CHIMAIRIS
Tu le veux ?
DÉMÉTRIOS
Je le veux î
Elle prend sa main ol l'examine.
CriIMMIUS
Je vois tout le bonheur... rn;iis c'esl dans le passé fc)l je vois tout l'aniour.!. il se perd dans le sang!
Dl-MITIUOS
Dans ipiel sang?
CIIIMAIRIS
Le sang d'une femme...
El puis le sang d'une autre femme...
Et puis le tien... un peu plus lard î
Geste ifiacrédulité dé DémélrioM Tu ne veux pas me croire ?
DÉMÉTIUOS pensif et à lui-même
Des lignes de la main, on a tiré parfois Des horoscopes véritables...
L'amour... du sang... Ah ! bah !
Mais le bonheur, oui, je le sens, il est passé... Depuis que j'ai sculpté la divine Aphrodite,
La Keine est sans charme pour moi.
Elles ont trop de ressemblances toutes deux, (
Trop de différences aussi !
Le seul objet de mon désir, c'est ma statue ! Nulle femme n'atteint le niveau de mon rêve : Je n'aime plus que la Beauté !
Ta pure idée, ô suprême Déesse, £st pour moi de la chair séparée à jamais... A jamais !...
Il reste ua moment absorbé dans sa pensée; puis t'aper» cevant que Cbimairis est toujours là.
Tiens, prends... et laisse-moi!
Il lui donne quelque argent.
CHIMAUUS b'cd êllanl lentement
Tu verras bien que j'ai dit vrai !
Elle »ort. — Chrysis parait dans le lointain.
DÊMÉTKIOS
Ah ! qui vient encore Ici troubler ma rôverie ?
Quelque courtisane attardée...
Hegardant plus attentivement.
L'or fauve de sa chevelure Dans la nuit met une clarté, Sa démarche est harmonieuse Et de son corps la ligne souple Ondule à chacun de ses pas...
L'étrange femme I... Ici sur la jetée Que vient-elle faire à cette heure ?
Elle m'a vu...
Chrysis est descendue. Elle passe à côté de Démétrios, êana mot dire, et continue son chemin vers le parapet^ où êUe s'êccoude un instant.
DÉMÉTRIOS après qu'elle est passée
Pourquoi, sans un mot de salut A-telle poursuivi sa route?...
Elle revient!
Cbrysis revienl en cfTirt. Elle passe do nouveau auprkM de Démétriosqui^ cette fois, farrête en lui disant :
Je te salue!
CnRYSIS
Et moi, je te salue aussi.
DÉMÉTIIIOS
Où vas-tu donc?
CIIRYSIS
Je rentre.
DÉMÉTRIOS
Seule?