‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 175 sur 223 · CHAPITRE xxxnc · texte numérisé non relu

CHAPITRE xxxnc

pelle oieurdrier ce canîvet duquel fut faict le coup. Or nous esbahirons-nous moins comment les hom<* mes estoyent si brutaux que de prester Toreille à une telle doctrine, quand nous considérerons en quelle réputation ils avoyent les auteurs d'icelle. Car quand les anges descendans visiblement du ciel , fussent venus leur annoncer quelque doctrine , ils n'eussent pu les recevoir en plus grande révérence qu'ils recevoyent un tas de meschans et abominables cafars, qui les paissoyent non de simples bourdes, mais de bourdes pleines d'impiété, et pires sans comparaison que toutes les Judaïques et Turciques. Et pour venir du général au particulier, c'est à dire, de plusieurs sortes de cafars venir à une, ne sera-ce pas à la postérité matière de grande admiration d'ouïr dire qu'on déféroit tant aux Cordeliers, voire à leur habit mesmement, qu'on le falsoit porter quelqu'espace de temps aux petis enfans, à fin qu'ils pussent parvenir en aage d'hommes? que les uns le prenoyent un peu avant que mourir, se sentans pressez de maladie : les autres, qui n'avoyent eu le loisir de le prendre devant, ordonnoyent par leur dernière volonté qu'ils fussent enterrez en iceluy? Et qui estoyent ceux qui usoyent de telle métamorphose? Les grans seigneurs autant ou plus que le commun peuple : voire jusques aux rois et empereurs. Bien estil vray que le conte de Carpi(i), ayant esté des derniers qui ont joué ce beau jeu, est demeuré seul en proverbe et en risée. On ne se contentoit de cela : mais

(i) « Albert Pie de Savoye, comte de Carpi, général des années de François !•', voulut être mis en terre en habit de cordelier dans Téglise des Cordeliers de Paris. Cétoit la dévotion du tems. En 1 3o3 et i5o3, Gilles Dauphin, général des Cordeliers, en reconnoissance des bienfaits que son ordre avoit reçus du Parlement de Paris, accorda tant aux présidens et conseillers qu'aux autres officiers de la cour la permission de se faire enterrer en habit de cordelier. Voy. Sauvai, Ant.y II, 647. Il y a longtems que les moines amu-

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Il plus part , en firenaDt leur habit e1 donoant son corps à kur convent, y donnoit qtiatid-ei-quand ses Imcos, en défraudant ses eniaas, ou autres qui par droit et divin et humain devoyent estre héritiers. El quant à ceux qui s'alioyent rendre Cordelien, oc sera-ce point aussi pour faire estonner ceux qui vîendroDt après nous, de dire que puisque la phaDiasie les prenoit de se mettre de cesie religion, tant s'en faut qu'ils s'en deussent conseiller àleurs parens, que mestoc si pour Y entrer il eust falu passer par dessus les vcntrès de leurs pÈre et mère, ils le devoyent faire? Et k fin d'en attirer d'avantage, ils estoyent si effroniez

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Tolée dt munies i trii i ITierftiqui. El ce qui en entori plus ttOBnant, c est que la raillerie d'Érasme n'a pai emptcb^lediicdc Parme. ce grand capitaine qui mourut le i décembre t5gi, de prendre n»bil de Capucin, dont il ordonna qu'on le revttiroit aprts u mort, et même qu'on fU graver sur sa tombe : Hic jaeel fi-ater AUxaaJer FarntsiHi CapHeiiui. Ce qui <e voit, dit-on, encore aux Cipndna de Plaisance, où il est enterré. . Lenglel Dutresooj, «ur MuM, II. i3ll. • Rodulphus Plus t, dit P. Jove. . fratris Glini qotm tUquanto post Paulus Pontiiei eiimiK vtrtutis merïio le^t In aenatom, condilo leneo sepulcro palrui memoriam prosecutu» «st. • Elogi*, Basil. iJSâ. Etienne Dolel fil deivers latins sur sa mort. Cf. HisloiTr 4t Bayart, éd. Roman, 1S76, p- 359.

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