‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 122 sur 223 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

conception, indulgences pour toute Toctave d'icelle : ergo ceste conception a esté saincte, etc.

J'ajousteray encores un conte qui fera qu'on n'aura occasion de s'esbahir des précédens : et c'est à propos du soin que la vierge Marie avoit de ceux qui pareille* ment estoyent songneux de son honneur. Environ l'an 1470, sous le pape Sixte un, un nommé Alain de la roche (i), Jacopin, forgea du psautier de la vierge Marie ce qui a esté nommé Rosarium : et le prescha au lieu de l'évangile, et finalement en institua une confrairie. Laquelle fut approuvée par les bulles dudict pape, usant de grande largesse d'indulgences. Et outre ce, Jaques Sprenger, provincial d'Alemaigne, forgea plusieurs miracles pour Tautorizer. Et qui est l)ien d'avantage, on n'eut point honte de publier un livre traitant de ceste confirairie, au commencement duquel il estoit récité qu'un jour la vierge Marie estoit entrée en la chambrette dudict Alain, et luy avoit faict un aneau de ses cheveux, avec lequel elle Tavoit espousé. Item qu'elle Tavoit baisé, et luy avoit présenté ses tetins pour les manier et les tetter. En somme, qu'ell'estoit aussi familière avec luy qu'une femme ha coustume d'estre avec son mari.

Je pense, lecteur, vous avoir suffisamment donné à congnoistre quelles estoyent les questions de ces illu-

itUf ut eas prodere scriptores pudeat, Certe primus omnium publia €i$ lupanaribus Romas aditum et licentiam fecit et ex aunuo seor^ torum vectigali apostolicum œrarium ditavit. 1 Cf., ch. XXXIX.

(i) Alain de U Roche, né vers 1428 en Bretagne, mort à Zwolle en 1475. Entratné par un zèle exagéré, il travailla sans relâche à établir la dévotion du Rosaire et n'employa pas toujours à cet effet des moyens convenables. Sixte IV approuva la confrérie de ce nom et lui accorda une indulgence de 1 1000 ans. c 11 est nécessaire d'avertir, > dit Moréri, « que, dans toutes les narrations d*Alain, il n*y a rien qui mérite la moindre créance. •

raineï docteurs, et leur façon de disputer, et comment les uns par despii des autres faisoyent des miracles servans à confcrmer leurs opinions ; au-moins comment cela a esté pratiqué en ceste dernière question, après avoir este si aspremcnt , voire felonnemeat (comme j'ay dici] débaïue : ou nous voyons qu'à la fin la vérité par le mensonge a esté surmontée. Or sçay-je bien qu'il y a une infinité d'autres questions outre celles qui ont esté dtbatues par les doctetirs ; mais je pense en avoir assez allégué pour prouver la folie qui a régné au temps de nos prédécesseurs, et règne encore au nostre en quelques endroits où on ne s'amuse seulement aux questions susdictes, mais à quelques autres telles que ceste-ci, A-sçavoir-mon quelle est la plus grand fcste, ou la foste Dieu, on la feste de la Toussaincts : les uns alléguans que Keu est plus grand que les saincts, les autres, que Dieu ne peut

Page 1