‹ Aperçus théoriques et pratiques sur les causes, la nature et le traitement de l'hydrocéphale aiguëChapitre 34 sur 44 · SEIZIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SEIZIÈME OBSERVATION

M. de C., âgé de 27 ans, d’un tempérament nerveux et sanguin , avait fait une marche forcée par une chaleur brûlante. (C’était en juillet 1828.) Quelques heures après son dîner, il boit de la bière, et, arrivé à la ville , se rend au Grand-Théâtre. Il y faisait très-chaud; il se trouve mal , veut sortir, descend l’escalier, tombe sans connaissance sur le dos, et frappe de l’occiput sur le tranchant d’une des marches. Porté chez M. Barre, on lui donne tous les soins que

son état exige : il vomit son dîner, et, revenu à la connaissance , il se fait conduire chez lui. A 1 1 heures , je me rends auprès du malade : il avait toujours des vertiges ; les vomissemens continuaient , le pouls étoit petit , serré ; les extrémités étaient froides. Je prescrivis f orangeade , une potion antispasmodique , des frictions éthérées sur l estomac et sur les membres ; la moutarde fut appliquée sur les extrémités abdominales. A une heure après minuit, les vomissemens étaient moins fréquens , la chaleur s’était rétablie, le pouls s’était développé : le malade témoignant le désir de dormir , je le laissai. A 5 heures du matin, je le trouvai assoupi , les pupilles dilatées ? la tête lourde, le pouls large et plein. ( Saignée d’une livre , boisson et potion continuées, lavement a\?ec une once et demie de vin émétique trouble. )

Le 3. 6 jour , bouillon de poulet , orangeade : la convalescence commence , elle a été longue ; le malade conserve la vue faible , et tous les corps lui paraissent verts : cet état, assez singulier et qui dénote un léger épanchement qui aurait eu lieu au moment de la chute , disparaît au bout d’un mois environ.

DIX-SEPTIÈME OBSERVATION (i).

Le nommé Geoffroi , âgé de 27 ans , commis chez M. Rusand , entra à l’Hôtel-Dieu le treize novembre 1822, se plaignant d’une violente douleur à la tête , quil éprouvait depuis le mois de décembre 1821 , principalement à la région pariétale gauche. Depuis le mois de janvier 1822 jusqu’au 1 3 novembre suivant, il éprouva, a la suite de maux de têteviolens, six attaques d’épilepsie avec perte de connaissance , chutes et convulsions. Il entra à l’Hôtel-Dieu; on lui prescrivit des boissons adoucissantes : il sortit au bout de quelques jours sans avoir éprouvé de nouvelles attaques. Mais le 1 1 décembre suivant, il fut apporté à PHotel-Dieu dans un état complet d’apoplexie , auquel se joignaient tous les quartsd’heure des crises épileptiques avec mouvemens cloniques de tout le corps. La bouche était écurneuse, l’oeil fixe, le pouls accéléré , le visage couvert d’une sueur chaude, le teint pâle et plombé; le i5, la mort survint.

O11 avait remarqué à la tempe gauche une tumeur peu saillante, légèrement oedémateuse, de 2 pouces de long sur un pouce de large , ayant des

(1) Recueillie par M. le docteur Ozanam.

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battemens expansifs isochrones à ceux du pouls. Ils cessaient en comprimant la carotide; cette tumeur était molle , fluctuante , sans changement de couleur à la peau , circonscrite par un rebord dur et osseux.

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