venant des monts Oural (revers asiatique). Le point le plus important de tout le bassin est Tobolsk, situé au confluent du Tobol et de l'Irtysh et servant de centre à la navigation de tout ce réseau. Le bassin inférieur de l'Ob, à commencer de sa réunion avec l'Irtysh (60° de latitude septentrionale), est d'une importance secondaire. L'étendue du bassin de l'Ob, d'après Ch. Ritter, est de 63.800 milles géographiques carrés.
27. Bassin de la Pétschora. Le bassin de la Pétschora, séparé du bassin de l’'Obinférieur par la chaîne de l'Oural septentrional, appartient à la Russie d'Europe, mais comprend la partie la plus déserte et improductive de cette partie de l'empire. Le fleuve, quelque considérable qu'il soit, est à peu près nul pour la navigation intérieure , et, à l'instar des bassins inférieurs des grands fleuves de la Sibérie, coule à travers des forêts et des toundras (marécages du nord) impraticables. La longueur du cours est de 130 milles géographiques ou 910 verstes (970 kilomètres). On donne au bassin de la Pétschora près de 3000 milles géographiques carrées.
28. Bassin du Mésen. Les bords du Mésen présentent à peu près le même tableau que les bords de la Pétschora. Le cours est de près de 100 milles géographiques (700 verstes ou 750 kilomètres). Le fleuve est large et parfaitement navigable, mais les rives sont presque inhabitées. L'étendue du
bassin est de près de 2.100 milles géographiques carrés ou 103.000 verstes carrées (soit 117.000 kilomètres carrés).
29. Bassin de la Diwina septentrionale. C'est le principal des bassins de la Russie septentrionale et presque le seul qui a une importance réelle pour le commerce extérieur. La Dwina septentrionale est formée par la réunior de deux rivières, dont l’une, le Youg, vient du sud-est, tandis que l’autre, la Ssoukhona, vient du sud-ouest. La dernière l'emporte pour la longueur du cours et pour l'importance du commerce et de la navigation. Elle prend son commencement au lac de Koubinsk (7,96 milles géographiques carrés, 382 verstes carrées ou ‘20 kilomètres carrés) et traverse un pays quoique faiblement habité, mais fertile et assez productif. La longueur du cours est de 130 milles géographiques ou de 920 verstes (985 kilomètres). Près de la ville d'Oustioug, elle se réunit aux eaux du Youg et change de nom en prenant celui de Dwina septentrionale. La Dwina a un cours de près de 96 milles géographiques (670 verstes ou 725 kilomètres) parfaitement navigable. Parmi les affluents, il faut citer la Wytschegda, la Waga et la Pinéga. Le bassin de la Dwina a une superficie de 6.350 milles géographiques carrés ou de 311.000 verstes carrées (332.000 kilomètres carrés).
30. Bassin de l'Onéga. L'Onéga sert d'écoulement aux lacs Latsché et Vojé, réunis par la Swir. Le bassin de l'Onéga est très-étroit et n'a aucune importance commerciale. Longueur du cours : 70 milles géographiques ou 490 verstes (520 kilomètres). Etendue du bassin : 470 milles géographiques carrés ou 23.000 verstes carrées (24.500 kilomètres carrés).
Outre les bassins sus-mentionnés, il y a beaucoup de bassins secondaires {surtout en Sibérie) qu'il est inutile de mentionner, vu que ces bassins ne jouent qu'un rôle subordonné.
En ne comptant que la partie navigable des fleuves et des rivières, on peut estimer que la Russie d'Europe possède près de 4.088 milles géographiques (28.620 verstes, 30.337 kilomètres) de cours d'eau navigables. La longueur des rivières flottables peut être estimée au double. Dans le royaume de Pologne, l'ensemble des rivières navigables et flottables a une longueur de 276 milles géographiques ou 1.932 verstes
(2.061 kilomètres). Pour la Finlande, le Caucase et la Sibérie on manque de renseignements exacts.
En général, le réseau fluvial de la Russie a une importance immense, vu qu il facilite singulièrement les communications et supplée avantageusement au manque de grandes routes. La nature des fleuves en Russie, ainsi que des plaines traversées par ces fleuves, est telle qu'il devient facile de réunir les différents bassins par des cours d’eau creusés artificiellement. Aussi, pour compléter le système fluvial qui forme la base de toutes les communications, a-t-on établi un vaste système de canaux à l’aide desquels on peut traverser la Russie par eau d’un bout à l’autre. Grâce aux fleuves et à ces canaux, toutes les mers limitrophes de l'empire sont en communication directe entre elles. Les canaux de la Russie appartiennent à trois catégories.
Outre les canaux destinés à régler et à déverser les eaux dans l’intérieur de quelques villes, il faut distinguer les canaux sans écluses des canaux pourvus d'un ou de plusieurs systèmes d'écluses. Les premiers longent ordinairement une partie quelconque d’un lac ou d'une rivière inaccessible ou dangereuse à la navigation, tandis que les autres réunissent directement deux ou plusieurs bassins.