‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 213 sur 223 · CHAPITRE XL ^î'f · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL ^î'f

incontinent ce gentil pape, luy mettant le pied sur la gorge (i)^ou sur le col, selon les autres) vint à dire. « Il est escrit, Tu marcheras sur l'aspic et le bas'i" » lisque, et fouleras aux pieds le lion et le dragon. » L'empereur, fort indigné d'un tel outrage, respondit, — « Non pas à toy, mais à S. Pierre. » Alors le foulant derechef du pied, dict, — « Et à moy et à Pierre. » Or £Biut-il noter que cest empereur venoit principalement pour estre absous de l'excommunication papale. Nous lisons aussi que les Vénitiens envoyèrent au pape Clément V un ambassadeur nommé Francesco Dandalo, pour estre délivrez du lien d'excommunication (car il les avoit excommuniez, voire aggravez, réaggravez et maudits : et ne se contentant de toutes sortes de fulminations ecclésiastiques, avoit faict publier la croi* sÀde contr'eux en Italie) : mais ce pape ne les voulut ^soudre que premièrement cest ambassadeur, pour amande honorable solennelle, n'eust receu en son col un colier tel qu'on met aux chiens, et ayant ce colier eust marché à quatre pieds du long de la grand' sale du palais d'Avignon. Dont il fut tous) ours depuis à Venise appelé chien (2). Ce mesme pape se pourmena par la ville de Bogenci (3) sur Loire, en grande pompe, et

(i) Voy. Baleus, p. 271, appuyé sur VoUterran et sur Stella : Vitœ duceutorum et trigenta summorum pontificum ad JuUum II deduC" tum. c Certains historiens prétendent que le pape avait d'un coup de pied renversé l'empereur prosterné devant lui. Rien de pareil ne se lit dans les documents contemporains. (Romuald de Salerne.) Alexandre écrit simplement ces mots : Nobis obedientiam et rêve» rentiam exhibait^ Labbe, t. X, p. 1488. • De Cherrier, Hist. de la lutte des papes et des empereurs.

(2) Le doge Foscarini a démontré la fausseté de ces détails {Délia Letteratura Vene\iana libri ottOj Padova, 1752, in-f., I. III, note 333), et il affirme que les ancêtres de Dandolo portèrent le nom de Cane.

(3) a Baugenci, Baujenci, Bois-jenci ou Bon-jenci. » Moréri. Ba/genti Castro sous les Carolingiens.

^iH APOLOGIE POUR HÉRODOTE

ayant (emr'auircî) pour ses conducieurs, ou p pour SL-s estaliers ou laquays, le roy de Franw roy d'Angleicrrc, lun à cosiê dextre, l'autre à sec dont l'un lenoit la bride du cheval. Aussi lisoiu que It susdici empereur Frédéric servit d'esiaii pape Adrian un, prédécesseur de cestuy-ci : po moins luy tint l'eîtrier pour descendre : à telles f gncs que pour récompense d'une si grande hoi: il en fL-ceut du' b moquerie par luy-mesme : à-si pourcequ"il ;ivtiii tenu l'estrier gauche, au U* drmt : de laquelle moquerie estant un peu esn luy dict, t Je n'ay jamais appris k faire un tel otB u es le premier il qui je l'ay faict (i). « Et Bonilâct de quelle arrogance usa-il envers le roy Philipf Bel? jusqucs il dire que pour la contumace d'iceli royaume de P'ranee csioit dévolu à l'église Romm; Ce mesmf pape ayanl l'espée au costé, s'osa bîeti iLT ; rclV.-ar.i pour la iroisiême fois au duc Albert é

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