RHODIS
Celui qui fait le mieux aimer!
CALLIDÈS
Quelque pari reste-t-il encore Des scorpènes muiticolores?
BACCHIS
En voici I
PHILODÉME
Passez-moi ces onocrotalesl
TIMON
Qu'il est doux, étendus comme ici nous le somme», Sur de moelleux coussins,
Et le front couronné de lolus el de rose3,
De»savourer un succulent festin,
De contempler d'harmonieuses poses, De baiser de beaux bras, d'admirer de beaux seins!
PniLODÈME
Rire, aimer et dormir, c'est le but de la vie!
Ea achevant de parler^ Timon prend la taille de Chrysis et cherche à l'attirer à lui. Elle le repousse.
CHRYSIS
Finis donc, iaisse-nioi, Timon.
TIMOM
Eh ! quoi, Chrysi^ ^u ne veux pas m'embrasser?
CnRYSIS
Non !
TIMON
Mais, qu'as-tu donc? Tu bois et tu manges à peine.
Tu ne prononces pas une parole.
Dis, qu'as-tu, m^ ^«hrysis?
Je suis préoccupée ; J'ai peur d'avoir été trompée!
On m'avait fait une .promesse :
Voilà doux jours et je n'en ai pas de nouvelles.. Ah! les hommes sont lâches, les hommes sont lâches. .0 Le serment qu'on m'a fait, on ne le tiendra pas. Et j'aurais bien voulu, cependant, qu'on le tienne...
J'étais venue ici, dès hier soir,
Dans Tespcrance de savoir...
Et je n'ai rien appris I
Explique-toi...
TIMON
Ici ? que veux-tu dire?
cimYSis
Non. Rien. Ne m'interroge plus.
Laisse-moi !...
TimoD se tourne vers Mousarion. — Chrysis retombe dans sa rêverie.
Un instant auparavant les s;x wulâtresess ont disparu. Elles rentrent, apportant proccssionnellvment, un énorme flamant rose sur un plat d'or. — A cette vue, les convives poussent un en d'admiration,
CALLIDÈS
C'est le roi du festin !
PHILODÈME
Un mets digne des dieux I
CALLIDÈS
Un mets digne de nous!
BACCHIS
Et son ventre récèle Un hachis merveilleux De cailles et de mauviettes!
PHILODÈME
Flamant rose, oiseau de la pourpre de la flamme. Gloire à toi, car ton aile a presque un teint de femme !
TIMON
Ça, buvons à Bacchis ! à notre aimable hôtesse'
BACCHIS
Buvez plutôt à Corinna :
En son honneur ce banquet se donna.
Pour elle Gallidès paiera trente-cinq mines.
LES COURTISANES
Trente-cinq mines I