SIBÉRIE
DObOÏSKAE Tr. eme éreuntt 27.000,20 1.308.149,0 1.491.289 Are) PÉRAUE O RO 2-1 l0:188: 00 761.499,0 868.450 MÉDISSEISK emmener 45.708,10 2.211.589,0 2521821 ICONS Red |! 132997: 00 646.372,0 136.864 Province des kirghiz d’Orenbourg.| 17.355.24 834.894,0 951.779 Province de Sémipatalinsk....... 8.498,50 411.556,0 469.173 Province des kirghiz de Sibérie...| 14.544,00 703.711,0 802 230 Province de Yakoutsk...........! 71.420,60 3.485.684,0 3.939.479 Province de la Transbaïcalie..... 10.057,20 486.615 ,0 554.741 Province de l’'Amour............. 5.129,50 248.164,0 282.919 Province du Littoral............. 33.199,70 1.634.213,0 1.863.002
La Russie d'Europe est essentiellement un pays plat. Occupant la majeure partie de la grande plaine orientale de l'Europe, elle ne présente que des ondulations et des hauteurs insignifiantes. Les principales chaînes de montagnes se trouvent à l’est et au midi de cette partie de l'empire, qu'elles séparent de l'Asie. Au milieu de cette vaste plaine s'élèvent insensiblement quelques plateaux, qui ne dépassent que fort peu la hauteur absolue de 1000 pieds. Le plus connu de ces plateaux, celui de Valdai, est situé entre les sources des principaux cours d’eau de la Russie et forme ainsi le nœud d'où partent les lignes qui séparent les principaux versants et forment les différents bassins. Tel est l'aspect général du pays. Au sud-ouest, la plaine est limitée par quelques ramifications des Carpathes. Une arête de granit, qui part des Carpathes vers l’est, s'étend le long de la mer Noire et redresse le cours de presque tous les fleuves courant au sud vers cette mer. En rencontrant cette arête, ces fleuves et leurs affluents se détournent, s’encaissent et forment des cataractes qui présentent des obstacles sérieux à la navi-
gation fluviale, et sont cause de beaucoup de difficultés pour le commerce du sud.
La frontière orientale de la grande plaine russe est formée par la chaîne méridienne de l'Oural ou Ceinture de pierre (kamennoy poyass), le plus grand soulèvement longitudinal du monde ancien, présentant une longueur de 1500 verstes et même plus, si l’on compte les ramifications de la chaîne principale qui s'étendent au loin dans la steppe kirghize.
L'Oural se divise en trois parties distinctes, dont la première, l'Oural septentrional, partant des bords de l'Océan glacial et finissant aux sources de la Petschora et de la Ssosswa, présente une suite de plateaux longs et étroits dépassant rarement 3 à 4000 pieds. Le mont Ssablya, le Toell- Poss et le Pawdinsky-Kamen sont les points culminants de cette partie de la chaîne et s’elèvent jusqu’à 5 et 6000 pieds. L'Oural central est beaucoup moins élevé que l'Oural septentrional. C’est une suite de hauteurs insignifiantes dont le versant oriental renferme une masse de richesses minérales. L'Oural du sud, depuis le mont Iremel, se bifurque et présente deux chaînes parallèles, renfermant dans toute leur longueur la haute vallée du fleuve Oural. Du côté de l'Europe, la chaîne principale, dite Oural des bachkirs, est accompagnée d'une suite de chaïînons latéraux, de manière que tout l'Oural méridional présente une masse de crêtes parallèles. L'Oural méridional, dans la chaîne principale, présente une hauteur de 5 à 6000 mètres. L'Iremel s'élève jusqu'à 8000 p.
L'Oural, proprement dit, finit au point d’Orsk, point où le fleuve Oural, quittant la vallée longitudinale comprise entre les deux chaînes parallèles, tourne brusquement à droite, en se rapprochant du Volga. Pourtant il y a une sorte de prolongation de l’Oural dans la steppe des kirghiz. C’est une suite
de hauteurs appelées collines de Mouhadjar et s'élevant à peine à 2000 pieds.
La structure géologique du système ouralien est très-simple. La base de la chaîne est composée de granit et de matières cristallines. Pourtant cette masse ne perce que dans les lieux où Ja chaîne est peu large, comme dans l’Oural septentrional et dans quelques points de l'Oural bachkirien. De chaque côté de cette vieille roche s'étendent des couches schisteuses renversées. À l’est, du côté de la Sibérie, c'est principalement un schiste corné, suivi de jaspe. A l’ouest, c'est un grès micacé, quelquefois très-compacte, accompagné d’alun et de schiste argileux. Viennent ensuite des deux côtés des couches unies de roches calcaires riches en minerai et surtout en cuivre. Dans les parties basses, ces couches sont recouvertes de terre alluviale, de marne, d'argile, ete. Ces alluvions, assez fréquentes du côté de l’ouest, renferment de nombreux gisements d’or.
La Finlande est un vaste plateau de granit, dont l'élévation moyenne est de 500 pieds, et qui ne présente aucun point culminant. Déchiré par des crevasses sans fin, ce plateau présente un pays de lacs et de torrents. Toute la Finlande offre un aspect très-pittoresque; mais le sol est pauvre, montre presque partout la pierre nue, et offre à chaque pas des obstacles à la facilité des communications et des transports.
La Pologne n’est qu’une continuation de la grande plaine russe. Un plateau peu élevé et de petite étendue, considéré comme une dérivation des Carpathes, quoique séparé de cette chaîne par le lit de la haute Vistule, remplit la partie sudouest du royaume. C'est ce qu'on appelle la Lissagora, pays montagneux et boisé, riche en minerai de fer.
Le pays du Caucase comprend les demi-versants de la chaîne
gigantesque qui s'étend entre la mer Noire et la mer Caspienne, depuis la presqu'île de Taman jusqu’au cap Apcheron. La longueur de cette chaîne est de 1100 verstes. La ligne du Caucase est double et même triple; pourtant il n’est pas difficile de distinguer la chaîne principale qui, en suivant invariablement la direction du nord-ouest au sud-est, forme du côté du sud un rempart continuel et presque inaccessible. Une coupure assez profonde, située au milieu de la chaîne et s’ouvrant à la seule route carrossable servant de communication entre les deux versants, divise le Caucase en deux parties distinctes. C'est la gorge du Dariel qui, en sortant des flancs de la chaîne principale, conduit par une suite de pentes rapides, à travers les chaînes latérales, jusqu'à Vladikawkaz dans la plaine. Une petite partie seulement du Caucase, dit maritime, comprise entre Taman et le pic Ochtène et longeant la mer Noire, présente une simple chaîne d'élévation médiocre (3 à 4000 pieds). A partir du mont Ochtène, qui est couvert d’une neige éternelle et s'élève jusqu'à 15.000 pieds, le système montagneux du Caucase se complique. Deux chaînes latérales, dont une au sud, l’autre au nord, accompagnent la crête médiane qui s'élève à la hauteur de 8 à 9000 pieds. Des explorations récentes ont démontré que les chaînes latérales ne suivent pas uniformément la direction de la chaîne principale, mais tantôt se séparent d'elle, tantôt se réunissent pour former des nœuds où les deux crêtes se confondent en une seule masse. La chaîne latérale du nord, coupée en plusieurs endroits par des cours d’eau sortant des bassins intérieurs, présente une suite de massifs dépassant en hauteur la chaîne principale. Ces massifs contiennent les points culminants du système caucasien : l'Elborous (18.572 pieds), le Kasbeck (16.546 pieds) etun grand nombre
de pics ayant une hauteur de 13 à 15.000 pieds. A l’est de la gorge du Dariel et en commençant par le mont Barbalo (10.807 p.), la chaîne du Caucase se bifurque, en formant un vaste bassin, compris entre la chaîne principale et la chaîne beaucoup moins haute dite Andienne. Ce bassin, sillonné en tous sens par des cours d'eau et des chaînes secondaires, forme ce qu'on appelle le Daghestan, ci-devant le domaine de Schamyl, le chef du muridisme au Caucase. C'est une sorte de forteresse naturelle, défendue de tous côtés par des remparts gigantesques et renfermant une quantité de réduits intérieurs. Au nœud de Sari-Dagh (12.008 pieds), les deux chaînes se réunissent pour se séparer de nouveau ; mais cette fois elles ne s’éloignent que fort peu l’une de l’autre et forment une longue vallée longitudinale, dite vallée de Ssamour. Au nœud de Baba-Dagh, elles se réunissent de nouveau, et depuis ce point jusqu’au cap Apcheron ne forment qu’une seule chaîne, descendant peu à peu à la hauteur de 2000 pieds.
La structure géologique du Caucase est encore peu connue. Pourtant on peut supposer que toute la partie centrale du Caucase est composée de masses cristallines parmi lesquelles les roches granitiques et les porphyres sont très-répandus. Des roches volcaniques, comme trachytes, andésites, dolérites et amygdalites, forment le noyau de beaucoup de points de la chaîne centrale, et presque toute la masse de l’Elborous, du Kasbeck, ainsi que de certaines parties de la chaîne latérale du sud. A Taman, sur les bords de la mer Noire et à Apcheron, près de la mer Caspienne, l'intérieur du Caucase n’a pas encore cessé son activité volcanique. Des éruptions boueuses, des salses, des tremblements de terre, prouvent que l’action ignée continue toujours. En 1861 une île s’est soulevée près du cap Apcheron. Tous ces phénomènes indiquent clairement
que le Caucase appartient aux soulèvements récents. Quant aux roches neptuniques (schistes, calcaires, psammites, etc.), on les trouve principalement dans les chaînes secondaires. Ces roches appartiennent en partie aux formations paléozoiques (dévonienne, carbonifère), en partie aux formations secondaires (jurassique, crétacée, etc.). La chaîne andienne et presque tout le Daghestan sont composés de roches pareilles. Les richesses minérales du Caucase sont très-peu exploitées. Quelques lavages d’or, connus depuis des temps éternels (l’or de la Colchide), donnent fort peu de gain. Des gisements de plomb et d'argent se trouvent en plusieurs endroits du revers septentrional (Alaghir). De riches minerais de fer et de manganèse se trouvent sur le revers méridional. Des sources de naphte existent dans le Taman et dans la presqu'île d'Apcheron. Les thermes, en général, sont très-nombreux au Caucase.
Au delà du système principal du Caucase, entre la Koura et l'Arax, dans une direction presque parallèle à celle de la chaîne principale, se trouve le système du Caucase mineur, formé par une suite de plateaux et de massifs détachés, se rattachant au système du grand Caucase par une chaîne insignifiante, dite chaîne de Ssouram, qui sépare les eaux de la mer Noire des eaux de la mer Caspienne. Le Caucase mineur formé un système à part, au milieu duquel se trouve le lac Goktscha, dont le niveau est à 6345 pieds au-dessus du niveau de la mer Noire. En dehors du plateau de Goktscha, deux massifs détachés, l'Ararat (46.916 pieds) et l'Alaghoez (13.442 pieds), continuent jusqu'à présent leur activité volcanique. Presque tout le Caucase mineur est composé de roches volcaniques. Dans plusieurs endroits on trouve du minerai
de cuivre.
La Sibérie occupe toute la partie septentrionale de l’Asie. C’est encore un pays de plaines, mais bordé au midi par de grandes chaînes de montagnes, dont les ramifications s’étendent vers le nord et couvrent une partie notable de la superficie. Au point de vue géographique et orographique, la Sibérie se divise en deux parties distinctes, dont la première, située à l'occident, est proprement la Sibérie des plaines, tandis que la partie située au delà du Yénissey, partie orientale, est remplie de montagnes. Toutes les montagnes qui forment la frontière sud-est de la Sibérie occidentale appartiennent au revers occidental de la haute Asie. Le grand plateau asiatique, avant d'aboutir à la plaine aralienne et sibérienne, semble se diviser en larges chaînes parallèles ayant une direction générale de l’est à l’ouest, qui s’avancent du fond de l’Asie centrale pour former par leurs ramifications la limite sud-est de la Russie d'Asie. Parmi ces chaînes, le Thian-Sschan (monts célestes), grâce à ses dimensions colossales, joue le premier rôle; il touche les frontières de la Russie à la hauteur de Kouldja. Le Thian-Sschan s’élève jusqu à la hauteur de 20.000 pieds; il est couvert d’une neige éternelle et présente un aspect grandiose et pittoresque. Avant d’entrer dans le territoire russe, le Thian-Sschan se divise au nœud de Tengri-Khan en trois chaînes, dont la principale, connue sous le nom de Tsoun-Lin, continue des’avancer vers l'ouest, jusqu’à Tachkent et Khodjent (province du Turkestan), tandis que les deux autres, suivant à peu près la même direction, forment le bassin du lac Issik-Koul et se perdent peu à peu dans la plaine. La chaîne du nord s'appelle Ala-Taore transilien. Plus au nord, une autre chaîne, sortant du fond de l’Asie, toujours dans la direction de l’est à l’ouest, pénètre dans les limites de la Russie et remplit l’espace entre la rivière Ili et le lac Ala-
Koul. Cette chaîne, appelée sur le territoire chinois lren- Khabirgan, forme à son extrémité un large massif qui dans le territoire russe recoit le nom d’Alataou des sept rivières, ou l'Ala-Taou Dzoungarien (hauteur de 42 à 13.000 pieds); encore plus au nord, entre la dépression du lac Ala-Koul et celle du lac Zaïssan, et toujours dans la direction de l’est à l'ouest, une nouvelle chaîne pénètre sur le territoire de la Russie. C’est le Tarbagataï, ayant une hauteur de 9 à 10.000 pieds. Le Tarbagataï envoie au loin dans la plaine des ramifications peu importantes et connues sous le nom de Tchinghiztaou et des montagnes de Karakalinsk. A la hauteur du lac Zaïssan, la ligne qui forme la frontière méridionale de la Sibérie quitte la direction nord-est et se détourne vers l’est, en suivant le revers septentrional du plateau formé par la chaîne gigantesque de l’Altaï et des monts Sayanes. Les deux chaînes présentent une ligne continue, suivant, sauf quelques déviations, la même direction (0. E.). La chaîne Sayane est composée de deux branches dont une seulement, celle du nord, appartient à la Russie. La hauteur de l’Altaï est de 5 à 6000 pieds, celle de la chaîne Sayane de 6 à 7000 (quelques points culminants, comme le Biéloucka et l'Irbis-Taou,.arrivent jusqu’à 11.000 pieds). Le point désigné vulgairement comme point de réunion des deux chaînes et situé entre les deux sources de l’Obi et la source du Kemtschik, forme un nœud qui donne naissance à plusieurs chaînes latérales. C’est d’abord l’Ala- Taou de Kouznetzk, puis l’Altaï de Telezk, puis la chaîne de Ssalaïr, puis le Petit-Altaï, etc. Toutes ces chaînes partent du même point en s’ouvrant en éventail dans la direction du nordouest et remplissent de montagnes presque tout le pays entre l'Irtysch et le Yénissey. Plus loin, vers l’orient, la chaîne Sayane forme encore plusieurs nœuds en envoyant des rami-
fications vers le nord, qui couvrent le pays entre le Yénissey et l'Angara. Le plus important de ces nœuds se trouve à l'extrémité orientale de la chaîne, au point de Mongou-Ssardyk. lei la chaîne Sayane se divise en plusieurs branches, dont la plus importante, qu'on pourrait à la rigueur prendre pour la continuation de la grande chaîne Altaïco-Sayane, longe le lac Baïcal du côté du nord et remplit de ses ramifications l'angle compris entre la Léna et son affluent le Vittime. Cette branche s'appelle d'abord chaîne de Tounka, puis chaîne baïcalienne. Une autre chaîne, moins importante, tourne le lac Baïcal du côté du sud, mais s'arrête à l'embouchure de la Sselenga. La vallée du lac Baïcal est formée du côté du sud par un système de chaînes parallèles qui ont toutes la même direction du sud-ouest au nord-est et dont la principale, en séparant les eaux de la Sselenga et du lac Baïcal des eaux du fleuve de Amour, forme le commencement de la grande chaîne du Yablonnoï et Stanovoï Khrébet. Le Stanovoï Khrébet formait autrefois la limite méridionale de la Sibérie, avant que la Russie eût occupé la partie septentrionale du bassin de l'Amour. Il s'étend dans la direction du nord-est jusqu à l'océan Pacifique, longe les bords de la mer d'Okhotzk et finit au détroit de Béringh. Ses ramifications s'étendent au loin vers la mer Glaciale. Près des sources de l’Anadyr, il envoie dans la direction du sud un vaste embranchement qui forme la charpente de la presqu île du Kamtschatka.
Toutes les chaînes principales de la Sibérie sont trèsanciennes. La formation du Thian-Schan, de l’Altaï et de la chaîne Sayane montre au centre des masses de roches primitives, de granit, de diorite et de syénite. Les couches sédimentaires, recouvrant les flancs des soulèvements prineipaux, appartiennent aux formations paléozoïques et prinei-
palement à la formation dévonienne et carbonifère. Les terrains secondaires et tertiaires se trouvent dans les chaînes latérales et dans la plaine ainsi que dans la vallée du Baïcal et dans le bassin de l'Amour. A partir du nœud de Mongou-Ssardyk, on trouve dans les chaînes de la Sibérie orientale des roches volcaniques d’origine nouvelle. Dans les Alpes de Tounka, dans plusieurs parties du Yablonoï et du Stanovoï Khrébet, et surtout dans le Kamtschatka qui compte un grand nombre de volcans (les ssopkis), on rencontre fréquemment des trachytes et des basaltes.
Les richesses minérales de la Sibérie sont très-variées. L'Altaï et la chaîne Sayane, et surtout l’Alataou de Kouznetzk, sont riches en lavages d'or. Les chaînes transbaïcaliennes, ainsi que presque tous les massifs détachés, situés au join dans la plaine, donnent aussi de l’or. Des mines d'argent, de plomb et de cuivre se trouvent dans la chaîne Ssalaïre ; dans le petit et le grand Altaï, dans le groupe de Karkaralinsk et dans les chaînes transbaïcaliennes. Le fer abonde dans l’Altaï et dans la Transbaïcalie. Partout où il y a du fer, on trouve aussi de la houille, surtout dans les bassins compris entre l’Altaï etle Tarbagataï, et dans quelques parties de la steppe des kirghiz. Des mines de graphite sont exploitées sur les bords de la Toungouska, dans les monts Sayanes, et dans le Tarbagataï (sources de l’Aya-
gous).