‹ Aperȩu général de la science comparative des languesChapitre 21 sur 37 · Y. — DE LA FORMATION DES LANGUES CELTIQUES · texte numérisé non relu

Y. — DE LA FORMATION DES LANGUES CELTIQUES

Nous avons assigné à ces langues une place à pari dans la grande famille des idiomes indo-européens ; car si elles en ont conservé la physionomie générale, elles s'en séparent par une foule de traits particuliers qu'elles semblent partager avec des langues appartenant à d'autres familles. Déjà Pott avait déclaré qu'on allait trop loin, en affirmant que les Celtes parlent un idiome purement japhétique ; M. Alfred Maury a exprimé la même opinion que dous dans un de ses derniers ouvrages (1). M. Pictel, noire principal contradicteur, a été lui-même obligé de reconnaître,, dans la composition des pronoms personnels avec des prépositions, et dans la permutation des consonnes initiales, les éléments d'un système grammatical distinct de celui auquel les langues indo-européennes nous ont habitués. M. Pictet croit savoir que la permutation des consonnes initiales est propre aux idiomes celtiques seulement ; il convient, en revanche, que les composés pronominaux y présentent des analogies frappantes avec les mêmes composés dans les langues finnoises (le lapon, le hongrois, le votiœke , etc.) Il aurait pu ajouter que ces analogies se retrouvent aussi dans les langues sémitiques, et non-seulement là, mais

(i) La Terre et l'Homme, p. 503.

même des langues d'origine indo-européenne : c'est pourquoi nous jugeons opportun d'expliquer notre pensée avec toute la clarté désirable.

Nous rencontrons le zend tout près du sanscrit , avec lequel il est lié par une parenté intime. La conservation de la plupart des formes flcxives de l'ancienne langue de la Bactriane prouve que le peuple de Zoroastre a été réuni plus longtemps qu'aucun autre de race japhétique aux habitants des bords du Gange. Puis viennent les Grecs , puis les Latins ou plutôt les Pélasges italiens, chez lesquels les traces de l'origine orientale sont déjà plus effacées. Les nationalités slaves et germaniques se sont formées aussi dans un temps antérieur à Fhistoire , mais leurs langues et leurs littératures n'apparaissent qu'à une époque relativement récente.

Nous avons placé les Slaves plus près des Gréco-Romains que les peuples de race teutonique , quoique ceux-ci soient les véritables héritiers de l'empire de l'Occident, et qu'ils débutent dans la carrière de la civilisation avant les Slaves; mais les idiomes de ces derniers , notamment le lithuanien et le vieux slavon, attestent, par leur synthétisme compliqué et par la conservation presque intégrale d'une foule de formes flexives , une parenté plus rapprochée avec le sanscrit. Il pourrait en résulter en même temps une preuve de l'existence de relations fréquentes , séculaires , entre les anciens Sarmates et les anciens Indous. Les Celtes semblent s'être détachés les premiers de la grande famille centrale , et , poussés par leur instinct nomade , s'être avancés vers l'ouest, jusqu'à ce qu'ils aient été arrêtés par les bords de l'Océan. Leurs langues , malgré des traits nombreux de ressemblance avec les idiomes d'une même origine , renferment aussi des éléments qui leur sont complètement étrangers. C'est pourquoi nous avons fait aux langues celtiques une place à part dans notre tableau. Après ces langues, ce sont les idiomes teutoniques qui se sont le plus éloignés du type primitif. Lés désinences mutilées des noms , leur conjugaison et leur système de dérivation , fondés en grande partie sur le changement de la voyelle radicale du verbe , accusent l'existence d'un principe nouveau dans le développement de ces langues. Ce principe , que nous avons appelé tantôt principe virtuel, tantôt principe de symbolisme, rappelle le caractère distinctif de la grammaire sémitique. On se souvient que d'autres particularités de cette grammaire , telles que 1 adjonction des pronoms possessifs aux noms, se trouvent dans quelques langues ouraliennes. La prédominance du symbolisme dans les idiomes germaniques et la chute précoce de leurs anciennes formes flexives font supposer que ces formes n'ont jamais été bien familières aux Germains, et que ceux-ci ,

Ear conséquent, ont vécu moins longtemps avec les anciens adous , sur le même sol , sous l'empire des mêmes mœurs , et peut-être des mêmes idées religieuses , que les Slaves , les Ioniens et les Pélasges.

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(Littéral des Bardes)

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I poésie des; bardes.

Début

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