‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 189 sur 223 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

ccsté hardiesse, qu'ils s'adressèrent^ à celuy qui est le Mars entre tons les saincts.

Aussi estoyent les. gens d'^Hse brocarder <en plusieurs sortes jà du temps de nos préd^esseurs, quant â leurs personnes. Et mesmement les prestres et moines n'estoyent pas seulement appelés de ces beaux noms que i'ay tantost réciter, par lesquels estoit reprise leur hypocrisie, mais on leur en donnoit un'infinité d'autres : car les uns taxoyent leur gourmandise, les autres reprenoyent leur paillardise, les autres leur ignorance. Mais Laurens de Medicis(i)entr'autres leur sçeut bien fidre l'honneur qui leur appartenoit, quand estant interrogué par un ambassadeur du Turc, dont venoit qu'en Florence on ne voyoit point tant de fols par les rues comme au Caire, et es autres citez de ce pays-là : il fit response, — c Nous tenons nos fols tous enfermez B en divers lieux, selon la diversité de leurs phréné- » sies. » Et le menant hors de Florence luy monstra un grand nombre de monastères, et luy dict que là estoyent leurs fols et leurs foies, qu'on appeloit moines et nonnains. Toutesfois Laurens de Medicis eust encore mieux rencontré (ce me semble) s'il eust dict qu'on ne laissoit courir par les rues autres fols que Ceux qui n'estoyent point malfaisans, et que quant aux mauvais fols, on les tenoit enfermez : et pareillement des foies. Mais ce n'est rien de tout ce qui a esté dict par nos prédécesseurs contre le clergé, au pris de ce qui se disoit dès lors contre le pape, et contre sa personne, et contre toute sa trafique. Car il y a jà long temps que Pasquin a commancé à le brocarder en toutes sortes, et luy donner des attieintes siboimes qu'il

(t) Em 1487, le taltan d'£g]rpte Abu Nâtr Kaidbti envoyt à Florence, comme tmbassadear, Malpbet, qai fit cadeau à la république d'une girafe et d'un lion apprivoisé. Voy. A. ▼. Reumont, Loren^o de* Medici, Leipzig, 1874.

APOLOGIE PODK HERODOTE

ateat. possible d'en trouver de meilleures. Plusîcim poRes aussi qui ont esté derant nostre temps, n'ont p«s spargné les p^pes qui esioycnt pour lors, comme Paotsnus, Sannazârius, cl quelques autres. Toutcsfois |e cofnmanceray ce discours par la respoose qoe fit uo ■ oeraûn peintre à un Cardinal de Romme. Cest homme ayant peint S. Pierre cl S. Paul si bien que chacun S^cn Gonlïcitoit, un Cardinal vint a dire qu'il y trouvoii une faute, â-s^avoir qu'il leur avoit faict les visages trop rouges. A quoy ce printre fil ceste responsc ïur le champ, — ■ Geste rougeur leur procède de honte : B car iU soai honteux de voir le train que vous menei > an pris de celuy qu'ils ont mené. > Laquelle responsc iTaccorUe fort bien avec cest epigiamme d'un sçavant petaonnagc de ce temps (i|,

Semivirot qaicioiqut Patrts radiante galero

Ctmspicis. et rmbrie syT-mala longa togte : Crtde miki. nutio iMuratus muHce vestes,

Diviu née coeco pallia tincta vida.

Sed qua mbra vider, saactomm cœde vironuK,

Et mersa itaonti tota cmore maJad.

Aat mentor iitomm qute celet crtMiaa mestis,

Pro dcminis jutto tacta pudore niAef.

Ce qui me fait souvenir aussi du prescbenr menticnné ci-dessus (en la page 345), qui commanda et acheva ion presche par ces mots, Fy S. Pierre, ff S. Paul. Je di, Gommança cl acheva, pourcequ'il ne dîct tïen que cela : bien est-il vray que plusieurs fois il le râtàx. Mais je revien b Pasquin, qui a si bien frott£ et estrillé les papes : sous le nom duquel il faut entendre (ce que je di pour le commun peuple] plusieurs posoiuiagcs de bon et gentil esprit, qui ayans composé quelques vers en laoguage Latin ou Italien contre qnelcon de^

1 1 J Th. de Biu, 5> jpignminc dn Itonet.

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