‹ Apologie pour FénelonChapitre 75 sur 250 · LES « MAXIMES » 1H · texte numérisé non relu

LES « MAXIMES » 1H

]o supporter, et que Dieu m'oblige à faire voir qu'on veut Muitenir des livres dont la doctrine est le renversement de la

piété.

M. de Cambrai ne condamnera pas les livres do Mme Guyon, c'est-à-dire, que fidèle en cela à la pensée — à une des pensées — de M. de Meaux, il n'imputera pas à cette femme « les abominations do Molinos ». Mais il a écrit son livre précisément pour redresser ce que cette doctrine pouvait avoir d'inexact et pour empêcher ce « renversement de la piété ». En tout cas, M. de Meaux ne sait pas encore ce que le livre contiendra. Gomment peut-il affirmer avec une si belle assurance que M. de Cambrai travaille au « renversement de la piété » ?

2° (c II tendra à établir comme possible la perpétuelle passiveté. »

C'est exactement le contraire qui sera le vrai.

3° Je suis assuré qu'il laissera dans le doute ou dans l'obscurité plusieurs articles sur lesquels il me sera aisé de faire voir ({u'il fallait s'expliquer indispensablement dans la conjoncture présente. Et si cela est, comme ce sera, qui peut me dispenser de faire voir à toute l'Eglise combien cette dissimulation est dangereuse ?

Ces coups anticipés portant dans le vague, je n'en peux rien dire. Une chose pourtant me semble certaine. Celui qui a écrit celte lettre ne se trouve pas dans la sérénité voulue pour juger équitablement les Maxiînes. Quelle que soit l'exactitude de ce livre, M. de Meaux y trouvera certainement matière à scandale. Puisqu'il nous condamne avant de nous lire, nous le récusons avant de l'entendre.

Et la raison de cette malveillance impétueuse, M. de

Meaux ladonne lui-même. Le crime de M. de Cambrai est de ne s'être pas concerté avec Bossuet. Il aurait dû lui porter son manuscrit et en conférer avec lui. Sans doute, il Feùt fait en d'autres temps, mais au lendemain de la triste rupture que nous allons raconter, ces conférences n'étaient plus possibles. Bossuet le savait bien, mais il oublie que, dès les con-^ férences d'Issy, leurs amis à tous deux se donnaient bien du mal pour les empêcher de se trouver face àj face. Ecoutez pourtant les derniers mots de sa lettre.]

Je me réduis à ce dilemme. Oîi l'on veut écrire la même doctrine que moi, ou non. Si c'est la même, l'unité de l'Eglist demande qu'on s'entende ; si c'en est une autre, me voili réduit à écrire contre, ou à renoncer à la vérité ^ .

Deux dilemmes comme vous voyez. Commençons par le dernier. « Ou écrire contre les Maximes^ ou renoncer à la vérité ». Mais alors, les innombrables évêques qui n'ont rien écrit contre ce livre ont perdu la foi ! Mais alors, M. de Meaux est le seul évêque en France qui ait mission d'arrêter les hérésies! Passons. Ceci n'est que la boutade d'un homme qui trop visiblement ne se possède déjà plus. Venons au premier dilemme. L'unité de l'Eglise, demande qu'on s'entende. Qu'est-ce à dire? Où a-t-on vu qu'il fût nécessaire à un archevêque de soumettre ses manuscrits à M. de Meaux? Vous me répondrez que la circonstance était grave, et que Fénelon, s'appuyant, comme il comptait faire, sur les articles d'Issy, aurait été bien inspiré de s'aboucher avec les autres signataires de ces articles. Mais précisément, c'est ce qu'il a fait. Il s'est entendu avec Noailles et

l.^L., XXIX, pp. 48, 49.

Page 1