‹ Aperçu statistique des forces productives de la RussieChapitre 27 sur 92 · O00C0O0000OO© © © © CE O0 #7 — O · texte numérisé non relu

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Province de remass FA Province du Littoral

idée H 1841 ,8 38. de

* Voy. le gouv. d'Orenbourg.

Nous croyons utile de compléter les chiffres de la table précédente par quelques observations concernant la Russie d'Europe, comme ia partie la plus importante de tout l'empire. À côté d'une population d'à peine vingt habitants par mille carré (Arkhangel), nous trouvons des gouvernements présentant une population assez épaisse et presque égale à la population moyenne de beaucoup de pays du centre de l'Europe. La partie la plus peuplée se resserre autour des deux centres historiques de la Russie, autour de Kieff et de Moscou. Moscou, Toula, Koursk, Poltawa, Kieff et la Podolie sont les gouvernements les mieux peuplés. Ces gouvernements, ainsi que les gouvernements limitrophes, forment, par excellence, le domaine primitif de la nation russe, la Russie historique. C'est en partant de ces deux centres que les Russes ont colonisé les contrées du nord-est, du nord-ouest et du sudest. Plus la colonisation est ancienne, plus la population est épaisse. Vers le nord, le climat et l’âpreté du sol ont posé des bornes au développement de la population, et, vu ces obstacles, le courant de la colonisation, après la chute de l'empire des Mongols et la prise de Kasan et d’Astrakhan, s’est détourné vers l’est et surtout vers le sud-est. Encore plus tard la colonisation s'est portée vers les steppes du sud, dans la Nouvelle- Russie. Des luttes acharnées et continuelles contre les hordes nomades, occupant ces contrées, ont longtemps arrêté l’accroissement de la population dans ces lieux. Seulement depuis un siècle ces contrées sont acquises définitivement par la Russie, et ce siècle a suffi pour quintupler la population des bords du Volga et des gouvernements de la Nouvelle-Russie. Ces provinces tendent évidemment à surpasser les pays du nord et du nord-ouest, colonisés depuis longtemps, et promettent d'atteindre bientôt la population du centre et du sud-ouest.

STATISTIQUE DES LIEUX HABITÉS : POPULATION AGGLOMÉRÉE ET POPULATION DES VILLES.

La densité de la population est en rapport direct avec la tendance de la population a se concentrer et à s'agglomérer. La nature des lieux et l'influence de la race marquent à ce sujet des différences considérables qui, surtout en Russie, sont dignes d'attention et exigent quelques explications de notre part. La plus grande tendance à s'agglomérer existe dans le sud et dans le sud-est de la Russie. Les steppes du Volga inférieur et du Don manquent d’eau et d'ombre, les deux conditions essentielles pour le choix d’une habitation; aussi les colons, au lieu de s’éparpiller et de vivre isolément, se resserrent autour du peu d'eau qu'on rencontre et forment pour la plupart de gros villages de deux à trois mille habitants. La moyenne pour chaque lieu habité est, dans ces régions, de 620 âmes. Puis vient la Petite-Russie, avec une moyenne de 570 habitants. Ce groupe comprend les gouvernements de Kieff, Poltawa, Tchernigoff, Kharkow et la Podolie. Un troisième groupe est formé par les gouvernements de la Nouvelle-Russie, par Khersohn, Yékatérinoslaw, la Bessarabie

et la Crimée. La moyenne y est de 400 habitants par lieu habité. La Russie du centre ou Grande-Russie (Moscou, Toula, Kalouga, Vladimir, Tver, Yaroslaw, Kostroma, Kasan, etc.) présente 200 habitants par lieu habité. L'industrie, qui dans d'autres pays tend à réunir la population en grandes masses, est évidemment trop faible pour exercer la même influence sur l’agglomération de la population en Russie. L'industrie russe se cache dans les villages ; les grandes fabriques aiment à s isoler. Restent les provinces du nord-est et du nord-ouest. Ces provinces peuvent être réparties en trois groupes. Les gouvernements d’Esthonie, Pskoff, Novgorod, Vologda, Olonetz, Arkbangel, Viatka et Perm, le ci-devant domaine de la race finnoise , pays de forêts et de marécages, présentent une moyenne de 140 habitants par lieu habité, et encore faut-il dire que les habitations isolées deviennent de plus en plus fréquentes. C'est l'influence de la race finnoise et du climat qui se fait sentir. L’Esthonie, province entièrement finnoise, représente le dernier échelon de ce groupe. Puis viennent les provinces de la Russie Blanche, Mohileff, Smolensk, Vitepsk, Minsk, Grodno, qui descendent encore plus bas et ne donnent qu'une moyenne de 100 habitants par lieu habité. Nous croyons pouvoir attribuer ce chiffre à la proximité et à l'influence de la race lithuanienne. En dernier lieu viennent les gouvernements occupés entièrement ou en majeure partie par la race lithuanienne. Ce sont Kowno, Vilno, la Courlande, une moitié de la Livonie et quelques districts de Vitebsk. La moyenne de ces provinces n'est que de 45 par lieu habité, la population des villes comprise ; c’est-à-dire que la population rurale et agricole ne présente, presque exclusivement, que des habitations isolées.

Nous avons cru devoir insister sur ce point, vu que la répar-

tition de la population et sa tendance à s’agglomérer est une condition essentielle de tout développement industriel. L’industrie en grand exige le concours d’une multitude de professions; elle ne peut prospérer dans l'isolement. Aussi le tableau que nous avons essayé de tracer indique clairement où il faut chercher le présent et l’avenir de l’industrie russe.

Les chiffres que nous avons reproduits plus haut ne sont pas tout à fait exacts. Le nombre des villes, et surtout la présence de quelques grandes villes, influent singulièrement sur la moyenne. Pour corriger cette influence il faut prendre note ae la population spéciale des villes et de la population urbaine en général.

On compte dans la Russie d'Europe 599 villes et 47 gros bourgs (possady) avec une population de 6.087.070 habitants. En Finlande il y a 34 villes avec 98.000 habitants. En Pologne nous trouvons 452 villes avec une population de 1.276.285 habitants. Au Caucase il y a 38 villes avec 349.912 habitants, et en Sibérie 56 avec 252.514 habitants. Total : 1.245 villes avec 7.740.000 habitants, ce qui donne le rapport de 10 à 100. Pourtant ce rapport varie, non-seulement d'après les grandes divisions territoriales, mais encore d'après les gouvernements.

Ainsi nous trouvons en Finlande le rapport de 5 à 100, en Pologne de 23,8; au Caucase 8,4, et pour la Sibérie 5,4. Encore faut-il remarquer que ces chiffres donnent une idée trèsinexacte de la vraie valeur des villes en Russie, surtout quant à la Russie d'Europe, la Sibérie et la Pologne. Dans les villes de la Russie d'Europe et de la Sibérie près de 15 pour 100 de la population, soi-disant urbaine, sont des paysans s'occupant d'agriculture, tout comme les habitants des campagnes. Près de 10 pour 400 sont des travailleurs venant temporai-

rement de la campagne et ne faisant qu'un court séjour dans les villes où ils restent rarement plus d’une saison. Près de 44 pour 100 appartiennent aux classes militaires (soldats de la troupe active, réservistes, pensionnés et leurs familles, etc.) et ne font pas partie de la population stable et et fixe des villes. En faisant les déductions indispensables, nous ne pouvons estimer la vraie population des villes qu’à 60 pour 100 de la somme totale, ce qui donne, au lieu de 6 millions, environ 4 millions, ou, en moyenne, le rapport de 6 à 7 sur 100. Ce que nous venons de dire se rapporte à toutes les provinces du centre, du nord-ouest, du nord-est et du sudest. IL faut faire exception pour les provinces maritimes qui présentent une population urbaine très-considérable. Parmi ces provinces, il faut compter Saint-Pétersbourg, Arkhangel, la Livonie, l'Esthonie, la Bessarabie, Kherson, Yékatérinoslaw, la Tauride et Astrakhan. A l'intérieur nous ne trouvons que Moscou, Orël, Vitebsk et les gouvernements de l’ouest, autrefois soumis à la domination polonaise, qui présentent une population urbaine assez considérable. Quant aux provinces de l’ouest, le chiffre de la population des villes n'est qu'illusoire, vu que la plupart des villes et presque la totalité des bourgs méritent fort peu le nom qu'on leur donne officiellement. Plus de la moitié de ces villes, ainsi que les deux tiers des villes de la Pologne, sont des villages habités par des paysans, avec addition d'un certain nombre de juifs, et le privilége de tenir foire. La position misérable de ces villes est une suite du servage qui enchaïînait naguère les villes tout aussi bien que les campagnes, en les plaçant sous la domination presque absolue de la noblesse et du clergé et en concédant à ces derniers le droit d'imposer et de taxer les habitants et de réglementer leur commerce et leur industrie

En 1866, le gouvernement, en libérant les villes dites de la couronne, qui, quoique nominalement sujettes aux droits domaniaux des rois, jouissaient pourtant d'une liberté d’action assez considérable, a mis une fin à l’état d'esclavage des villes seigneuriales et a ordonné le rachat de toutes les servitudes et des droits féodaux. Ces remarques faites, nous donnons ci-joint une table des principales villes de la Russie, classées d'après le nombre des habitants :

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