‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 217 sur 223 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

voulok tonner et foudroyer par ses excommunications^ De quelè moyens donc se sont-ils aidez pour empescher que la lumière de la vérité ne fust plus forte que les ténèbres de leurs mensonges ? Des moyens qu'ils ont trouvez es registres des Phalaris, des Busiris, des Nérons, et de tous leurs semblables. Que di-je ? ceuxci ne s'estoyent avisez de la dizième partie des cruautez qui ont esté exercées contre ceux qui tenoyent le parti de la vérité, et qui se présentoyent armez de la parole de Dieu pour soutenir son honneur. Car on leur respondoit par glaives et par feux et par toutes sortes de tourmens : et ceux qui leur faisoyent telle response, estoyent juges et parties, qui prenoyent ceste matière ainsi à cueur pourcequ'ils prévoyoyent que ceste lumière à laquelle on vouloit donner entrée, esteindroit un jour le gros feu de leur grasse cuisine. On avoit beau alléguer les passages des sainctes escritures : leurs ventres (qui trembloyent jà de peur pour leur intérest) n'avoyent point d'oreilles : comme aussi nous sçavons que selon le proverbe ancien nul ventre n'en ha (i). On persuadoit au frère d'accuser le frère, à la femme d'accuser son mari , au mari d'accuser sa femme, les pères et mères estoyent induits à déférer leurs propres enfans, voire à leur servir de bourreaux, à faute d'autres. Ceux qui estoyent appelez inquisiteurs avoyent leurs espions de tous costez, ausquels ils donnoyent le mot du guet. Tesmoins ne pouvoyent estre récusez, quelques voleurs, quelques meurdriers, quelques malfaicteurs qu'ils fussent, mais au contraire ils eschappoyent souvent la peine pour le salaire de leur fausse déposition. On promettoit la foy aux accusez ou suspects, pour les faire venir, mais on estimoit péché de leur garder la foy promise : en alléguant ce

(i) Voy. t. II, p. 293.

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