‹ Aperçu statistique des forces productives de la RussieChapitre 29 sur 92 · VI. Villes ayant plus de 20.000 habitants · texte numérisé non relu

VI. Villes ayant plus de 20.000 habitants

En Russie : Rostoff-sur-le-Don (Yékatérinoslaw), 29.261;

Revel (Esthonie), 29.434 ; Ackermann (Bessarabie), 29.343 ; Kozloff (Tamboff), 28.613; Koursk, 28.565 ; Tver, 28.528 ; Dunabourg (Vitebsk), 27.825; Pensa, 27.263 ; Orenbourg, 27.593; Vitebsk, 27.868 ; Yaroslaw, 27.745 ; léletz (Orël), 26.505; Grodno, 26.187; Krémentschoug, 25.848; Voljsk (Ssaratoff), 25.700 ; Elisabethgrad (Kherson), 25.057; Ssimbirsk, 24.837; Kowno, 23.937; Smolensk, 23.091; Mitau (Courlande), 22.790 ; Bender (Bessarabie), 22.448; Riasan, 22.376; Yékatérinbourg (Perm), 21.777 ; Kostroma, 21.525; Kertsch (Tauride), 21.432 ; Ssyzran (Ssimbirsk), 20.808; Brest-Litowsk (Grodno), 20.655; Tscherkassy (Kieff), 20.497 ; Arkhangel, 20.178.

En Finlande : Helsingfors, 22.403.

Au Caucase : Noukha, 20,543 ; Schousha, 20.297.

En Sibérie : rkoutsk, 28.009 ; Tomsk, 21.010.

VIT. Villes ayant plus de 10.000 habitants :

En Russie : Bobrouisk (Minsk), Perm, Kamienetz (Podolie), 19.000; Rjew (Twer), Khotin (Bessarabie), Vologda, Novo- Tscherkassk, Bolchow (Orel), Niégine (Tchernigoff), 18.000; Biélaya-Zerkow (Kieff, bourg), Pskoff, Novaorod, Lipetzk (Tamboff), 17.000 ; Bialystock (Grodno), Nankhitschewan (Yékatérinoslaw), Kolomna (Moscou), Simphéropol (Tauride), Morschansk (Tamboff), Torjok (Twer), Oufa, 16.000; Karassou-Bazar (Tauride), Rybinsk (Yaroslaw), Sergiewsky (bourg du gouvernement de Moscou), 15.000; Vladimir, Viatka, Schavli (Kowno), Belgorod (Koursk), Dorpat (Livonie), Zlatooust (Perm), Akthyrka (Kharkow), Lébédiane (Kharkow), Balta (Podolie), 14.000 ; Tschistopol (Kasan), Briansk (Orël), Livny (Orël), Mzensk (Orël), Viasma (Smolensk), Wyschni- Wolotschok (Twer), Starobielsk (Kharkow), Skopin (Riasan), Khwalynsk (Ssaratoff), 43.000; Wassilkoff (Kieff), Rossiény

(Kowno), Homel (Mohileff), Sckloff (Mohileff), Arzamas (Nijni-Novgorod), Ssaransk (Penza), Koungour (Penza), Berdiansk (Tauride), Ssoumy (Kharkow), Kousnetzk (Ssaratoff), Doubowka (bourg, Ssaratoff), 12.000 ; Polotzk (Vitebsk), Kréménietz (Volhynie), Staro-Konstantinoff (Volhynie), Azow (Yékathérinoslaw), Swénigorodka (Kieff), Pinsk (Minsk), Petrosawodsk (Olonetz), Bakhtschi-Saray (Tauride), Isioum (Kharkow), Biélopolié (Kharkoff), Kamyschine (Ssaratoff), Ouglitsch (Yaroslaw), Toultschine (bourg, Podolie), 14.000 ; Mourom (Vladimir), Bakhmout (Yékathérinoslaw), Novo- Moskowsk (Yékathérinoslaw), Jisdra (Kalouga), Tschigirine (Kieff), Libau (Courlande), Sserpoukhoff (Moscou), Karatscheff (Orël), Péréyaslaw (Poltawa), Prilouki (Poltawa), Ouralsk (pays des cosaques de l'Oural), Bobrinetz (Kherson), Tcherngoff, Gloukhoff (Tchernigoff), Starodoub (Tchernigoff), Vinnitza (Podolie), Haïssine (Podolie), Mohileff sur le Dniestr (Podolie), Tsarskoyé-Sselo (Saint-Pétersbourg), Pétrowsk (Ssaratoff), Sserdobsk (Ssaratoff), Alatyr (Ssaratoff), Rostow (Yaroslaw), 10.000. Parmi les bourgs, Polonnoyé (Volhynie), Pétrikowka (Yékatérinoslaw),Slatopol(Kieff), Nossowka (Tchernigoff), ont plus de 10.000 habitants.

En Finlande : I n’y a qu'une seule ville qui compte plus de 10.000 habitants : Abo, 17.000.

En Pologne, nous trouvons Lublin avec 18.000 habitants ; Plock avec 13.000 ; Kalisch, Ssouwalki, Sgersh avec 12.000; Piotrkoff avec 11.000, et Radom, 40.000.

Au Caucase: Elisabethpol avec 19.000 habitants; Stavropol, 17.000; leïssk, 16,000; Alexandropol, 15.000; Akhalzykh, 14.000; Bakou, 13.000; Eriwan, 12.000 ; Derbent, Kouba, Schemakha et Mosdoc, avec plus de 10.000.

En Sibérie: Omsk compte 19.000 habitants; Tobolsk, 18.000 ; Barnaoul, 11.000, et Krasnoyarsk, 10.000.

En déterminant la densité de la population pour les différentes parties de l'empire russe, et en mentionnant les principaux faits ayant rapport à la répartition de la population par lieux habités, nous avons déjà vu que la différence des races joue un rôle important dans l'état social et économique de la Russie. Aussi, avant d'aller plus loin et de passer à l'analyse des principaux faits ayant rapport à l’état de civilisation et à la situation morale et sociale de la population de l’empire, il est important de bien connaître la composition ethnographique de l’empire russe qui, en réunissant sous les mêmes lois, sous le même sceptre, un grand nombre de peuples et de fragments de peuples, présente un tableau très -varié. Pour bien comprendre les rapports existant aujourd'hui entre les différentes races, pour se faire une idée juste des causes de leur situation morale, sociale et économique, pour saisir le fil qui rattache la position actuelle des différents peuples à leur existence primitive, il faut avoir recours à l’histoire et se rappeler succinctement les grands changements que l’histoire a apportés dans la position réciproque des nombreux peuples habitant actuellement le sol de l'empire russe. L'histoire seule peut expliquer l'existence et la situation actuelle d’une infinité de peuplades et de tribus éparses, qui, ayant formé jadis des corps politiques, ne présentent aujourd’hui que des débris et perdent de jour en jour leur individualité ethnographique.

Les premiers renseignements historiques sur la Russie signalent dans la Russie d'Europe trois races différentes. Il y avait au sud-ouest des Sarmates, au sud-est les Scythes et au nord les Thyssagètes. Quoique sous des noms empruntés, il

n’est pas difficile de reconnaître dans la description que nous ont laissée les Grecs de ces trois peuples, les traits caractéristiques des Slaves, des Turcs et des Finnois. Aux rm et iv° siècles, la Russie du sud, le littoral du Pont-Euxin, devint la grande route des peuples de l'Asie, destinés à changer non-seulement la face de la Russie, mais encore la face de toute l'Europe. Au vi‘ siècle, quand l'équilibre se trouve rétabli, nous retrouvons les trois races primitives de la Russie, mais leur position réciproque a changé. Les Slaves ont fait place au torrent de l'Asie. En se reportant vers le nord, ils ont délogé une partie de la race finnoise, qui a cédé aux Slaves le lac Ilmen et les bords du haut Volga. Sur les bords du lac Ilmen les Slaves ont fondé la république de Novgorod qui leur sert de centre pour s'étendre au nord et à l’est, en suivant le cours des fleuves. Les Finnois se sont soumis en partie aux Slaves, en partie se cachent dans les forêts et les marécages du nord et du nord-est, au delà du Volga. Le sud-est et le sud de la Russie restent vacants. Le passage d’un grand nombre de peuples nomades, venus de l'Asie, y a détruit jusqu'aux vestiges d'une population fixe. Les Scythes n'existent plus, ou bien ils ont changé de nom et suivi avec d'autres peuples le courant de l'invasion. Le pays des ci-devant Scythes et une partie du pays des Slaves n’est qu'un désert, une vaste steppe occupée en partie par des tribus mixtes, derniers vestiges des différents peuples qui ont passé par ces lieux. Il est inutile de s'arrêter aux détails des changements qui survinrent dans cette partie de la Russie. Les peuples qui y firent leur courte apparition, après le septième siècle, ont disparu sans laisser de traces. Tour à tour ce furent Iles Khazares, les Polowtzi, les Petschenègues qui dominaient les tribus éparses dans la steppe. Aucun de ces peuples ne parvint à fonder un corps d'état stable. Au

xin° siècle tous ces nomades, pour la plupart de race turque, se soumirent de gré ou de force à la domination des Mongols (Tatares), qui s’établirent en masse sur les bords du Volga et occupèrent en même temps par des hordes détachées tout le sud de la Russie. Toute cette partie, ainsi que tout le sudest de la Russie, devint tatare.

Aïnsi nous retrouvons en Russie au xiv° siècle trois races distinctes. Les Slaves, qui depuis 864% s'appellent Russes, d'après le nom des princes normands venus d'outre-mer pour régner à Novgorod, et forment un grand corps politique embrassant les principautés de Novgorod, Pskoff, Kieff, Tchernigoff, Smolensk, Galiez (Galicie autrichienne), Wladimir et Moscou; les Finnois, qui fuyaient toujours vers le nord, en cédant du terrain aux Russes, et enfin les Tatares, qui après avoir fait main basse sur les Finnois du Volga et sur le reste des peuples du sud, occupent les bords du Volga inférieur, tout le littoral de la mer Noire et tout le sud-est jusqu’au Caucase et jusqu'à la chaîne de l'Oural.

Ainsi au xrv° siècle la nation russe se trouve constituée depuis le lac Ladoga jusqu'au confluent de l'Oka et du Volga, depuis le cours supérieur du Don jusqu’au Boug et jusqu'aux Carpathes. Ici commence une nouvelle série de déplacements et de transformations ethnographiques. A l’ouest, l'annexion de plusieurs principautés russes à la Lithuanie, et la réunion de la Lithuanie à la Pologne, arrête le développement de la nationalité russe et donne accès au polonisme. Une grande partie de la noblesse et une partie de la population des villes devient polonaise, au fur et à mesure que la Pologne paye l’apostasie et l'abandon de la langue russe par des leitres de noblesse et des priviléges nobiliaires (entre autres par le droit exclusif de propriété foncière). Avec les

7h STATISTIQUE DES LIEUX HABITÉS.

Polonais arrivent les Juifs. Quant au peuple des campagnes, quoique asservi et attaché à la glèbe, quoique privé de droits politiques et travaillé constamment par la propagande du catholicisme, il reste fidèle à la foi de ses pères, fidèle à sa langue, et se défend vigoureusement contre la prétention de le dénationaliser. De là une lutte acharnée dont nous renoncons à retracer l'historique, vu qu'elle n’a pas eu d’autre suite qu’une large effusion de sang, la ruine du pays et une haine ardente contre les usurpateurs polonais, haine qui existe en partie encore de nos jours, même après que la majeure partie de la population russe, échue temporairement à la Pologne et soumise aux expériences du polonisme et du catholicisme, est revenue à l'empire.

Tout en restant stationnaire du côté de l’ouest sous la domination absolue d'une nation étrangère, la race russe fait des progrès rapides vers le nord, vers l’orient et vers le sud. La colonisation russe va son chemin et pousse toujours en avant. L'introduction du christianisme, l'établissement de stations commerciales, quelquefois la guerre, ouvrent de larges voies à la colonisation russe parmi les Finnois du nord et les Tatares du sud et du sud-est. Une partie des peuples finnois et tatares se réunit à la nation russe; une autre, tout en se défendant, cède du terrain et se réfugie à côté. C'est ainsi que trois courants de colons séparent le corps de la nationalité finnoise et s'ouvrent trois larges routes vers les débouchés naturels du centre de la Russie. Le premier de ces courants, en partant de Novgorod, descend le cours du Wolkhow et de la Néva et atteint la Baltique, en rejetant les Tschoudes en Esthonie, les Finnois, proprement dits, en Finlande, et en couvrant le pays des Suomis et des Ingricotes (Finnois du gouvernement de Saint-Pétersbourg) de nombreuses colonies. Un autre courant,

partant de Novgorod et de Yaroslaw, pousse le long de la Dwina vers la mer Blanche (Arkhangel), rejette les Karéliens à gauche, dans le dédale des grands lacs, les Samoyèdes, et les Zyrianes à droite, dans les marécages de la Petschora et extermine sur son chemin les Finnois de la Dwina et de la Wytschegda. Le troisième courant part du confluent de l’Oka et du Volga. Les Russes remontent la Kama vers les mines de l'Oural, chassent devant soi les Vogouls et les Ostiacks qui sont forcés de se réfugier au delà des montagnes, enferment à gauche les Permiaks et les Votiaks dans les forêts inextricables du nord et repoussent à droite les Finnois au delà de la Kama. Par suite de ces changements, la race finnoise se trouve partagée en quatre groupes différents, séparés entre eux par la masse des colons russes.

La lutte avec les Tatares commença plus tard, mais eut le même succès. Le grand empire des Tatares, affaibli par des dissensions extérieures, s’affaissa peu à peu. Divisé en parties, il n'eut plus la force de lutter contre les Russes, et déjà au xvi‘ siècle, après la chute des royaumes de Kasan et d’Astrakhan, nous voyons les Russes s'établir le long du Volga, au milieu des Tatares et des Finnois du Volga, sujets soumis des Tatares. Au sud-est et au sud, autour du Don et du Dniépr, le voisinage des Tatares et une guerre permanente de frontière contribuèrent à la formation des tribus de cosaques, sorte de milice volontaire chargée de défendre la Russie contre les invasions des Tatares. Toujours en armes, toujours prêts à la guerre, les cosaques , tout en défendant les frontières de la Russie à la manière des Tatares, c’est-à-dire payant invasion par invasion, conquirent peu à peu du terrain. Les enfants du Don, non contents d’avoir occupé tout le cours de ce fleuve et une grande partie de la steppe du sud-est, firent

des expéditions lointaines, dont le résultat fut la formation de nouvelles colonies au milieu du ci-devant domaine tatare. Une de ces expéditions conquit la Sibérie, où les Cosaques, en s’avançant toujours vers l’orient et en précédant la population russe, se trouvent aujourd'hui au delà du lac Baïcal. Une autre occupa les bords de l’Oural; une troisième s'établit au pied du Caucase. Les cosaques du Dniépr furent les premiers colons russes de la Nouvelle-Russie (plus tard ils furent établis sur les bords de la mer d’Azoff et sur le Kouban). Par suite de tous ces changements, la population tatare (race turque) ne présente aujourd’hui que des débris, des oasis, au milieu d’une population russe qui, en entrant dans les steppes fertiles du sud et du sud-est, y a établi l’agriculture, fondé des villes et réactivé le commerce.

Telle est la situation actuelle des trois grandes races primitives de la Russie. Aux peuples de ces trois races, il faut ajouter aujourd'hui encore quelques peuples qui, par suite d’une soumission volontaire ou par suite de conquêtes plus récentes, sont entrés dans la grande famille des peuples de la Russie, ainsi que les colons étrangers, appelés à différentes époques par le gouvernement russe et établis dans quelques parties de l'empire. En face des débris de la race finnoise et tatare, en face de quelques fragments détachés d’autres races, acculées pour la plupart aux frontières extrêmes de l'empire, nous trouvons une nation de plus de 56 millions qui occupe en masse tout le centre de l'empire et se répand en larges rayons vers tous les débouchés de ce centre. Par son nombre, par sa position et par son unité, le peuple russe est, sans contredit, le seul élément national capable de dominer les vastes plaines de l’Europe orientale et de l'Asie septentrionale. Parlant une seule langue (car les trois dialectes, de la Grande-

Russie, de la Petite-Russie et de la Russie Blanche ne font qu'une seule langue), appartenant à une seule religion, conservant les mêmes traditions historiques, la nation russe, certes, n'a rien à craindre de la rivalité des autres nations. Quant aux autres races, elles ne perdent plus de terrain, mais bien du monde. Les peuples nomades et chasseurs de la race finnoise et tatare, en devenant peu à peu sédentaires, acceptent la langue et la religion de la nation dominante et se font franchement Russes. Gardent leur nationalité seulement les peuples ayant leur propre civilisation et auxquels le gouvernement russe garantit pleine liberté, quoi qu'on dise dans les rangs d’un parti hostile à la Russie et à sa grandeur.

Les chiffres suivants, indiquant le nombre et la distribution des différentes races, serviront à compléter le tableau général dont nous avons donné l'esquisse plus haut.

1. Race finnoise. Elle compte aujourd'hui dans tout l’empire près de 4.630.000 âmes, dont 2.912.000 dans la Russie d'Europe, 1.566.000 enFinlandeet environ 4 50.000 en Sibérie. Sur 100 habitants, on compte généralement 5 à 6 ‘/, de la race finnoise ; dans la Russie d'Europe le rapport est de G°/,, dans la Finlande de 91 et en Sibérie de 3 ‘,. Dans la Russie d'Europe, nous rencontrons la race finnoise dans dix-neuf gouvernements du nord-ouest et du nord-est, dans les proportions suivantes : en Esthonie on compte 87 ‘/, de Finnois; aussi ce gouvernement est le seul où cette race forme presque la totalité de la population. En Livonie, dont toute la moitié septentrionale est finnoise, on en compte 46°, Dans le gouvernement d’Olone{z nous trouvons 33 %,. Dans celui de Kasan 27 *,. Ssimbirsk compte 44 %,, Viatka et Saint- Pétersbourg, chacun par 11 %,, Arkhangel 40 ‘,, Vologda 8 ‘/,, Ssaratoff 8 ‘/,, Nijni-Novgorod G *,, Twer 6°},

Tamboff 4 ‘,, Perm 4°, Novgorod 4 ‘,,, Orenbourg 3 °/. En général, les différentes parties de la race finnoise n’ont presque aucun rapport entre elles, et pour la plupart vivent isolément au milieu de la race russe. Ainsi, au point de vue ethnographique, il faut distinguer non-seulement quatre grands groupes de peuple finnois, séparés entre eux par la masse de la population russe, mais encore les subdivisions de ces groupes.

a. Le premier de ces groupes comprend, au sud du golfe de Finlande, la masse compacte des Tschoudes ou Esthoniens, qui occupent toute l'Esthonie et la plus grande partie de la Livonie (ensemble près de 760.000 âmes).

b. Le second groupe comprend les Finnois proprement dits, parlant différents dialectes, les Haemalaïset, les Quaines les Savolax, etc., et occupant en masse la Finlande (au nombre de 1.450.000), les Karéliens (en Finlande et dans les gouvernements d'Olonetz, Novgorod et Twer), comptant près de 300.000 âmes, les Finnois de Saint-Pétersbourg (environ 100.000 âmes)etles Lapons, dans le district de Kola (gouvernement d'Arkhangel), dont il ne reste que 3 à 4000. Les Finnois de Saint-Pétersbourg, ainsi que les Karéliens de Twer et de Novgorod, ne présentent que des îlots au milieu de la population russe et se distinguent à peine des Russes. En général, les Karéliens appartiennent à l'Église grecque et parlent pour la plupart la langue russe.

c. Les peuples finnois de l'Oural forment un groupe séparé. Ce sont les Samoyèdes (dans le district de Mesen, gouvernement d'Arkhangel), en tout 4500 âmes, sur un espace de 2000 milles carrés, les Zyrianes d’'Arkhangel et de Vologda, comptant environ 150.000 âmes, les Permiaks et les Votiaks dans les gouvernements de Perm et de Viatka, et enfin les

Vogouls et les Ostiaks de la Sibérie. Il est impossible de donner le chiffre exact de ces peuples qui, vivant principalement de la chasse et du produit des forêts, perdent chaque année du monde. Les Votiaks et les Permiaks, séparés par de nombreuses colonies russes, appartiennent à la religion grecque et commencent à s'approprier la langue russe. Les Finnois, chasseurs de la Sibérie, quittent aussi peu à peu leur état primitif et commencent à se fixer près des villages russes. En général, les Finnois de l’Oural présentent la partie la plus faible de l'élément finnois, destiné évidemment à se perdre peu à peu dans la population toujours croissante des Russes.

d. Les peuples finnois du Volga composent le dernier groupe de la race finnoise en Russie. Nous comptons dans ce groupe près de 600.000 Tscheremisses (Viatka, Kostroma, Nijni-Novgorod et surtout Kasan), vivant en masse sur la rive gauche du Volga; environ 400.000 Mordvines, dispersés dans les gouvernements de Nijni-Novgorod, Tamboff, Pensa, Ssmbirsk et Ssaratoff, et enfin près de 400.000 Tschouvaches à Kasan (rive droite du Volga), Ssimbirsk, Ssaratoff et Ssamara. Les Finnois du Volga ont essuyé la double influence des Tatares et des Russes. Les Tschouvaches sont évideniment un peuple d'origine mixte. Le type finnois apparaît trèsfaiblement, d'autant plus que, vivant presque au milieu des Tatares, les Tschouvaches leur ont emprunté beaucoup de traits caractéristiques. Chez les Mordvines, au contraire, c'est l'influence russe qui prédomine. Les Finnois du Volga appartiennent presque tous à l’Église grecque, et s'occupent principalement d'agriculture. L'industrie se développe peu à peu surtout entre les Mordvines.

2. Peuples tatares. Sous la dénomination générale des Tatares, il faut comprendre plusieurs peuples appartenant à

la famille nombreuse des peuples tures. Ces peuples, présentant beaucoup de traits caractéristiques, communs à toutes les branches de la race turque, sont pourtant encore plus désunis que les peuples finnois. Leur unité consiste dans le culte de Mahomet et dans quelques affinités de langage. Au point de vue de la civilisation, de la position géographique, du genre de vie, des mœurs et des coutumes, ces peuples présentent des différences qui enfont des corps de nation presque entièrement séparés. Le total de ces peuples monte environ à 4.780.000 âmes, ou 6°, de la population de l'empire. Pour la Russie d'Europe nous trouvons le chiffre de 2.370.000 ou 4°. Au Caucase on compte près de 600.000 ou 14°, en Sibérie 1.800.000 ou 39°/,. Quant à la répartition par gouvernements, elle donne les rapports suivants : Orenbourg 61°,, Astrakhan 33°/,, Kasan 28°, Tauride 15°}, Ssamara 10°}, Perm et Ssimbirsk 7°/,, Viatka, Ssaratoff et Pensa 4°}, Nijni-Novgorod 3°/, Tamboff 1 ‘/,. Au Caucase, Bakou compte 70°, le Daghestan 15°, Stavropol 10°). En Sibérie, sans compter les kirghiz qui, au nombre de 4.500.000, occupent exclusivement les deux provinces dites des kirghiz, on trouve des Tatares dans tous les gouvernements, et surtout dans la province de Yakoutsk. Parmi les peuples dits de race tatare il faut distinguer :

a. Les Tatares proprement dits, séparés en trois groupes, dont le plus considérable occupe en partie les deux rives du Volga et a son centre à Kasan. Ces Tatares, dits Tatares de Kasan, sont les plus civilisés parmi les peuples de cette race. Ils s'occupent d'agriculture, mais beaucoup d’entre eux préfèrent l'industrie et surtout Le commerce, et forment une notable partie de la population des villes. Les Tatares de la Crimée formentle second groupe; ceux du Daghestan et du gouverne-

ment de Bakou le troisième. De plus, 1l ya encoreplusieurs petits groupes secondaires, comme les Tatares d’Astrakhan et des gouvernements de Tomsk et de Tobolsk. En comptant pourles Tatares du Volga 1.130.000, pour les Tatares de la Crimée 115.000, pour les Tatares du Caucase 550.000 et pour les petites peuplades 200.000, le nombre des Tatares proprement dits s'élève 1.995.000.

b. Nogaïs ou Tatares de la Steppe. Sous le nom de Nogaïs il faut comprendre les débris d’un peuple nomade qui autrefois occupait la majeure partie de la Russie méridionale et dépendait de la Grande Horde. Les Nogaïs ressemblent beaucoup aux Tatares proprement dits, mais les circonstances et le genre de vie en ont fait un peuple à part. Les Nogaïs s’obstinent à rester nomades et se refusent à la civilisation. Aujourd'hui les Nogaïs ne présentent que des tribus éparses, peu nombreuses et perdant chaque jour du terrain. On trouve quelques débris dans les steppes de la Crimée, dans la province du Kouban et dans le gouvernement de Stavropol. Total près de 100.000 âmes.

c. Bachkirs. Les Bachkirs forment un peuple de race mixte. Ce sont ou des Finnois tatarisés ou des Tatares mêlés avec des Finnois. Pourtant l'élément talare est évidemment le plus fort et c'est pour cette raison qu'il faut compter les Bachkirs parmi les peuples de racetatare. Ils habitent le gouvernement d'Orenbourg et en partie Perm, Viatka et Ssamara, au nombre de 975.000 âmes. Parmi les Bachkirs on trouve actuellement beaucoup de colons russes qui occupent, au milieu de la population bachkire, non-seulement les villes, mais encore des . districts entiers.

d. Kirghiz. Les kirghiz, comme les Tatares Nogaïs, sont un peuple essentiellement nomade ; ils occupent en Sibérie les

provinces dites des kirghiz et en Europe une partie du gouvernement d'Astrakhan, entre le Volga et l'Oural. On peut évaluer la population des kirghiz à 1.500.000 âmes, mais il faut remarquer que ce chiffre n’est qu’approximatif et qu'une partie des kirghiz appartient tout aussi bien à l'empire chinois, qu'à l'empire russe, vu qu'ils se trouvent tantôt sur le ter ritoire russe, tantôt sur le territoire chinois.

e. Vakoutes. La dernière place parmi les peuples de race turque est occupée par les Yakoutes, peuple habitant le nordest de la Sibérie et principalement Ja province de Yakoutsk. Les Yakoutes, grâce au climat et à la nature des plaines boisées de la Sibérie, sont un peuple chasseur, qui paye tout, même l'impôt, avec des fourrures, seul produit de leur industrie. Le nombre total des Yakoutes n'est pas certain. D’après les données les plus récentes, le total ne doit pas excéder 200.000.

3. Peuples de race lithuanienne. Les Lithuaniens, occupant une partie du nord-ouest de la Russie, comprise entre le Niémenet la Dwina, se divisent, d’après le dialecte, en Lithuaniens, Samogitiens et Lettons. D'après des recherches ethnographiques et linguistiques, les Lithuaniens ne sont pas une race à part, mais appartiennent à la famille des peuples slaves. Il est incontestable qu’il existe des rapports entre la langue lithuanienne et le slave, mais en même temps il faut convenir que les recherches faites jusqu'à présent sont encore trèsinsuffisantes. Le total des peupleslithuaniens est de 2.420.000 individus, répartis dans cinq gouvernements, savoir : Kowno 32'/, (Samosgitiens), Courlande 81°/, (Lettons), Vilna 52°/, (Lithuaniens), Livonie #1 ‘/, (Lettons), Vitebsk 21°, (Lettons). De plus, on en trouve quelques milliers dans Grodno. En Pologne on compte près de 440.000 Lithuaniens, dans le gouvernement d'Augustowo.

4. Peuples de race Roumaine. Les représentants de cette race en Russie sont les Moldaves qui, au nombre de 780.000, occupent la majeure partie de la Bessarabie, ainsi que quelques parties de Kherson, de la Podolie et de Yékathérinoslaw. En Bessarabie ils forment 62°, de la population, dans le gouvernement de Khersson 9°/,; en Podolie et à Yekathérinoslaw ils atteignent à peine 2°/,.

5. Peuples de race Géorgienne ou peuples Kärthlhi. A cette race appartiennent les Géorgiens proprement dits et plusieurs peuplades habitant le revers méridional de la chaîne du Caucase : les Abkhases, les Imérétiens, les Mingréliens, les Svanètes, les Gouriels, ete. La race géorgienne forme la masse principale de la population transcaucasienne et présente un total de plus de 800.000 âmes. Dans le gouvernement de Tiflis elle compte 70°/,, dans celui de Koutaïss, avec ses dépendances, 60°;

G. Peuples de race Haykane ou Arméniens. Le territoire de cette race est situé au delà du Caucase, à côté du domaine de la race géorgienne. Total de la population arménienne : 540.000, dont 220.000 dans le gouvernement d'Eriwan (85°), 80.000 à Tiflis (15°), 90.000 à Koutaïss (20 ‘/,) et 120.000 à Bakou (20°/,). De plus, les Arméniens, peuple essentiellement commerçant, se trouvent dans toutes les villes de la Russie méridionale, à Astrakhan, à Stavropol, Kherson, Yékathérinoslaw, en Bessarabie et en Crimée. La ville de Nakhitschewan, près de Rostoff-sur-le-Don, est une colonie arménienne.

7. Peuples de race Tcherkesse. Sous le nom de Tcherkesses, on comprend une infinité de peuplades habitant le revers septentrional de la chaîne du Caucase. Ces peuplades ont définitivement quitté la plaine, cédée actuellement aux cosaques du Kouban et de Tersk, et se sont retirés dans les gorges des

montagnes. Des recherches récentes ont démontré clairement que ces peuplades, vivant pour la plupart isolément, présentent de grandes différences par rapport à la langue, aux mœurs, etc., et qu'elles sont bien loin d’avoir la même origine. Les Lesghins, les Tchetchenzes, les Kabardiens, habitant la partie orientale du Caucase (le Daghestan), forment un groupe à part. Les Ossètes, occupant le milieu, n'ont presque rien de commun avec le Daghestan, et quelques savants prétendent même qu'ils sont de race germanique. Les Tscherkesses du Caucase occidental, appelés généralement Adighé et soumis récemment, présentent encore un groupe séparé. Le total de tous ces peuples s'élève à peine à 800.000 âmes, dont la plupart habitent le Daghestan. Une grande pardes Adighé a émigré.

8. Peuples de race Mongole. La race Mongole compte parmi ses représentants en Russie environ 100.000 Kalmoucks dans les gouvernements d’Astrakhan, de Stavropol et dans le pays des cosaques du Don. Uneautre tribu de Kalmoucks se trouve en Sibérie dans les gouvernements de Tomsk et de Yénisseisk. De plus, appartiennent à la race Mongole les Bouriates (près de 200.000 âmes), dans la Transbaïcalie, les Toungouses (100.000 âmes), dans le gouvernement de Yénisseisk, et les tribus qui habitent la province de l’Amour et qui sont trop peu nombreuses et trop peu connues pour être énumérées séparément. Total de la race Mongole : près de 500.000 âmes, tous nomades ou chasseurs, excepté une partie des Bouriates qui sont agriculteurs et en général beaucoup plus civilisés que les autres représentants de cette race. ;

9. Peuples de race Américaine. Ces peuples, si toutefois on peut décorer du nom de peuple les pauvres tribus habitant les îles Aléoutes et Kouriles, ainsi que quelques points

du littoral du Kamtschatka et de l'Amérique russe, comptent à peine quelques milliers d'individus vivant de chasse et de pêche. Les plus nombreux entre eux sont les Tschouktchis, dont le nombre, à ce qu'on dit, s’élève jusqu à 3000.

10. Race Allemande. Parmi les peuples colons en Russie, les Allemands occupent la place la plus importante. Leur nombre est de presque 830.000 âmes. La Russie d'Europe en compte 570.000. Dans les trois gouvernements de la Baltique (Esthonie, Livonie, Courlande) ils se trouvent installés depuis longtemps et forment exclusivement le corps de la noblesse et une grande partie de la population privilégiée des villes. C'est pourquoi on appelle quelquefois ces provinces, provinces allemandes. En Livonie on compte en général 94.000 Allemands, (11°), en Courlande 52.000 (9°), en Esthonie 25.000 (8°). De plus, on trouve un nombre considérable de colons allemands dans les gouvernements suivants : Ssaratoff 110.000 (7 ,), Ssamara 77.000 (5 °/), Tauride 41.000 (8°/,), Kerson 51.000 (5), Yékatherinoslaw 27.000 (3°), Bessarabie 23.000 (2/7, *). Dans le gouvernement de Saint. Pétersbourg, et surtout dans la capitale, on compte près de 50.000 Allemands. En général, on trouve des Allemands dans presque toutes les villes. En Pologne leur nombre est de 280.000. Ce sont pour la plupart des colons. Au Caucase il y a quelques colonies près de Stavropol. En Sibérie on rencontre quelques milliers d’Allemands dans les villes.

11. Suédois. Le nombre des Suédois ne dépasse pas 150.000 âmes qui, excepté quelques milliers dans l’île de Moon (gouvernement d Esthonie), habitent en masse le littoral de la Finlande, depuis Abo jusqu’à Helsingfors, et sont surtout nombreux dans les villes.

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